Charnier communiste de Huda Jama : la Slovénie enterre les premières dépouilles
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Charnier communiste de Huda Jama : la Slovénie enterre les premières dépouilles

Pour le président, c'est un "devoir d'Etat" de donner des funérailles "civilisées" aux 800 personnes exécutées par les communistes après la Seconde Guerre mondiale

L'archevêque de Maribor, Alojzij Cvikl (4° à gauche), bénit un cercueil pendant une cérémonie marquant le début des funérailles de quelques 800 personnes assassinées par les forces communistes après la Seconde Guerre mondiale au parc mémoriel de Dobrava, à Maribor, en Slovénie, le 27 octobre 2016. (Crédit : AFP/Jure Makovec)
L'archevêque de Maribor, Alojzij Cvikl (4° à gauche), bénit un cercueil pendant une cérémonie marquant le début des funérailles de quelques 800 personnes assassinées par les forces communistes après la Seconde Guerre mondiale au parc mémoriel de Dobrava, à Maribor, en Slovénie, le 27 octobre 2016. (Crédit : AFP/Jure Makovec)

La Slovénie a commencé jeudi à enterrer les dépouilles de collaborateurs de l’occupant nazi exécutés par les communistes et provenant d’un charnier géant découvert en 2009.

« Il est de notre devoir, en tant qu’humains et en tant qu’Etat, d’enterrer de façon civilisée les victimes de la guerre et des exécutions d’après-guerre », a déclaré le président Borut Pahor, lors d’une cérémonie solennelle de réconciliation près de Maribor.

Il s’exprimait au mémorial de Dobrova, en présence du Premier ministre croate Andrej Plenkovic.

Plus tôt dans la journée, le président croate Grabar Kitarovic avait lui aussi souligné que « la vérité historique doit être reconnue pour assurer un meilleur avenir. »

Une chapelle proche de l'entrée de la mine de Huda Jama où les restes de 800 personnes ont été découverts en mars 2009, près de Lasko, en Slovénie, le 27 octobre 2016. (Crédit : AFP/Jure Makovec)
Une chapelle proche de l’entrée de la mine de Huda Jama où les restes de 800 personnes ont été découverts en mars 2009, près de Lasko, en Slovénie, le 27 octobre 2016. (Crédit : AFP/Jure Makovec)

Les corps, extraits de la mine désaffectée de Huda Jama, à 80 kilomètres à l’est de la capitale Ljubljana, sont selon les historiens ceux de Slovènes et de Croates collaborateurs présumés du régime nazi et exécutés de façon extra-judiciaire par les forces de Tito au printemps 1945.

Le charnier avait été découvert en mars 2009. Quelque 800 corps partiellement momifiés ont été mis à jour mais le charnier pourrait contenir au total « de 2 200 à 2 500 cadavres », selon la Commission slovène chargée des charniers de la Seconde Guerre mondiale.

Les massacres ont été imputés à l’Ozna, un service de sécurité du régime communiste dont le chef était directement subordonné à Tito.

La Commission d’enquête a identifié 700 charniers potentiels sur le territoire slovène. Ils sont susceptibles de contenir quelque 15 000 corps de collaborateurs des nazis, dont des Oustachis du régime fasciste croate d’Ante Pavelic, mais aussi de simples Slovènes de langue allemande et d’opposants au communisme.

Une femme en larme pendant une cérémonie marquant le début des funérailles de quelques 800 personnes assassinées par les forces communistes après la Seconde Guerre mondiale au parc mémoriel de Dobrava, à Maribor, en Slovénie, le 27 octobre 2016. (Crédit : AFP/Jure Makovec)
Une femme en larme pendant une cérémonie marquant le début des funérailles de quelques 800 personnes assassinées par les forces communistes après la Seconde Guerre mondiale au parc mémoriel de Dobrava, à Maribor, en Slovénie, le 27 octobre 2016. (Crédit : AFP/Jure Makovec)
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