Coalition : la date butoir approche, mais Netanyahu pourrait avoir plus de temps
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Coalition : la date butoir approche, mais Netanyahu pourrait avoir plus de temps

Alors que la date limite est proche, le Premier ministre pourrait tenter de recourir à une disposition légale jamais employée jusque-là et qui lui accorderait 2 semaines de plus

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (au centre) avec la juge à la tête de la Cour suprême Esther Hayut, (à gauche), lors d'un service de commémoration marquant le 22e anniversaire de l'assassinat de  Yitzhak Rabin, au cimetière du mont Herzl à Jérusalem, le 1er novembre 2017. (Marc Israel Sellem/POOL)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (au centre) avec la juge à la tête de la Cour suprême Esther Hayut, (à gauche), lors d'un service de commémoration marquant le 22e anniversaire de l'assassinat de Yitzhak Rabin, au cimetière du mont Herzl à Jérusalem, le 1er novembre 2017. (Marc Israel Sellem/POOL)

À 23h59 mercredi, le délai imparti au Premier ministre Benjamin Netanyahu pour former le nouveau gouvernement aura officiellement expiré, d’après le bureau du président.

Mais s’il n’arrivait pas à former une coalition d’ici là, Benjamin Netanyahu pourrait être en mesure de s’octroyer 14 jours supplémentaires pour ce faire, grâce, d’après des analystes, à une disposition juridique jamais utilisée jusqu’à présent.

Le vainqueur des dernières élections doit encore signer un accord de coalition avec ses partenaires potentiels. Bien que le temps s’écoule rapidement, le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, ne se montre pas prêt à céder sur la question clé de ces tractations : la loi sur la conscription militaire des ultra-orthodoxes, qu’il veut absolument voir adoptée telle quelle, alors que les partis haredim tentent de l’amender.

Dimanche, le Likud a indiqué espérer des avancées dans les négociations, mais se prépare à l’éventualité de nouvelles élections an cas d’échec des discussions.

Le parti a remporté 35 sièges lors des élections du 9 avril. Deux partis ultra-orthodoxes, Shas et Yahadout HaTorah, ont chacun remporté huit sièges. Koulanou, le parti de centre-droit de Moshe Kahlon en a obtenu quatre, et l’Union des partis de droite cinq. Ensemble, ces partis disposent donc de 60 des 120 sièges de la Knesset. Pour s’assurer une majorité, Benjamin Netanyahu a donc besoin du soutien du parti laïc de droite Yisrael Beytenu et de ses cinq précieux sièges.

Sans cette formation, le Likud pourrait en théorie former une coalition minoritaire, à condition que Liberman et son parti ne votent pas contre une telle coalition. Cependant, le ministre des Finances Moshe Kahlon a exclu une telle possibilité lors d’une réunion jeudi avec Benjamin Netanyahu et d’autres chefs de parti, d’après des médias en hébreu.

Si Liberman restait campé sur ses positions jusqu’à mercredi soir, il est probable que le Premier ministre tente d’obtenir un délai supplémentaire de deux semaines, comme la loi le lui permet.

Une fois la date butoir atteinte, le président Reuven Rivlin a la possibilité de solliciter un autre membre de la Knesset pour former un gouvernement. Mais le deuxième parti du pays, Kakhol lavan, ne disposant pas de partenaires clairs, il est peu probable que le chef de l’Etat lui confie cette tâche, d’après le journaliste de la Douzième chaîne Amit Segal.

Le président pourrait aussi se tourner vers le président du Parlement Yuli Edelstein et lui demander de dissoudre la Knesset, enclenchant le processus de nouvelles élections.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, avec le président Reuven Rivlin, à droite, durant une réunion pour discuter de la prolongation de la période de formation d’un nouveau gouvernement de coalition à la résidence du président à Jérusalem, le 13 mai 2019 (Crédit : Haim Zach (GPO)

Venons-en au troisième scénario possible : la Loi fondamentale – le Gouvernement, selon laquelle dans de telles circonstances, « une majorité des membres de la Knesset peut demander, par écrit, que le président de l’Etat confie la tâche [de former un nouveau gouvernement] à un député de la Knesset en particulier ».

Si 61 ou plus d’entre eux appuient Benjamin Netanyahu par écrit, ce qui est probable puisque même Yisrael Beytenu a assuré qu’il ne défendrait personne d’autre que lui pour cette mission, il pourrait obtenir 14 jours de plus pour mener à bien les négociations de coalition.

Mais cette manœuvre aussi place Benjamin Netanyahu à la merci de Liberman.

Le Premier ministre pourrait avoir d’autres raisons de s’inquiéter de cette option : il a en effet publiquement soupçonné Reuven Rivlin de vouloir charger un autre membre du Likud de cette mission, comme son rival Gideon Saar. Le chef de l’Etat n’a néanmoins pas laissé entendre qu’il le ferait.

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