Les exportations d’Israël plus vulnérables à la crise que ses importations
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Les exportations d’Israël plus vulnérables à la crise que ses importations

La plupart des biens arrivent par la mer, alors qu'une majorité de produits sortants, notamment vers les Etats-Unis, partent par voie aérienne

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Des conteneurs de transport au port d'Haïfa. (Crédit photo: Yaakov Nahumi / Flash90)
Des conteneurs de transport au port d'Haïfa. (Crédit photo: Yaakov Nahumi / Flash90)

Les exportations israéliennes, qui sont majoritairement transportées par avion, ont plus de chance d’être impactées par la crise du coronavirus que les importations du pays, qui arrivent majoritairement par la mer.

Environ 66 % des exportations israéliennes en 2018 ont été transportées par avion, et le tiers restant a été acheminé par voie maritime, a fait savoir mardi l’Association israélien des Producteurs.

Les exportations de services israéliens, qui incluent le tourisme, devraient enregistrer des pertes à hauteur de 1,9 milliard de shekels (535 millions de dollars). Le revenu du secteur pour 2019 atteignait les 55,4 milliards de dollars, dont 7,6 milliards de dollars pour l’industrie du tourisme, et 30 milliards de dollars dans la haute technologie.

Les industries de l’aviation et du tourisme ont été frappées très durement par le virus. Une directive de mise en quarantaine générale a été annoncée lundi. Elle impose à tous les voyageurs entrant dans le pays de s’isoler pendant 14 jours et devrait paralyser le tourisme en Israël.

Les secteurs d’exportations de produits devraient enregistrer des pertes de 1,3 milliard de shekel (366 millions de dollars). Environ 30 % des exportations israéliennes sont à destination des Etats-Unis, 23,6 % vers l’Europe et 10 % vers la Chine.

Les avions cargo et les navires ne sont pas soumis aux restrictions de quarantaine, mais environ 54 % des importations et exportations aériennes sont transportées sur des vols passagers.

Environ 36 % des exportations totales par voie aérienne sont pour l’industrie du diamant, qui a peu d’influence sur l’emploi. Les machines, les équipes médicaux et d’optique représentent un tiers de ces exportations.

El Al transporte environ 35 % de toutes les importations et exportations par voie aérienne, a indiqué le quotidien Calcalist, ce qui explique en partie pourquoi le gouvernement a promis de soutenir l’entreprise. El Al a licencié des centaines d’employés, a taillé dans les salaires et devrait demander au gouvernement un prêt de 700 millions de dollars pour survivre à la crise.

Pour les Etats-Unis, 78 % des exportations sont réalisées par voie aérienne car Israël y envoie principalement des diamants, des produits pharmaceutiques et de l’électronique, qui sont majoritairement transportés par voie aérienne.

Les premiers rangs d’un bus public de Jérusalem sont bloqués le 10 mars 2020, dans le cadre des mesures préventives pour limiter la propagation du nouveau coronavirus. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Certaines entreprises peuvent se réorienter vers les navires, mais, pour les compagnies qui doivent honorer des contrats sur une courte période de temps, la solution de la voie maritime n’est peut-être pas la meilleure option.

Dans le même temps, deux-tiers des importations israéliennes arrivent par la mer, ce qui explique pourquoi les officiels du gouvernement semblent relativement peu inquiets à l’idée d’une pénurie de produits de consommation et de matières premières.

Environ 5 milliards de dollars d’importations vont à la médecine, et 12 milliards de dollars pour les équipements électriques, les machines et les équipements d’optique.

21% des importations par voie aérienne viennent des Etats-Unis, environ un tiers de l’Asie et un tiers de l’Europe.

Alors que moins d’Israéliens partent à l’étranger, une augmentation du tourisme domestique pourrait contrebalancer certaines pertes des touristes étrangers, même s’il y a des signes indiquant que certains Israéliens pourrait être réticents à l’idée de faire des déplacements internes et de séjourner dans des lieux de vacances avec des milliers d’autres personnes.

Les entreprises et les officiels du gouvernement s’adaptent à l’épidémie au quotidien : si l’épidémie devient une crise à long-terme, des changements plus importants de politique pourraient être nécessaires.

Mercredi, le gouvernement a annoncé un paquet d’aide d’urgence de 10 milliards de shekels (2,5 milliards d’euros) pour tenter de stabiliser l’économie et d’atténuer certains effets négatifs de la crise du coronavirus.

Environ 8 milliards de shekels seront alloués aux entreprises, 1 milliard de shekels au système de santé, 1 milliard de shekel sera consacré à la lutte contre la propagation du virus et un montant non-spécifié ira à l’industrie de l’aviation, a annoncé le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le Premier ministre a expliqué que le paquet « permettrait à l’économie de continuer à fonctionner ».

Dimanche, Netanyahu a promis 4 milliards de shekels d’aide, qui ont déjà été distribués, selon lui. Les 6 milliards de shekels restants seront distribués immédiatement, a-t-il dit.

Toute entreprise qui a été affectée par le virus pourra réclamer de l’argent au fonds.

Les petites entreprises sont également vulnérables aux fluctuations temporaires des ventes et de la chaîne d’approvisionnement.

Shira Greenberg, l’économiste en chef du ministère des Finances, a déclaré que les ordres de mise en quarantaine annoncés cette semaine coûteront probablement à l’économie 4,3 milliards de shekels par mois.

Des passagers portent des masques pour se protéger du coronavirus à l’aéroport Ben Gurion à proximité de Tel Aviv, le dimanche 8 mars 2020. (AP Photo/Ariel Schalit)

Lundi, la Banque d’Israël a déclaré qu’elle s’attendait à ce que l’épidémie cause une perte de 0,7 % à la croissance israélienne, réduisant la croissance du PIB en 2020 d’environ 2 %. La banque a fait cette annonce avant l’ordre général de mise en quarantaine.

Le système bancaire israélien n’a pas été durement frappé par la crise et est prêt à un futur ralentissement, a déclaré Yaron, en charge de la réaction des banques jusqu’à présent.

Yaron n’a donné aucune indication laissant entendre que la banque baisserait les taux d’intérêt, mais a recommandé que les banques rendent le crédit plus disponible. Les banques d’Israël disposent d’environ 14 milliards de shekels (4 milliards de dollars) en surplus de capital, a-t-il dit.

La bourse de Tel Aviv a plongé ces dernières semaines avec les marchés mondiaux, avec l’index TA-35 qui a chuté de 19,76 % depuis le début de l’année.

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