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Confab présente ses startups: désherbeurs pilotés par l’IA, arbres en tube et graisses alternatives

La conférence PLANETech à Tel Aviv rassemble scientifiques, développeurs, entrepreneurs et investisseurs décidés à relever les défis climatiques, environnementaux et de durabilité

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

La conférence PLANETech qui s'est tenue au port de Jaffa le 18 juin 2024. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)
La conférence PLANETech qui s'est tenue au port de Jaffa le 18 juin 2024. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

Les mauvaises herbes, terme péjoratif qui désigne les plantes indésirables, sont l’ennemi des agriculteurs. Elles consomment l’eau, les nutriments et même la lumière de leurs cultures.

Lors de la conférence annuelle PLANETech World qui se tient cette semaine à Tel Aviv – rencontre de scientifiques, entrepreneurs et investisseurs intéressés par le développement de technologies capables de sauver la planète – l’auteure de ces lignes, jardinière amateure, a commencé par visiter le stand d’une technologie durable spécialisée dans l’élimination des mauvaises herbes.

Il y a bien d’autres stands, consacrés à la finance, à l’introduction de nouveaux matériaux, aux solutions Desertech pour un monde qui se réchauffe et où le stress hydrique gagne du terrain, à la décarbonisation, aux crédits climatiques ou encore à l’agriculture intelligente face au climat.

Mais c’est une méthode durable d’élimination des mauvaises herbes – certes surtout développée pour les maraîchers plutôt que pour les jardins privés – qui a attiré l’attention de l’auteure de cet article.

Créé à Tel Aviv en mars 2023, AgriPass dit « ouvrir la voie » avec un outil sophistiqué encore au stade de preuve de faisabilité. Son fondateur, PDG et directeur technique, Guy Raz, explique : « Nous faisons ce que fait un humain, mais avec les moyens du 21e siècle. »

Ces dernières décennies, on a surtout épandu des herbicides chimiques, mais ils tuent les microbes qui donnent vie au sol et près de 500 espèces de mauvaises herbes y sont progressivement devenues résistantes.

L’autre méthode est le labourage. Une charrue tirée par un tracteur creuse et retourne le sol, en arrachant les mauvaises herbes avant de les enterrer. Toutefois, cette méthode libère du carbone dans l’atmosphère en exposant les matières organiques, anéantit les délicates communautés bactériennes et réseaux fongiques si importants pour la santé des sols et des plantes. Il en résulte souvent une érosion des sols, voire des sols malsains et compactés, des rendements plus faibles et une moins bonne capacité à faire face aux phénomènes météorologiques extrêmes comme les inondations.

La seule option durable est le désherbage à la main. Mais c’est lent et cela implique des coûts de main-d’œuvre élevés.

La solution que propos AgriPass, qui pourra être déployée à l’arrière d’un tracteur et sera disponible en plusieurs tailles, est équipée de capteurs alimentés par l’IA. Ceux-ci ont été entraînés par apprentissage automatique à identifier les mauvaises herbes, cartographier le terrain et demander aux têtes de désherbage présentes en grand nombre au bas de la machine de couper les racines à un endroit bien précis – au rythme de plusieurs centaines par seconde. C’est le mouvement du tracteur qui les retire alors naturellement du sol.

L’entreprise s’est positionnée sur les légumes, explique Raz, secteur dans lequel les coûts de production sont élevés. Les mauvaises herbes sont dans l’ensemble annuelles, et sont plus faciles à retirer ou endiguer dans les six à huit semaines qui suivent la plantation des légumes. Après cela, les cultures poussent et éclipsent leurs concurrents.

Pour Raz, même s’il existe des solutions sur le marché pour l’élimination non chimique des mauvaises herbes, le travail minimal du sol ou l’élimination rapide des mauvaises herbes, aucune ne combinait jusqu’à présent les trois.

En haut d’un gommier

Toujours dans le domaine des plantes, TreeTube se propose d’offrir un environnement plus sain aux arbres urbains, qui doivent trop souvent faire face à des infrastructures souterraines et à un manque d’air et d’eau à cause de l’asphalte ou d’un sol compacté (solide).

Les arbres nous rendent de nombreux services, à commencer par l’ombre et le rafraichissement, l’augmentation de la biodiversité (la variété des êtres vivants), sans oublier l’absorption du bruit et du dioxyde de carbone polluant.

TreeTube conçoit et fabrique des tubes souterrains de grande taille en plastique résistant, à l’intérieur desquels sont plantés les arbres.

Un modèle de TreeTube. (Avec l’aimable autorisation de TreeTube)

Les tubes, qui peuvent atteindre trois à cinq mètres de diamètre mais font souvent 1,5 mètre, sont remplis de terre de haute qualité. L’air est constamment renouvelé par de petits tubes qui dépassent de la chaussée et alimentent les nervures intégrées dans les tubes.

Système modulaire conçu spécifiquement pour chaque emplacement, il comprend des ouvertures qui dirigent les racines pour qu’elles poussent dans une certaine direction, par exemple loin des canalisations d’égouts.

Une barrière en plastique spéciale empêche physiquement les racines de pousser vers le haut, ce qui permet d’économiser sur les coûts d’entretien des trottoirs déformés ou cassés par les racines.

« Les arbres croient alors qu’ils poussent dans une forêt », explique le cofondateur de l’entreprise, Roni Cohen, et par conséquent, ils poussent plus vite. Il précise que la circulation de l’air maintient le sol plus frais par temps chaud et plus chaud par temps froid, et que l’irrigation est dirigée dans le tube, ce qui permet d’économiser de l’eau.

Créée en 2019, la société compte déjà des centaines de projets en Israël, et d’autres aux Pays-Bas ou encore dans les pays baltes.

Cohen et son collègue cofondateur Jonathan Antebi étaient présents à la conférence pour trouver un partenaire stratégique pour leur expansion mondiale.

Beaucoup de bonnes choses

Le marché des protéines alternatives, qui tente de créer des produits ayant le goût de la viande ou du poisson sans en être, est confronté au problème majeur de l’imitation des graisses animales, explique Gad Harris, directeur technique de KaYama Foods, créé en novembre dernier dans la ville de Yokneam, dans le nord du pays.

Ingénieur en procédés chimiques avec une expérience dans les protéines alternatives, Harris explique que la plupart des produits à base de plantes utilisent de l’huile de coco, non seulement composée à 92 % de graisses saturées (une cause d’hypercholestérolémie) mais qui fond aussi à 25 degrés Celsius contre 55 degrés dans le cas de la véritable graisse de bœuf.

« Quand on cuisine avec, ça suinte », déplore Harris.

Il explique que KaYama Foods a développé un processus basé sur des ingrédients naturels capable de transformer des graisses végétales plus saines en solides susceptibles d’être utilisés comme des graisses animales.

Ces graisses ne contiennent ni graisses trans, issues des graisses saturées de l’huile de coco, ni additif alimentaire malsain.

« Il n’y a aucune modification chimique, ni hydrogénation ni E quelque chose », ajoute-t-il. Les graisses peuvent être produites avec certaines saveurs et arômes et même contenir des oméga 3 et vitamines liposolubles.

KaYama Foods a créé des échantillons de graisse en laboratoire et les a distribués à des clients potentiels. Il va maintenant développer un produit pilote.

« Nous observons un grand intérêt en Israël et à l’étranger », a assure Harris. « Nous sentons qu’il y a un besoin. »

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