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Chez Twitter, hémorragie d’employés, d’utilisateurs, et d’annonceurs pour Musk

Ce week-end, l'entreprise californienne a encore licencié au moins 200 salariés, soit 10 % de ses effectifs

Elon Musk directeur-général de Tesla, lors de l'ouverture de l'usine Tesla de Berlin Brandenburg à Gruenheide, en Allemagne, le 22 mars 2022. (Crédit : Patrick Pleul/Pool via AP/Dossier)
Elon Musk directeur-général de Tesla, lors de l'ouverture de l'usine Tesla de Berlin Brandenburg à Gruenheide, en Allemagne, le 22 mars 2022. (Crédit : Patrick Pleul/Pool via AP/Dossier)

Seulement quatre mois se sont écoulés depuis qu’Elon Musk a racheté Twitter et abruptement remercié la moitié du personnel, mais le patron continue de licencier des employés et de susciter des polémiques, semant le doute sur la capacité de la plateforme à survivre.

Ce week-end, l’entreprise californienne a encore licencié au moins 200 salariés, soit 10 % de ses effectifs, selon le New York Times.

Depuis fin octobre, entre les plans sociaux, les démissions et les ingénieurs personnellement congédiés pour avoir critiqué Elon Musk, la société était déjà passée de 7 500 à 2 000 employés, d’après les estimations du quotidien et d’autres médias spécialisés comme The Information.

« La lumière est encore allumée chez Twitter, mais vraiment tout juste », commente Jasmine Enberg, analyste chez Insider Intelligence.

Elle prédit que le réseau social, qui comptait plus de 368 millions d’utilisateurs mensuels dans le monde en 2022, va en perdre quelque 32 millions entre 2022 et 2024, rebutés par la prolifération des contenus toxiques et/ou par l’augmentation du nombre de pannes.

« Le personnel est réduit à un squelette, il y a donc très peu de personnes pour régler les problèmes techniques et ceux relevant de la modération des contenus », explique-t-elle à l’AFP.

Sachant que le dirigeant ne semble de toute façon pas chercher à apaiser ni les annonceurs ni les associations.

Un écran de téléphone affichant une photo d’Elon Musk avec le logo de Twitter affiché en arrière-plan, à Washington, le 4 octobre 2022. (Crédit :  Olivier Douliery/AFP)

Popularité

Ce week-end, il a défendu le dessinateur Scott Adams, qui a affirmé « ne rien vouloir avoir à faire avec » la population noire.

Plusieurs journaux ont annoncé qu’ils ne publieraient plus ses dessins, mais Elon Musk a lui accusé dimanche les médias américains d’être « racistes envers les Blancs et les Asiatiques » après avoir été « longtemps racistes envers les personnes non-blanches ».

Sous sa houlette, « Twitter est devenu une machine à distribuer des complots et messages haineux », a récemment déclaré Angelo Carusone, le président de Media Matters for America.

Selon cette ONG de lutte contre la désinformation, des publicités pour diverses entreprises sont apparues à côté de « comptes d’antisémites qui nient la Shoah ».

« Twitter a perdu des centaines de ses principaux annonceurs, et ses recettes ont plongé par rapport à l’année dernière », constate Jasmine Enberg.

Les marques n’ont pas « confiance » dans le propriétaire de la plateforme, dont l’audience a de toute façon toujours été restreinte par rapport à ses voisins, les géants Google et Meta (Facebook, Instagram), détaille-t-elle.

Et cette tendance va empirer : « Twitter a réussi à éviter un déclin de sa base d’utilisateurs en 2022 notamment parce que les gens voulaient assister en direct à la saga entre Musk et le réseau », estime-t-elle. Mais l’entrepreneur « n’est plus au goût du jour ».

C’est ce qu’un ingénieur du site a essayé d’expliquer à Elon Musk au début du mois, d’après The Verge.

Le multimilliardaire avait demandé à des développeurs pourquoi ses messages étaient moins lus qu’avant. Un informaticien lui a expliqué qu’il s’agissait d’un problème de popularité et non d’algorithme – il a été licencié.

Des passants devant le siège de Twitter à San Francisco, le 4 novembre 2022. (Crédit: AP Photo/Jeff Chiu)

« Sur la touche »

En parallèle, de nombreux ex-employés et sociétés ont porté plainte contre l’entreprise de San Francisco pour rupture de contrat abusives ou non-paiement de loyers et factures.

Et Blue, l’abonnement payant lancé l’année dernière dans la plus grande confusion, comme alternative aux revenus publicitaires, ne fait pas un tabac. Mi-janvier, seules 180 000 personnes avaient souscrit à la formule aux États-Unis, d’après The Information.

« Il faudrait que Twitter multiplie quasiment par 100 son nombre d’abonnés dans le monde pour compenser ses pertes de recettes publicitaires », note Jasmine Enberg. « Ce n’est pas une bataille mal engagée, c’est une tâche insurmontable. »

Esther Crawford, l’architecte de ce produit, fait partie des employés remerciés ce week-end. Elle avait été l’une des rares responsables à afficher son soutien au nouveau patron, retweetant même une photo où on la voyait dormir dans un sac de couchage sur son lieu de travail.

« Ceux qui raillent et se moquent sont forcément sur la touche et non dans l’arène », a-t-elle tweeté lundi pour défendre son « optimisme et son travail acharné ».

Elon Musk – à nouveau homme le plus riche du monde selon Bloomberg – cherche quelqu’un pour le remplacer à la tête de Twitter, une mesure qui pourrait aider la plateforme à rebondir.

D’ici là, « à moins qu’il ne prenne une décision pour mettre fin au service, Twitter va survivre », pense Jasmine Enberg. « Il y a une base d’utilisateurs fidèles, et le réseau peut survivre même avec des problèmes techniques et une atmosphère désagréable. »

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