« Bonne réunion » entre Israël et la Russie malgré les tensions
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« Bonne réunion » entre Israël et la Russie malgré les tensions

Le ministère des Affaires étrangères rapporte des vagues progrès après des discussions sur fond de tensions, entre autres, autour d'Israélienne emprisonnée

La mère de Naama Issachar, Yaffa Issachar, au centre, et sa sœur Liad Goldberg, à gauche, assistent à une audience d'appel dans une salle d'audience à Moscou, en Russie, le 19 décembre 2019. (Crédit : Alexander Zemlianichenko Jr./AP)
La mère de Naama Issachar, Yaffa Issachar, au centre, et sa sœur Liad Goldberg, à gauche, assistent à une audience d'appel dans une salle d'audience à Moscou, en Russie, le 19 décembre 2019. (Crédit : Alexander Zemlianichenko Jr./AP)

Israël a fait savoir qu’une rencontre consulaire avec des responsables russes qui a eu lieu jeudi, à Jérusalem, s’était passée dans « un bon état d’esprit » et que les deux parties avaient convenu de tenter de résoudre une querelle qui a vu des dizaines d’Israéliens placés en détention dans un aéroport de Moscou, ces derniers jours.

« Les deux parties ont convenu de faire tout ce qui est possible pour ne pas nuire au déplacement des touristes et aux liens commerciaux entre les pays et elles ont décidé de prendre un certain nombre d’initiatives pour aider à renforcer l’accord bilatéral d’exemption de visas », a expliqué le ministère dans un communiqué.

Le ministre n’a pas donné le détail des initiatives qui seraient prises mais indiqué que la Russie avait accepté de revaloriser « son interface consulaire » vis-à-vis de l’Etat juif.

De hauts-responsables du ministère des Affaires étrangères israélien et de l’Autorité de la population ont rencontré, au siège du ministère, la délégation russe, qui était formée de plusieurs hauts-membres du ministère des Affaires étrangères et des Autorités de l’immigration russes. Cette rencontre consulaire est habituelle et elle a lieu une fois par an, a noté le communiqué.

Le ministère a expliqué que les deux parties avaient évoqué « l’interdiction d’entrée des Israéliens à Moscou et la question des travailleurs illégaux et demandeurs d’asile qui entrent en Israël depuis la Russie », sans détailler le contenu des initiatives qui pourraient être prises. La Russie s’est contentée de confirmer que les Israéliens entrant dans le pays pour affaires seraient soumis à des règles qui seraient publiées par l’ambassade russe en Israël.

Mercredi et jeudi, la Russie a arrêté, pendant quelques heures, des dizaines de touristes et hommes d’affaires israéliens dans un aéroport de Moscou. Selon des informations parues dans les médias israéliens, les passeports des Israéliens ont été confisqués et leur placement en détention n’a pas été justifié. Certains passagers ont été interrogés en russe, sans la présence d’un interprète.

Ces arrestations auraient visé à envoyer à Jérusalem un « message » avant l’arrivée de la délégation russe au sein de l’Etat juif, venue pour débattre de la frustration du Kremlin face à l’interdiction annuelle faite à des milliers de ses ressortissants d’entrer en Israël, ont rapporté mercredi soir les médias israéliens, citant des sources diplomatiques.

Le communiqué émis jeudi au sujet de la rencontre consulaire a également indiqué que l’Etat juif avait exprimé l’espoir que Naama Issachar, une citoyenne israélo-américaine, emprisonnée en Russie pour des délits mineurs liés aux stupéfiants, serait rapidement libérée et que les proches de la jeune femme, ainsi que des représentants israéliens, auraient l’autorisation de lui rendre visite en prison plus souvent.

Il n’a pas détaillé la réponse apportée par les Russes.

La Russie, pour sa part, n’a pas commenté la réunion.

L’ambassadeur russe en Israël Anatoly Viktorov à l’ambassade russe de Tel Aviv, au mois de novembre 2019 (Crédit : Raphael Ahren/TOI)

L’ambassadeur russe en Israël, Anatoly Viktorov, a critiqué jeudi les responsables israéliens en charge de négocier la libération d’Issachar pour leur comportement « hautain ».

« La manière dont la question est présentée dans les médias israéliens en plus de l’intervention, à la tonalité si hautaine et orgueilleuse, des hauts-responsables, est hautement inacceptable », a-t-il dit.

« Mais ce qui nous dérange le plus, c’est cette présomption de culpabilité initiale de la Russie… que tout le monde n’est pas supposé accepter de prime abord », a ajouté Viktorov.

Issachar, détenue en Russie depuis le mois d’avril, a été appréhendée après qu’une petite quantité de marijuana – environ neuf grammes – a été retrouvée dans ses bagages au cours d’une escale à Moscou.

Elle a été condamnée à plus de sept ans de prison pour ce délit mineur.

Son appel a été rejeté, jeudi, ce qui signifie que sa sentence va être maintenue.

Elle a affirmé qu’elle avait été contrainte à signer ses aveux, qu’elle ignorait que la substance se trouvait dans ses bagages et qu’elle n’avait eu aucune intention de quitter l’aéroport – ce qui signifie qu’il n’y a pas eu de crime de trafic de drogues et que, par conséquent, le délit qu’elle a commis a été mineur.

Après l’annonce de la décision, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait savoir qu’il avait dit à la mère, d’Issachar, désespérée, que « malgré la décision décevante prise par le tribunal, je n’abandonne pas ».

Le ministre des Affaires étrangères Israel Katz a noté, jeudi, que « malgré la décision décevante de la cour russe, nous continuerons à agir de toutes nos forces pour obtenir la libération de Naama et son retour chez elle, dans sa famille. Le ministère des Affaires étrangères continuera à accompagner et à aider Naama et sa famille par le biais de tous les canaux ».

Le chargé d’affaires de l’ambassade israélienne en Russie, Yaakov Livne, et de hauts-responsables du consulat américain se sont rendus à l’audience.

Les responsables de l’Etat juif supposeraient qu’une libération sera davantage obtenue par le biais d’efforts diplomatiques que par les magistrats, et qu’elle nécessitera une grâce qui ne pourra être octroyée que par le président russe Vladimir Poutine lui-même.

Au début du mois, Netanyahu a évoqué le dossier d’Issachar avec Poutine lorsque les deux dirigeants se sont entretenus sur des questions sécuritaires au Moyen-Orient. Poutine devrait se rendre au sein de l’Etat juif au mois de janvier.

Cet appel téléphonique est le deuxième en l’espace de trois semaines où Netanyahu a appelé Poutine à gracier la jeune femme.

Cette conversation a eu lieu le même jour qu’une rencontre entre Katz et son homologue russe, Sergei Lavrov, à Rome. Le ministre israélien des Affaires étrangères avait soulevé, lui aussi, le cas d’Issachar à cette occasion.

Moscou a fait savoir que le leader russe prendrait la requête en considération.

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