« Convention de la droite » : Zemmour jugé pour « provocation à la haine »
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« Convention de la droite » : Zemmour jugé pour « provocation à la haine »

Ce discours, prononcé à l'occasion d'une réunion organisée par des proches de l'ex-députée Marion Maréchal, avait suscité un tollé au sein de la classe politique et des médias

Le polémiste Eric Zemmour à la "Convention de la Droite" à Paris, le 28 septembre 2019. (Crédit : Sameer Al-Doumy / AFP)
Le polémiste Eric Zemmour à la "Convention de la Droite" à Paris, le 28 septembre 2019. (Crédit : Sameer Al-Doumy / AFP)

Le polémiste Eric Zemmour comparaît mercredi à Paris pour injure et provocation à la haine raciale, après sa virulente charge contre l’immigration et l’islam lors d’une « Convention de la droite » en septembre 2019 à Paris.

Ce discours, prononcé le 28 septembre à l’occasion d’une réunion organisée par des proches de l’ex-députée d’extrême droite Marion Maréchal, avait suscité un tollé au sein de la classe politique et des médias, en particulier ceux pour lesquels travaillait M. Zemmour.

Le parquet avait rapidement ouvert une enquête et finalement cité M. Zemmour à comparaître devant le tribunal pour six passages, dans lesquels il s’en prenait aux immigrés « colonisateurs » et à une « islamisation de la rue ». 

« Les caïds et leurs bandes s’allient à l’imam pour faire régner l’ordre dans la rue et dans les consciences, selon la vieille alliance du sabre et du goupillon, en l’occurrence, la kalach et la djellaba », disait-il notamment.

« Je maintiens » et « je n’injurie personne », avait assuré M. Zemmour quelques jours plus tard, en pleine polémique.

Le procès devait avoir lieu initialement en janvier mais il a été renvoyé puis reporté du fait de la crise sanitaire. Le tribunal a prévu d’écouter l’intégralité du discours. Plusieurs associations de lutte contre les discriminations sont parties civiles.

LCI, qui avait diffusé les propos, devra aussi répondre mercredi devant le tribunal : le parquet ne poursuit pas la chaîne mais l’association La Maison des potes l’a elle-même citée à comparaître. 

À l’époque, la Société des journalistes de LCI avait condamné la retransmission en direct et sa direction avait reconnu une « erreur d’appréciation ». Un mois plus tard, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) avait « fermement mis en garde » la chaîne pour cet épisode.

En dépit de l’intense controverse, CNews avait ensuite recruté M. Zemmour pour un nouveau programme. Plusieurs nouvelles déclarations ont depuis suscité l’indignation, poussant CNews à ne plus diffuser l’émission en direct mais en différé. Début décembre, le CSA a aussi mis en demeure la chaîne de respecter ses obligations notamment en termes d’incitation à la haine et à la violence. 

Récemment, M. Zemmour a été condamné définitivement en septembre à 3 000 euros d’amende pour provocation à la haine religieuse, à la suite de propos anti-musulmans tenus en 2016 dans l’émission de France 5 « C à vous ». Il a depuis saisi la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) dans cette affaire, reprochant à la France de violer sa liberté d’expression.

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