Coronavirus : des urnes spéciales pour les Israéliens placés en quarantaine
Rechercher

Coronavirus : des urnes spéciales pour les Israéliens placés en quarantaine

Le ministère de la Santé et la commission centrale électorale se sont arrangés pour les citoyens susceptibles d'avoir été infectés, leur permettant de voter le 2 mars

Les gens portent des masques à l'aéroport international Ben Gurion après des informations sur le virus meurtrier apparu en Chine, qui s'est propagé dans le monde entier, le 17 février 2020 (Crédit :  Avshalom Shoshani/Flash90)
Les gens portent des masques à l'aéroport international Ben Gurion après des informations sur le virus meurtrier apparu en Chine, qui s'est propagé dans le monde entier, le 17 février 2020 (Crédit : Avshalom Shoshani/Flash90)

Un certain nombre d’urnes particulières seront mises à la disposition, le jour du scrutin du 2 mars, des Israéliens susceptibles d’avoir contracté le coronavirus et placés en quarantaine à leur domicile, a fait savoir lundi la commission centrale électorale.

Cette décision a été prise au cours d’une rencontre entre hauts-responsables du ministère de la Santé et de la commission centrale électorale qui ont débattu de l’impact possible du coronavirus meurtrier lors des élections.

Selon la radio militaire, le ministère de la Santé devrait annoncer de nouvelles directives pour les personnes placées en quarantaine, ce qui leur permettrait de sortir pour placer leur bulletin dans l’urne.

Selon la station de radio, des observateurs présents dans ces bureaux de vote particuliers porteront des tenues de protection les protégeant de tout risque de contamination. Ces bureaux de vote seront situés, entre autres, à l’intérieur des hôpitaux.

Le président Reuven Rivlin vote à Jerusalem, le 17 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Après la rencontre, la commission centrale électorale a indiqué que « le ministère de la Santé est l’instance professionnelle responsable de la protection et de la surveillance du public ».

Selon des responsables du ministère de la Santé, il y a actuellement quelques dizaines d’Israéliens sous quarantaine auto-imposée dans le pays.

Ces nouveaux arrangements surviennent vingt-quatre heures après que le ministère de la Santé a fait savoir que les Israéliens revenant de quatre destinations de l’Est-asiatique devraient se placer eux-mêmes en quarantaine pendant deux semaines dans un contexte d’inquiétudes portant sur la propagation du coronavirus.

Les Israéliens s’étant rendus en Thaïlande, à Singapour et dans les régions chinoises semi-autonomes de Hong-Kong et de Macao devront rester à l’isolement, a expliqué le ministère.

Antérieurement, seuls les voyageurs revenant de Chine continentale étaient soumis à cette auto-quarantaine.

Les pays de l’Est-asiatique, et en particulier la Thaïlande, sont des destinations populaires chez les touristes israéliens.

Parmi ceux qui seront touchés par ce placement en quarantaine volontaire au jour des élections : le grand rabbin de Jérusalem Shlomo Amar, qui doit revenir en Israël depuis Singapour à la fin de la semaine.

Les responsables du ministère de la Santé et de la commission centrale électorale se rencontrent pour débattre de l’influence du coronavirus meurtrier sur les élections en Israël, le 17 février 2020. (Crédit : Ministère de la Santé)

Au cours de la réunion de lundi, les inquiétudes ont également porté sur la possibilité que la crainte de l’épidémie ne dissuade les votes dans certains secteurs en raison de la propagation de fausses informations portant sur d’éventuelles contaminations, a noté la Douzième chaîne.

Les responsables ont évoqué des scénarios dans lesquels un parti politique ou des candidats pourraient utiliser des informations mensongères sur des cas de coronavirus dans des zones où ils ne bénéficient que de peu de soutien pour tenter des détourner les électeurs des urnes.

Une ligne d’urgence sera mise en place pour donner des informations aux électeurs inquiets à l’idée de se rendre dans les bureaux de vote à cause du virus, ont ajouté les officiels.

Le coronavirus, connu officiellement sous le nom de COVID-19, est apparu en Chine, où il a fait près de 1 900 morts et où il a infecté des dizaines de milliers de personnes.

Des centaines de cas ont également été découverts dans d’autres pays du monde entier et plusieurs malades sont décédés.

Israël va connaître son troisième scrutin en moins d’un an après que les précédentes élections ont échoué à la formation d’une majorité de coalition, plongeant le pays dans une impasse politique.

Le jour du vote du mois de septembre, le parti du Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu avait installé des dizaines de caméras aux abords des bureaux de vote dans les villes arabes. Il avait laissé volontairement fuiter cette information auprès des médias, apparemment pour décourager les membres de ce groupe minoritaire d’aller mettre leur bulletin dans l’urne.

Il avait été interdit au Likud d’équiper ses représentants, dans les bureaux, de caméras – ce qu’il avait fait au cours du scrutin précédent du mois d’avril, où 1 200 observateurs délégués par la formation politique avaient été dotés de caméras cachées dans les villes arabes.

Le Likud, à l’époque, avait clamé que cette action avait pour objectif de dissuader la fraude électorale qui, selon lui, est largement présente au sein des communautés arabes.

Mais les critiques avaient accusé le parti de procéder à une forme d’intimidation visant à maintenir les minorités non-juives à l’écart des bureaux de vote – une affirmation qui aurait été corroborée par la firme qui avait été contactée par le Likud pour mener l’opération.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...