Conscription des ultra-orthodoxes : l’Union sioniste fait pression sur Yesh Atid
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Conscription des ultra-orthodoxes : l’Union sioniste fait pression sur Yesh Atid

Le député Yoel Hasson a expliqué que le vote de ce texte - que Lapid a juré de soutenir - servira de motion de censure contre le gouvernement Netanyahu

Le député Yoel Hasson (Union sioniste) s'adresse à la Knesset israélienne, dossier (Miriam Alster / FLASH90)
Le député Yoel Hasson (Union sioniste) s'adresse à la Knesset israélienne, dossier (Miriam Alster / FLASH90)

Un haut législateur de la faction d’opposition de l’Union sioniste a cherché samedi à faire pression sur le parti Yesh Atid pour le décider à s’opposer au projet de loi portant sur le recrutement militaire des ultra-orthodoxes et disant qu’un prochain vote du texte deviendrait, dans les faits, une motion de censure contre le gouvernement du Premier ministre Netanyahu.

« La faction de l’Union sioniste va transformer le vote sur la législation consacrée au service militaire en motion de ‘défiance contre le gouvernement Netanyahu’, ce qui signifie que quiconque s’exprimera en faveur de la loi accordera au gouvernement du Premier ministre le feu vert pour continuer », a écrit sur Twitter le député Yoel Hasson, chef de l’opposition.

« Yesh Atid et les formations ultra-orthodoxes doivent décider lundi quel est leur positionnement : pour ou contre le gouvernement », a-t-il ajouté. « Contre la loi et contre le gouvernement : c’est ce qui est attendu de l’opposition ».

Le message de Hasson a semblé s’adresser en premier lieu à Yesh Atid, dont le leader Yair Lapid a juré que sa formation d’opposition soutiendra la loi. Un vote de la part des législateurs de Yesh Atid en soutien au texte pourrait permettre son adoption malgré les menaces proférées par les membres ultra-orthodoxes de la coalition de s’y opposer. Un échec pourrait présager l’effondrement du gouvernement.

La publication sur le réseau social a rapidement fait réagir Ofer Shelah, parlementaire issu de Yesh Atid.

« Pas de leçons à recevoir sur le recrutement ou le travail d’opposition », a rétorqué Shelah sur Twitter. « Yesh Atid continuera à faire ce qui est bon pour l’Etat ».

Yair Lapid, leader du parti Yesh Atid, dirige une réunion de sa faction à la Knesset, le 1er janvier 2018 (Miriam Alster / Flash90)

Dans une publication Facebook datée de dimanche matin, Lapid a défendu sa promesse de soutien de la loi et a tenté de décourager les critiques qui estiment qu’un tel appui pourrait empêcher la chute du gouvernement.

« C’est seulement une phrase que quelqu’un a dit et que tout le monde répète », a écrit Lapid, disant que la coalition survivrait probablement même en cas d’échec du texte à la Knesset.

Tout en reconnaissant que c’est le rôle de l’opposition de défier le gouvernement, Lapid – qui a depuis longtemps fait campagne en faveur de la conscription militaire des membres de la communauté ultra-orthodoxe – a estimé que la législation « est celle pour laquelle Yesh Atid s’est battu depuis le premier jour ».

Ce projet de loi est le produit d’un rapport conçu par une commission du ministère de la Défense qui a été publié au début du mois dernier. Le ministère a qualifié ce cadre défini « d’arrangement durable, réaliste et pertinent » pour le recrutement militaire des ultra-orthodoxes. La proposition établit des objectifs annuels minimum à atteindre dans l’enrôlement militaires des ultra-orthodoxes. En cas d’échec, des sanctions financières seraient imposées aux yeshivas, ou séminaires rabbiniques, dans lesquelles les jeunes étudient.

Les partenaires ultra-orthodoxes de la coalition de Netanyahu, les partis Shas et YaHadout HaTorah, ont menacé de s’opposer à la législation si elle devait avancer et même de déstabiliser la coalition afin de torpiller la mesure.

Dimanche dernier , au cours d’une réunion avec des chefs des partis de sa coalition, Netanyahu a insisté sur le fait que le texte seraient soumis à une première lecture en séance plénière mais qu’après « la première lecture, il y aura une discussion entre tous les partis de la coalition vers un accord plus large en vue des deuxième et troisième lectures ».

Il a écarté les menaces posées à la coalition par les Haredim en disant que « je ne veux pas d’élections, mais je n’ai pas peur des élections. S’il y en a, je serai d’accord ».

Un projet de législation doit passer trois votes en séance plénière pour devenir une loi.

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