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Blessé dans un échange de tirs avec Tsahal, Daoud Zubeidi succombe à ses blessures

Frère du terroriste emprisonné, Zubeidi avait été conduit dans un hôpital israélien ; les groupes terroristes avaient menacé 'd’ouvrir les portes de l’enfer' s’il lui arrivait malheur

Daoud Zubeidi, tireur palestinien blessé dans une fusillade avec des soldats lors d’un récent raid à Jénine (Crédit : Courtoisie)
Daoud Zubeidi, tireur palestinien blessé dans une fusillade avec des soldats lors d’un récent raid à Jénine (Crédit : Courtoisie)

Le ministère palestinien de la Santé a annoncé que Daoud Zubeidi, frère du célèbre évadé de la prison de Gilboa, Zakaria Zubeidi, avait succombé aux blessures subies lors d’un échange de tirs avec des soldats israéliens.

Âgé de 40 ans, Zubeidi faisait partie d’un groupe de 13 hommes armés palestiniens blessés vendredi dans de violents échanges armés avec les soldats israéliens, dans et autour de la ville de Jénine en Cisjordanie, lors d’une opération menée par les forces spéciales de la police et l’armée israélienne.

Grièvement blessé lors de la fusillade, Zubeidi avait été conduit dans un hôpital local, mais lorsque son état s’était détérioré, il avait été transféré à l’hôpital Rambam de Haïfa.

Le directeur de l’hôpital de Jénine, Muhammad Abu Ghali, avait demandé le transfert de Zubeidi afin de tenter de lui sauver la vie, a déclaré un responsable de la Croix-Rouge au site d’information Ynet.

Zubeidi était dans un état critique, blessé par une balle reçue dans l’abdomen.

Israël aurait accepté la demande et Zubeidi avait été transféré par une ambulance palestinienne au point de passage de Jalama-Gilboa, d’où il avait été transféré dans une ambulance israélienne à l’hôpital de Haïfa.

Les groupes terroristes palestiniens de Jénine – dont les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, faiblement liées au Fatah, et les Brigades Al-Quds du Jihad islamique – avaient menacé d’« ouvrir les portes de l’enfer » s’il lui arrivait malheur.

« Tout dommage à la vie de Daoud Al-Zubeidi ouvrira le feu de l’enfer pour les occupants », avaient déclaré samedi des hommes armés masqués affiliés aux Brigades Al-Quds, dans un communiqué.

Un commando de la police israélienne, Noam Raz, 47 ans, a été tué lors de la même fusillade vendredi. Son cercueil a été transporté par ses proches au cimetière de la police, sur le mont Sion, pour son enterrement ce dimanche lors de funérailles privées, à l’écart de la presse.

Un Palestinien masqué tire avec une arme automatique lors d’affrontements avec les forces de l’ordre israéliennes dans la ville de Jénine, en Cisjordanie, le 13 mai 2022. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

Le frère de Zubeidi, Zakaria, est connu pour avoir orchestré des attentats terroristes pendant la Seconde Intifada. Enfant acteur happé par la violence, Zakaria Zubeidi était devenu commandant en chef des Brigades des martyrs d’Al Aqsa. Il avait souvent donné des interviews aux médias israéliens et était connu de la population israélienne.

En 2007, le service de sécurité du Shin Bet et l’Autorité palestinienne avaient conclu un accord d’amnistie concernant des milliers de Palestiniens qui avaient combattu Israël. Zubeidi en avait bénéficié et avait fondé l’autoproclamé « Théâtre de la liberté » à Jénine, en partenariat avec un directeur israélien d’origine judéo-arabe, Juliano Mer-Khamis.

Dix ans plus tard, les soldats israéliens appréhendaient Zubeidi, soupçonné d’avoir repris ses activités terroristes. Le service de sécurité du Shin Bet déclarera plus tard que Zubeidi avait avoué deux fusillades perpétrées contre des autobus à proximité de l’implantation de Beit El, dans le centre de la Cisjordanie, en novembre 2018 et janvier 2019, qui avaient blessé trois personnes.

Dans l’attente de son procès en septembre 2021, Zubeidi s’était enfui de la prison de Gilboa – avec cinq autres prisonniers de sécurité palestiniens à haut risque – dans une évasion qui avait tenu en haleine Israéliens et Palestiniens pendant des semaines.

Le chef terroriste Zakaria Zubeidi arrive pour une audience au tribunal militaire d’Ofer, le 28 mai 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les six prisonniers – cinq membres du Jihad islamique palestinien et le commandant du Fatah, Zubeidi – s’étaient évadés par le système de drainage de leur cellule et un espace vide sous la prison.

Quatre des prisonniers, en comptant Zubeidi, avaient été capturés dans le nord d’Israël au cours de la première semaine, tandis que les deux autres se sont rendus dans la ville de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, et s’y sont cachés jusqu’à leur arrestation, le 19 septembre.

Israël a récemment intensifié ses opérations en Cisjordanie, en particulier dans la région de Jénine, d’où sont originaires plusieurs terroristes responsables des récents attentats qui ont frappé Israël. Les violences ont fait 19 morts dans les villes du centre d’Israël depuis le 22 mars, dans la vague terroriste la plus sanglante depuis des années.

Une trentaine de Palestiniens – auteurs des attentats, opposants armés aux forces de l’ordre israéliennes ou simples civils – sont morts au cours de la même période, comme l’illustre le récent décès de la journaliste d’Al-Jazeera, Shirin Abu Akleh, dans des circonstances contestées à Jénine mercredi dernier.

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