Conscription des haredim : Shas quitte ses postes au sein de la coalition
Le parti renonce à la présidence des commissions pour protester contre l'absence de texte réglementant l’enrôlement des étudiants en yeshiva, mais ne quitte pas le gouvernement
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Le parti ultra-orthodoxe Shas a annoncé jeudi qu’il se retirerait de tous les postes qu’il occupe au sein de la coalition à la Knesset, renonçant à la présidence des commissions parlementaires, pour protester contre l’absence de loi réglementant la conscription des étudiants en yeshiva.
Malgré ce retrait, le parti ne quitte pas la coalition et ne renversera pas le gouvernement, même si sa décision accroît la pression sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour qu’il fasse adopter une loi sur la conscription, un texte que l’opposition qualifie de « loi d’évitement » permettant aux hommes ultra-orthodoxes d’échapper au service militaire.
« Conformément à la directive du Conseil des Sages de la Torah… qui exige que le gouvernement soumette au vote la loi visant à réglementer le statut des étudiants des yeshivot avant l’ouverture de la session d’hiver de la Knesset, ce qui n’a malheureusement pas encore été mis en œuvre, Shas a annoncé son retrait de la coalition », a expliqué le parti dans un communiqué.
Le parti s’est engagé à « continuer à mener la lutte contre la campagne de persécution politique et cruelle dirigée contre les étudiants des yeshivot sacrées, qui étudient la Torah jour et nuit pour le bien de tout Israël et pour le succès des soldats », ajoutant que « lorsque le statut des étudiants des yeshivot sera réglé, Shas reprendra ses fonctions au sein du gouvernement et de la Knesset ».
Dans l’intervalle, il « agira en pleine coordination avec les factions haredim et consultera en permanence le Conseil des Sages de la Torah concernant sa position lors des votes en séance plénière de la Knesset », poursuit le communiqué, laissant entendre que Shas pourrait ne pas se sentir lié par la discipline de la coalition.
Cette décision signifie que les députés Shas ne présideront plus les commissions de l’Éducation, de la Santé et la commission spéciale pour la réduction des inégalités sociales dans les zones périphériques.
Un député du Shas a confirmé que le parti ultra-orthodoxe séfarade faisait toujours partie du bloc de droite à la Knesset, malgré sa décision de démissionner de ses fonctions au sein de la coalition.
« Nous faisons partie de la coalition », a déclaré l’ancien ministre des Affaires religieuses Michael Malkieli. « Le Shas est un parti qui fait partie du bloc de droite, qui a contribué à le construire et qui continuera à le maintenir. »
« Il a été décidé de quitter le gouvernement, et ce matin nous avons démissionné de nos fonctions au sein des commissions, faute de progrès. Nous espérons qu’une solution sera trouvée pour permettre notre retour », a ajouté Malkieli lors d’une conférence organisée par le journal national-religieux Makor Rishon, citée par Arutz Sheva.
En juillet, le parti Yahadout HaTorah avait quitté la coalition de Benjamin Netanyahu après avoir pris connaissance d’une version d’un projet de loi sur l’enrôlement préparé par le président de la commission de la Défense et des Affaires étrangères et Défense de la Knesset de l’époque, Yuli Edelstein, qui prévoyait des sanctions sévères contre les réfractaires à la conscription. Shas avait ensuite quitté le gouvernement à son tour, abandonnant ses portefeuilles ministériels tout en restant membre de la coalition et avait alors conservé la présidence de ses commissions.
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