Bnei Brak : la fermeture d’une synagogue entraîne des heurts
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Bnei Brak : la fermeture d’une synagogue entraîne des heurts

Le lieu de culte, qui a écopé d'une amende, avait violé les règles anti-COVID-19 ; les émeutiers ont jeté des pierres sur les policiers, leur disant de "retourner en Allemagne"

La police à Bnei Brak près d'une synagogue qui contrevenait aux règles induites par l'épidémie de coronavirus, le 17 novembre 2020. (Capture d'écran : Twitter)
La police à Bnei Brak près d'une synagogue qui contrevenait aux règles induites par l'épidémie de coronavirus, le 17 novembre 2020. (Capture d'écran : Twitter)

Des affrontements entre la police et des manifestants ont éclaté dans la ville ultra-orthodoxe de Bnei Brak mardi après que des policiers ont fermé une synagogue, qui fonctionnement malgré les restrictions sanitaires.

La police a déclaré dans un communiqué que les manifestants s’étaient réunis après que les officiers ont découvert qu’une salle fermée accueillait des dizaines de fidèles en dépit des mesures sanitaires qui n’autorisent que les prières en intérieur ne rassemblant pas plus de 10 personnes.

La police a ajouté que plusieurs émeutiers avaient jeté des pierres sur les véhicules de police.

Selon la Douzième chaîne, certains individus ont insulté les forces de l’ordre, notamment en référence aux nazis, en criant : « Retournez en Allemagne ».

Aucune arrestation n’a été signalée, mais le gérant de la salle a écopé de
5 000 euros d’amende.

Juifs ultra-orthodoxes priant dans la ville de Bnei Brak, le 14 octobre 2020. (Yossi Aloni/Flash90)

Depuis le début de la pandémie, les lieux de cultes sont considérés comme un catalyseur de propagation du virus.

Dans le cadre du plan initial de déconfinement, les lieux de culte devaient rester fermés jusqu’au 15 novembre. Cependant, les ministres ont voté la réouverture au 1er novembre, avec une limite de 10 fidèles en intérieur et 20 en extérieur.

Ces affrontements sont à contextualiser : les zones commerciales sont actuellement prises d’assaut par les clients, celles situées dans les zones dites « vertes » ayant été autorisées à rouvrir. Les autorités sanitaires craignent une résurgence du virus qui pourrait conduire à de nouvelles restrictions.

D’interminables files d’attente et des foules ont été observées. Les commerçants sont dans l’obligation de limiter le nombre de clients dans les magasins. Dans de nombreux cas, les clients ne se conformaient pas aux règles de distanciation physique et la police a dû intervenir.

Certains commerçants ont déclaré qu’il leur était impossible de faire respecter les directives imposées par le gouvernement et ont été contraints de rester fermés.

Les Israéliens font des courses au centre commercial de Bilu, à Kiryat Ekron, le 17 novembre 2020. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Les autorités du ministère de la Santé sont profondément frustrées par les nouvelles mesures d’assouplissement des restrictions, a rapporté la Douzième chaîne. Le ministère a averti qu’une recrudescence des infections obligera à leur renversement dans les deux ou trois semaines à venir.

Les officiels du ministère de la Santé auraient exprimé leur indignation face à l’allègement des restrictions alors même que le taux de reproduction de base – le nombre moyen de personnes infectées par chaque porteur du coronavirus – est actuellement de 1,0 et que le seuil qui avait été déterminé pour lever davantage les limitations était de 0,8. Mardi matin, ce taux s’élevait encore à 1,08, un chiffre inquiétant selon le ministère de la Santé.

Ils ont également déploré que, contrairement aux plans qui avaient été définis, le gouvernement n’avait pas attendu deux semaines entre les phases de réouverture pour garantir que certaines initiatives n’entraîneraient pas une nouvelle flambée des contaminations.

Des sources restées anonymes ont confié à la Douzième chaîne que si le nombre de personnes atteintes par le coronavirus n’atteignait pas, pour le moment, un niveau préoccupant, les responsables s’inquiétaient de ce qu’un nouvel allègement des restrictions n’entraîne une perte de contrôle de la pandémie.

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