Le Drian au Caire : la France possède un « profond respect de l’islam »
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Le Drian au Caire : la France possède un « profond respect de l’islam »

Le grand imam d'Al-Azhar Ahmed al-Tayeb avait vivement critiqué la France pour sa défense de la liberté d'expression

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, donne une conférence de presse avec son homologue marocain à Rabat le 8 juin 2019. (Crédit : FADEL SENNA / AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, donne une conférence de presse avec son homologue marocain à Rabat le 8 juin 2019. (Crédit : FADEL SENNA / AFP)

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a assuré dimanche au Caire que la France avait un « profond respect de l’islam » lors d’une visite « d’apaisement » vis-à-vis du monde arabe au sujet des caricatures du prophète Mahomet.

M. Le Drian a rencontré le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, dans un entretien de deux heures. Il a ensuite tenu une réunion avec son homologue Sameh Choukry, dans le cadre de sa visite en vue d’un « travail d’apaisement », selon le ministère français des Affaires étrangères.

« J’ai rappelé et je rappelle ici le profond respect que nous avons pour l’islam », a dit le ministre français au cours d’une conférence de presse.

« Ce que nous combattons c’est le terrorisme, c’est le détournement de la religion c’est l’extrémisme », a-t-il ajouté en assurant qu’il venait « expliquer, si besoin était, ce combat » ainsi que « le combat (pour le) respect de la liberté de croire ».

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Par ailleurs, le ministre a également évoqué le dossier libyen au cours de ses entretiens. « Les évolutions des dernières semaines vont dans le bon sens », a-t-il dit évoquant l’accord de cessez-le-feu et l’organisation du dialogue politique inter-libyen.

« Nous avons les mêmes analyses et les mêmes exigences (que les Egyptiens) », a-t-il dit en citant la demande du départ des mercenaires étrangers et le respect de l’embargo sur les armes des Nations unies.

Le dossier du conflit israélo-palestinien et les tensions en Méditerranée orientale a aussi été évoqué.

Interrogé sur la présence de prisonniers de conscience en Egypte, M. Le Drian a répondu qu’il avait évoqué la question avec le président égyptien.

Son homologue Sameh Choukry a répondu qu’il « n’y a pas de détention arbitraire, il y a des détentions en application de la loi ». « L’Egypte est un Etat de droit », a-t-il dit.

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Selon des ONG de défense des droits humains, l’Egypte compte environ 60 000 prisonniers politiques.

M. Le Drian doit encore rencontrer le grand imam d’Al-Azhar Ahmed al-Tayeb qui avait vivement critiqué la France pour sa défense de la liberté d’expression.

Fin octobre, M. Tayeb avait estimé que « le fait qu’insulter des religions et attaquer leurs symboles sacrés au nom de la liberté d’expression est un double standard intellectuel et un appel à la haine ».

Pour sa part, le président Sissi avait défendu, dans un discours à l’occasion de l’anniversaire du prophète Mahomet le 28 octobre « les valeurs religieuses » rejetant les « insultes au prophète ».

M. Le Drian doit ensuite se rendre au Maroc, où il s’entretiendra lundi avec plusieurs hauts responsables du royaume.

M. Macron avait défendu la liberté de caricaturer en promettant de ne pas « renoncer aux caricatures », lors d’un très émouvant hommage national au professeur Samuel Paty, décapité par un jeune islamiste le 16 octobre, pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet.

Dans certains pays à majorité musulmane, des fidèles ont réagi avec colère aux propos de M. Macron dont des portraits ont été brûlés lors de manifestations et une campagne a été lancée pour boycotter les produits français.

Les relations sont au beau fixe entre Paris et Le Caire, où M. Le Drian effectue sa 19e visite ministérielle depuis 2012. Le ministre s’y est d’abord rendu comme ministre de la Défense, puis 9 fois comme chef de la diplomatie française.

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