Coronavirus : El Al suspend ses vols vers la plupart des régions du monde
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Coronavirus : El Al suspend ses vols vers la plupart des régions du monde

La compagnie aérienne affirme qu'elle maintiendra des vols réguliers vers les États-Unis, le Canada, la France et l'Afrique du Sud, alors qu'elle lutte pour rester à flot

Un écran affichant les arrivées montre les vols annulés à l'aéroport international Ben Gurion près de Tel Aviv, le 10 mars 2020. (Jack Guez/AFP)
Un écran affichant les arrivées montre les vols annulés à l'aéroport international Ben Gurion près de Tel Aviv, le 10 mars 2020. (Jack Guez/AFP)

El Al a déclaré jeudi que la compagnie mettait en pause ses vols vers la plupart des régions du monde, mais qu’elle maintiendrait ses lignes vers les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, la France et l’Afrique du Sud, alors que la compagnie aérienne est aux prises avec l’arrêt de presque toutes ses activités commerciales dû au coronavirus.

La compagnie a déclaré qu’elle arrêterait progressivement ses vols vers l’Europe avant dimanche, sauf pour Londres et Paris.

Les vols vers Boston et Mumbai cesseront dimanche ; San Francisco, Moscou et Bruxelles lundi ; et Miami et Los Angeles mercredi.

« Nous suivons la situation et, par responsabilité nationale, nous maintiendrons des liaisons aériennes régulières avec New York, Newark, Toronto, Londres, Paris et Johannesburg pour le transport de passagers et de marchandises », a fait savoir Gonen Usishkin, PDG d’El Al.

La plus grande compagnie aérienne israélienne avait également annoncé mercredi qu’elle mettrait bientôt quelque 80 % de ses effectifs, soit 4 000 employés, en congé sans solde pour une durée indéterminée.

Toutes les branches de l’entreprise seront touchées, y compris la direction, selon des notes de service internes rapportées par des médias en hébreu. Les suspensions commenceront la semaine prochaine. L’entreprise a déjà licencié des centaines d’employés, gelé les embauches et réduit les salaires, y compris ceux des pilotes et de la direction.

El Al était déjà aux prises avec des réductions dramatiques de vols quand Israël a annoncé lundi qu’il étendait son exigence de quarantaine aux voyageurs issus du monde entier, condamnant effectivement tous les voyageurs à un confinement à domicile de deux semaines afin de ralentir l’infiltration du virus dans le pays.

Les représentants de l’industrie du voyage israélienne ont mis en garde contre un « coup de grâce » causé par les mesures restrictives d’Israël, qui ont vidé l’industrie du tourisme de sa substance et ont fait des aéroports et des hôtels des espaces fantômes.

Un nouvel avion d’El Al arrive pour une cérémonie de bienvenue à l’aéroport international Ben Gurion, près de Tel-Aviv, le 19 septembre 2019. (Crédit : Flash90)

Des centaines d’employés d’El Al ont protesté contre les décisions de la direction jeudi à l’aéroport international Ben Gurion, après l’échec des négociations entre les représentants des travailleurs et les dirigeants de l’entreprise la veille.

Mercredi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé un plan de 10 milliards de shekels (2,4 milliards d’euros) pour stabiliser l’économie en raison des dégâts causés par la crise du coronavirus et pour « permettre à l’économie de continuer à fonctionner ».

Dans son dernier rapport à la Bourse de Tel-Aviv, mercredi, El Al a déclaré qu’il se préparait à annuler la plupart des vols à la suite des nouvelles restrictions. Il s’attend maintenant à des pertes de 125 à 143 millions d’euros pour la période de janvier à avril 2020, soit le double des pertes prévues dans son rapport boursier il y a deux semaines.

Le cours de l’action de la compagnie aérienne a chuté de 34 % depuis le début de 2019.

La compagnie serait prête à demander un prêt de 626 millions d’euros au gouvernement pour faire face à la crise.

En plus de transporter des passagers, la compagnie aérienne achemine environ 35 % de toutes les importations et exportations aériennes d’Israël. Environ deux tiers des exportations israéliennes sont transportées par avion, et environ un tiers de toutes les importations.

Pendant ce temps, l’Association des voyages organisés en Israël a déclaré jeudi qu’elle arrêtait complètement ses activités commerciales. Près de la moitié de ses 1 600 employés de bureau seraient licenciés ou mis en congés sans solde, et la semaine prochaine, l’organisation prévoit de licencier 30 % de ses effectifs.

Le groupe a indiqué que près de 4 000 guides touristiques qu’il emploie ne travaillaient déjà plus du tout.

L’Association hôtelière israélienne a quant à elle annoncé jeudi qu’elle s’attendait à des pertes de 10 milliards de shekels (2,4 milliards d’euros) et au licenciement de quelque 17 000 travailleurs.

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