Corbyn a tenté de légitimer le fait de dire que l’existence d’Israël est raciste
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Corbyn a tenté de légitimer le fait de dire que l’existence d’Israël est raciste

Le chef du Labour a demandé à ce que ne soit pas considéré comme antisémite le fait de qualifier de "racistes" Israël ou les circonstances de la fondation du pays

Jeremy Corbyn lors d'un événement du Labour à  Stretford, au Royaume-Uni, le 22 mars 2018 (Crédit :  Christopher Furlong/Getty Images)
Jeremy Corbyn lors d'un événement du Labour à Stretford, au Royaume-Uni, le 22 mars 2018 (Crédit : Christopher Furlong/Getty Images)

Le chef du parti du Labour Jeremy Corbyn a tenté – en vain – de convaincre sa formation de déclarer qu’il ne fallait pas considérer comme antisémite le fait de décrire Israël ou les circonstances de sa fondation comme étant racistes.

Lors d’une réunion du comité exécutif du Labour qui a eu lieu mardi, le parti a tardivement approuvé une définition internationale de l’antisémitisme dans une tentative d’apaiser une longue tempête suscitée par l’incapacité du parti Travailliste à éradiquer l’antisémitisme dans ses rangs, et attisée par les propos antisémites qui ont pu être dans le passé prononcés par son chef.

Le comité a adopté la définition de l’antisémitisme mise au point par l’IHRA (International Holocaust Remembrance Alliance) ainsi qu’une vague réserve controversée qui déclare que cette même définition « ne sapera pas la liberté d’expression sur Israël ou les droits des Palestiniens ».

Corbyn a toutefois cherché à diluer davantage la signification de l’adoption de cette définition en tentant également de faire approuver, lors de la rencontre, une déclaration stipulant qu’il ne « doit pas être considéré comme antisémite de décrire Israël, ses politiques ou les circonstances de sa fondation comme racistes ».

Sa proposition n’a pas obtenu de soutien et elle n’a pas été présentée au vote. La définition de l’IHRA sur l’antisémitisme n’interdit pas la critique des politiques israéliennes. Elle établit toutefois qu’il est antisémite d’affirmer que l’existence même d’Israël est raciste.

Corbyn lui-même aurait, dans le passé, contrevenu aux clauses de la définition de l’IHRA et sa tentative avortée de faire approuver son propos peut avoir eu lieu pour éviter d’autres controverses.

Parmi les exemples d’antisémitisme contemporain cités par la définition de l’IHRA, « refuser le droit du peuple juif à l’auto-détermination, ce qui revient à affirmer que l’existence même de l’Etat d’Israël est raciste » – La disposition que Corbyn aurait apparemment cherché à contrer.

Dans les années 1980, Corbyn aurait parrainé un groupe – dans lequel il était actif – appelé le Labour Movement Campaign for Palestine, dont la plateforme officielle déclarait son « opposition à l’Etat sioniste comme étant raciste, fondé sur l’exclusion et une agence directe de l’impérialisme ».

Une autre clause de la définition de l’IHRA définit l’antisémitisme comme « l’établissement de comparaisons entre la politique contemporaine d’Israël et celle des nazis ». Une vidéo apparue le mois dernier a montré Corbyn, en 2013, comparant les actions israéliennes en Cisjordanie à l’occupation de l’Europe par les nazis pendant la Seconde guerre mondiale.

La tentative avortée de Corbyn d’autoriser « la qualification d’Israël, de ses politiques ou des circonstances de sa fondation comme racistes », a été fustigée par le groupe Labour Friends of Israel.

« Il est méprisable mais hautement prévisible que Jeremy Corbyn ait privilégié et combattu pour le droit des antisémites à qualifier le seul état juif dans le monde comme raciste lors d’une rencontre qui était supposée lutter contre l’antisémitisme, » a indiqué sa directrice Jennifer Gerber, selon le Daily Mail. « Il est maintenant encore plus clairement établi que Jeremy Corbyn fait partie du problème, pas de la solution ».

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