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Budget : Coup de pouce de 9 milliards de shekels pour le ministère de Ben Gvir

Le budget 2023-2024 a été adopté par le cabinet vendredi ; le ministre du Tourisme a boycotté le vote en raison de la fin de l'exemption de la TVA pour les visiteurs dans le pays

Le cabinet votant l'approbation du budget 2023-2024, à Jérusalem, le 24 février 2023. (Autorisation)
Le cabinet votant l'approbation du budget 2023-2024, à Jérusalem, le 24 février 2023. (Autorisation)

Le cabinet a approuvé vendredi le budget de l’État 2023-2024, lui donnant le feu vert pour le vote, à la Knesset, qui devrait ancrer au pouvoir le gouvernement de la ligne dure du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour les deux prochaines années.

Le budget de 2023 est de 484 milliards de shekels et il grimpera à 514 milliards de shekels en 2024.

L’un des plus grands bénéficiaires de ce budget est le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, dont le bureau devrait recevoir un coup de pouce de 9 milliards de shekels. Il avait initialement réclamé une augmentation de 15,5 milliards de shekels, boycottant une réunion sur le sujet au début de la semaine dernière alors que les négociations étaient dans l’impasse. L’argent supplémentaire sera utilisé pour recruter des milliers de policiers, plus de 1 200 nouveaux gardiens de prison et des centaines de pompiers. Il permettra aussi d’élever les salaires des agents de police et des gardiens de prison l’année prochaine, en plus de l’établissement d’une garde nationale.

Le ministre du Tourisme, Haim Katz, était absent de ce vote de vendredi, un vote qu’il avait décidé de boycotter en signe de mécontentement contre le projet du gouvernement de mettre un terme à l’exemption de la TVA pour les touristes.

Le budget du ministère de l’Éducation est marqué par une hausse de 15,5 milliards de shekels par rapport à 2022 – ce qui permettra la mise en place d’un nouveau plan de lutte contre les disparités entre les étudiants d’origines socio-économiques différentes, ainsi que la mise en vigueur d’un projet visant à renforcer les programmes éducatifs en direction des enfants à besoins particuliers.

Le ministère de la Culture et des Sports, dirigé par le ministre Miki Zohar, recevra 1 milliard de shekels supplémentaires, la plus forte augmentation budgétaire de l’histoire du ministère depuis sa création. « Il s’agit d’un supplément budgétaire sans précédent qui va changer le visage de la culture et du sport en Israël, c’est définitivement une nouvelle ère », a déclaré Zohar.

Absent dans le budget, le projet d’éducation gratuite des tout-petits qui concerne les enfants de la naissance à trois ans – un projet qui était l’une des promesses de campagne électorale du Premier ministre. Une clause a néanmoins été incluse dans le budget établissant que le gouvernement s’engageait à promouvoir la gratuité de l’éducation pour les enfants de 2 et de 3 ans, ce qui coûterait 3,67 milliard de shekels dès le première année. Une initiative à laquelle s’oppose le ministère des Finances qui craint qu’elle ne soit un fardeau trop lourd à porter pour le Trésor.

Le député Itamar Ben Gvir et le chef de la police Kobi Shabtai se serrent la main lors d’une réunion du comité de la Knesset, le 14 décembre 2022. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le budget prévoit aussi de donner un coup de pouce au ministère de la Santé – une enveloppe qui servira à ouvrir de nouveaux lits dans les hôpitaux surchargés de tout le pays et à mettre en vigueur des programmes sur la santé psychique.

Pour permettre ces dépenses supplémentaires, chaque ministère a accepté une réduction de financement de trois pour cent.

Le budget de l’État va maintenant être envoyé à la Knesset. La première lecture du projet de loi devrait avoir lieu d’ici à la fin du mois de mars.

« Nous voulons montrer que la tradition que nous avons créée ici dans l’Etat d’Israël, d’une économie libre avec une responsabilité fiscale et monétaire (…) et d’indépendance de la banque (d’Israël), sont toujours valables pour nous, et particulièrement en ce moment », a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’issue du vote, d’après un communiqué de son bureau.

« L’économie israélienne est forte et inébranlable », a-t-il ajouté. « Et avec le soutien de tous les ministres, aujourd’hui, elle est encore plus forte. »

Le vote du cabinet a eu lieu alors que la liste des économistes qui mettent en garde contre les répercussions financières potentielles du projet de refonte radicale du système judiciaire israélien continue à croître.

L’économiste en chef du ministère des Finances, Shira Greenberg, a émis une mise en garde officielle dans un rapport accompagnant le projet de budget pluriannuel 2024-27 qui a été envoyé au gouvernement jeudi. « Dans la mesure où la refonte judiciaire est perçue par le marché comme portant atteinte à la force et à l’indépendance des institutions de l’État et où elle accroît l’incertitude dans l’environnement d’investissement, ces réformes peuvent nuire à l’activité économique et en particulier aux investissements privés », a-t-elle écrit.

Et pendant les délibérations sur le budget, jeudi, le gouverneur de la Banque d’Israël, Amir Yaron, aurait averti les ministres qu’une crise économique pouvait éclater à n’importe quel moment.

Mercredi, l’ancien chef de la Banque d’Israël et ancien président de JP Morgan Chase International Jacob Frenkel a indiqué que les efforts livrés par le gouvernement pour affaiblir le système judiciaire étaient susceptibles de laisser l’économie en lambeaux et il a rejeté les initiatives prises par la coalition pour apaiser les inquiétudes croissantes portant sur une détérioration de la situation économique, disant qu’elles s’apparentaient « à une insulte à l’intelligence ».

L’ancien gouverneur de la Banque centrale d’Israël, Jacob Frenkel, s’adressant à la Douzième chaîne, le 22 janvier 2023. (Crédit : La Douzième chaîne)

« Cela devrait beaucoup nous inquiéter », a dit Frenkel lors d’un entretien à la Douzième chaîne alors qu’il était interrogé sur la faiblesse du shekel qui, le mois dernier, a perdu presque 10 % de sa valeur face au dollar américain.

« La valeur du shekel est un reflet de la réalité sous-jacente. Nous connaissons une situation d’incertitude totale – d’incertitude économique, d’incertitude politique et d’incertitude institutionnelle, qui affecte toutes les composantes de l’économie : les consommateurs, les fabricants, les investisseurs, les citoyens ordinaires », a-t-il expliqué. Et cette incertitude est totalement de notre fait, il ne s’agit pas d’un choc extérieur ».

Netanyahu a estimé jeudi devant ses ministres que « ceux qui sèment la panique et la peur verront qu’ils ont tort. »

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