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Berlin rejette la description d’Amnesty International qui accuse Israël d’apartheid

"Les politiques cruelles d'Israël de ségrégation, de dépossession et d'exclusion à travers ces territoires tiennent clairement de l'apartheid", avait estimé Agnès Callamard

Logo d'Amnesty International (DR)
Logo d'Amnesty International (DR)

« Nous rejetons les expressions telles que ‘apartheid’, ou des positions partisanes critiques vis-à-vis d’Israël. Ceci n’aide pas à résoudre le conflit au Moyen-Orient », a déclaré mercredi Christopher Burger, porte-parole du ministère des Affaires étrangères allemand, rapportés par l’agence Reuters.

Ses commentaires faisaient suite à des critiques similaires de la part de responsables américains.

L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Tom Nides, avait la veille qualifié l’accusation principale du rapport « d’absurde ».

Le porte-parole du département d’État, Ned Price, avait lui déclaré que les États-Unis ne commentent généralement pas les rapports émis par des groupes extérieurs, tout en précisant que les États-Unis rejetaient l’idée que les actions d’Israël constituent un apartheid.

Amnesty a déclaré dans un important rapport publié mardi qu’Israël a maintenu « un système d’oppression et de domination » sur les Palestiniens depuis la création de l’État en 1948, un système qui répond à la définition internationale de l’apartheid. À noter que l’accusation d’Amnesty a été portée contre Israël à la fois à l’intérieur de ses frontières et en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, pourtant dirigée depuis 2007 par le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Comme des ONG locales et Human Rights Watch (HRW), Amnesty International a qualifié mardi « d’apartheid » la politique d’Israël envers les Palestiniens, traités comme un « groupe racial inférieur », selon cette organisation de défense des droits humains dont les propos ont été fustigés par l’Etat hébreu et salués par les Palestiniens.

« Qu’ils vivent à Gaza, à Jérusalem-Est, dans le reste de la Cisjordanie ou en Israël, les Palestiniens sont traités comme un groupe racial inférieur et systématiquement dépossédés de leurs droits », a estimé la secrétaire générale d’Amnesty, Agnès Callamard lors d’une conférence de presse à Jérusalem, peu après la publication d’un rapport à ce sujet.

Le Mouvement réformé a condamné mercredi avec force le rapport d’Amnesty International, disant qu’en tant que critique « de l’occupation » et défenseur des droits des Palestiniens, il ressentait une « profonde déception » face à l’organisation.

Il a indiqué que le document était « rempli d’affirmations inexactes et discréditées, avec notamment une accusation profondément mensongère d’apartheid ». Ce qui « reflète l’incapacité d’Amnesty à comprendre l’histoire, le contexte et la nuance de la situation en Israël et sur les territoires de l’Autorité palestinienne, ou à comprendre les menaces bien réelles qui planent sur la survie et sur la sécurité d’Israël, des menaces qu’affronte le pays depuis le premier jour de son établissement ».

L’accusation d’apartheid « est avancée par une fausse équivalence faite avec la ségrégation formelle et rigide, le déni des droits politiques et sociaux fondamentaux et la déshumanisation qui ont été pratiqués par le régime d’Afrique du sud au fil des décennies. Et quelle qu’ait été l’intention d’Amnesty de différencier l’usage de l’apartheid et l’Afrique du sud, ce à quoi l’apartheid est associé le plus communément, l’organisation a échoué à le faire. »

« Les citoyens arabes d’Israël ne vont pas avoir la même expérience de l’apartheid que ceux de Gaza, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de régime d’apartheid », a soutenu Mme Callamard, dont l’ONG dit cependant vouloir éviter les comparaisons avec l’Afrique du Sud.

Le communiqué du Mouvement réformé ajoute que « Amnesty ne parvient pas à prendre en compte les inquiétudes sécuritaires légitimes d’Israël et les menaces génocidaires très réelles qui mettent en danger l’existence de l’État juif et démocratique d’Israël. Son appel à un retour des réfugiés et à des réparations, son soutien au BDS et à l’isolement économique et diplomatique d’Israël ; son sous-entendu que l’établissement même d’Israël en tant qu’État juif, sa continuation en tant qu’État juif, sont des violations des Conventions sur l’Apartheid ; son échec à attribuer une responsabilité quelconque à l’AP concernant le changement des conditions qui permettraient à tous de jouir de plus de droits, de plus de sécurité ; et son échec à reconnaître que seule une solution à deux États est la plus à même de résoudre les inquiétudes mentionnées dans le rapport sont profondément préoccupantes et ne font qu’ajouter à la nature fourvoyée du rapport ».

Dès lundi, le ministre israélien des Affaires étrangères, Yaïr Lapid (Yesh Atid), avait vivement rejeté les allégations de l’ONG, précisant qu’elle « rapportait les mensonges répandus par les organisations terroristes », et demandé à Amnesty de « retirer » son rapport.

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