Blocage d’Internet en Iran : « c’est le jeu du chat et de la souris », selon un fournisseur de logiciel
L'Iran "est souvent beaucoup plus agressif que d'autres pays en ciblant l'ensemble des adresses IP fournies par des entreprises tierces qu'utilisent habituellement les VPN", selon Adam Fisk
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Des logiciels comme celui de l’ONG américaine Lantern permettent aux Iraniens de contourner le blocage d’Internet mis en place par les autorités depuis les manifestations de janvier et le début de la guerre. Son patron, Adam Fisk détaille son fonctionnement à l’AFP.
Comment l’Iran bloque Internet ?
« En général, les pays censurent Internet en bloquant le système de nom de domaine (DNS), (sorte d’aiguillage numérique qui convertit un nom de site web en une adresse IP numérique NLDR), l’indication du nom de serveur (SNI), l’IP en elle-même ou en utilisant d’autres formes d’inspection des flux de données qui transitent sur un réseau.
L’Iran fait tout cela et est souvent beaucoup plus agressif que d’autres pays en ciblant l’ensemble des adresses IP fournies par des entreprises tierces qu’utilisent habituellement les VPN.
L’Iran est aussi particulièrement agressif en coupant toute connectivité internationale en temps de crise. Dans ces cas-là, il n’y a quasiment que le trafic Internet domestique qui reste accessible ».
Comment contourner ce blocage ?
« Lantern et Psiphon (créé par une entreprise canadienne) partagent la même approche générale mais utilisent des protocoles et des codes différents.
Une approche efficace est de dissimuler les communications au sein d’un protocole internet classique, comme le TLS qui permet de sécuriser les connexions lors de la navigation sur Internet, ou les systèmes de nom de domaine.
Si l’opération est réalisée avec soin, il devient difficile de distinguer le trafic qu’on cherche à dissimuler du trafic ordinaire.
Nous avons aussi le système Unbounded grâce auquel l’ordinateur de n’importe qui peut servir de passerelle en un clic.
Ce système utilise votre bande passante dans une certaine mesure mais n’aura pas d’impact majeur sur la performance de votre machine.
C’est le jeu du chat et de la souris. Lantern et les autres outils sont constamment en train de trouver de nouvelles stratégies et vulnérabilités tandis que les censeurs comme en Iran trouvent de nouvelles façons de les bloquer. »
Comment les Iraniens obtiennent ces outils ?
« Quand il y a une connectivité internet internationale, les gens peuvent obtenir Lantern depuis des sites que les censeurs ne veulent pas bloquer en raison des (potentielles) conséquences économiques comme la plateforme de développement de logiciels GitHub.
Pendant les blocages d’Internet, les gens se servent de leurs copies existantes de Lantern ou d’autres outils, ou ils peuvent obtenir de nouvelles actualisations grâce à des services de diffusion par satellite comme Toosheh ou Starlink, par exemple.
En Iran, la population est amatrice de technologie, et beaucoup de personnes ont en permanence plusieurs applications de contournement sur leur téléphone. »
Est-ce que les hackers iraniens peuvent extraire des données d’utilisateurs à partir de votre logiciel ?
« Nous n’hébergeons aucune donnée personnelle d’identification d’utilisateurs et Lantern fait l’objet d’audits de sécurité réguliers.
Nous avons des ingénieurs en sécurité solides et nous faisons attention à sécuriser nos infrastructures logicielles sous-jacentes de diverses manières. »
Qui finance Lantern ?
« Lantern est une ONG américaine qui tire ses revenus des utilisateurs de Lantern Pro dans le monde qui paient pour une version améliorée du logiciel.
Historiquement, nous avons reçu des financements d’Open Technology Fund (ONG américaine financée par le gouvernement américain et qui milite pour la liberté de l’internet), du département d’Etat américain et de philanthropes privés ».
A part l’Iran, où est utilisé Lantern ? La demande est-elle en hausse ?
« Nous avons vu la censure progresser à travers le monde depuis plusieurs années et l’utilisation de Lantern a progressé en parallèle pour atteindre deux millions d’utilisateurs au global.
Nous avons un nombre important d’utilisateurs en Russie, Birmanie et aux Emirats arabes unis.
Depuis l’Iran, il y a très peu de trafic qui parvient à passer, très peu de trafic de manière générale à part le trafic domestique. »
la Communauté du Times of Israël !







