Coronavirus : Latet lance une nouvelle campagne en aide aux personnes âgées
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Coronavirus : Latet lance une nouvelle campagne en aide aux personnes âgées

"Le but de cette opération critique est de minimiser la propagation du virus en garantissant que les personnes âgées pourront rester à la maison", explique l’organisation

Dés bénévoles de Latet empaquetant des boites pour Pessah. (Crédit photo : Facebook/Latet)
Dés bénévoles de Latet empaquetant des boites pour Pessah. (Crédit photo : Facebook/Latet)

L’ONG israélienne Latet, qui vient notamment en aide aux survivants de la Shoah démunis, a annoncé le lancement d’une nouvelle campagne.

Celle-ci, mise en place dans le cadre de la crise sanitaire du coronavirus, vise à aider les personnes âgées isolées, qui ont un accès insuffisant aux supermarchés ou qui sont confinées chez elles. L’association leur apportera donc de recevoir nourriture et produits d’hygiène.

« Le but de cette opération critique est de minimiser la propagation du virus en garantissant que les personnes âgées pourront rester à la maison », explique l’organisation.

Latet estime à environ 120 000 le nombre de personnes âgées de plus de 75 ans qui ont besoin d’une assistance vitale pour au moins 3 mois – bien que le nombre puisse être revu à la hausse, notamment en raison du manque de nourriture pendant leurs quarantaines et un manque de ressources, notamment chez leurs proches qui pourraient être touchés par cette nouvelle crise économique.

Dans un premier temps, l’association viendra en aide à 15 000 personnes à risque, qui ont reçu l’ordre de minimiser leurs contacts avec l’extérieur.

Si toutes les personnes âgées ont reçu pour conseil de ne plus sortir, Latet se concentrera dans un premier temps sur celles aux ressources limitées.

Les distributions se feront en partenariat avec le ministère de la Santé, l’armée israélienne, les services municipaux et sociaux.

Mardi, Latet et cinq autres autres organisations de distribution alimentaire à but non lucratif d’Israël ont demandé au gouvernement de leur fournir une aide financière afin qu’elles puissent continuer à nourrir les gens dans le besoin, alors que les mesures visant à freiner la propagation du coronavirus mettent à rude épreuve leurs ressources et laissent présager une demande accrue pour leurs services.

Dans une déclaration commune, Leket Israel, Pitchon Lev, Latet, Rabbis for human rights, Shatil et Mazon Israel ont réclamé une aide similaire à celle prévue pour les petites et moyennes entreprises qui seront touchées par les restrictions imposées par le gouvernement pour lutter contre l’épidémie.

La déclaration note qu’un cinquième de la population d’Israël est considéré comme pauvre, selon le rapport sur la pauvreté de 2018 de l’Institut national d’assurance.

Ces personnes « sont maintenant confrontées à une menace existentielle en raison de cette crise » et « la nourriture distribuée par les organisations à but non lucratif est essentielle à leur sécurité alimentaire ».

Les organisations ont averti qu’en raison des licenciements massifs attendus, les entreprises réduisant leurs activités, la demande de nourriture sera encore plus forte, car ceux qui jusqu’à présent n’avaient pas besoin d’aide ont du mal à joindre les deux bouts.

« Cette demande, ainsi que l’incertitude financière en Israël et dans le monde entier, aura également un impact sur environ 15 % des dons prévus pour les organisations à but non lucratif », souligne le communiqué.

Gidi Kroch, PDG de Leket, qui collecte les surplus de nourriture donnés par l’industrie hôtelière et les distribue aux nécessiteux, a indiqué au Times of Israel que les organisations avaient été en contact avec le ministère des Affaires sociales, qui s’est montré compréhensif.

Latet s’est elle spécialisée dans l’assistance aux survivants de la Shoah. Elle est la seule organisation israélienne offrant une aide complète aux survivants vivant dans la pauvreté, avec des paquets alimentaires, restaurations d’appartements et fonds d’urgence pour les soins médicaux. L’association organise aussi des évènements et des soirées à destination des survivants, leur permettant d’entretenir leur vie sociale.

L’an dernier, elle avait organisé une levée de fonds afin de pouvoir acheter des lunettes de vue et payer traitements dentaires et réparations d’appartements aux survivants de la Shoah vivant dans la pauvreté, qui seraient plus de 40 000 en Israël.

En septembre 2018, outre une campagne dans les supermarchés visant à récolter de la nourriture, Latet avait organisé « des repas de Rosh HaShana pour permettre aux survivants de la Shoah qui vivent dans la pauvreté et dans la solitude d’être entourés pendant la fête, et de passer une soirée en sachant qu’on ne les a pas oubliés ». Ces dîners ont eu lieu dans les principales villes en Israël.

Créée en 1996 dans la propre cuisine du fondateur, Gilles Darmon, à Tel Aviv, Latet a dépassé le simple stade d’association pour devenir une quasi-institution israélienne.

Outre son programme d’assistance aux survivants, Latet porte assistance à au moins 60 000 familles en Israël et a un volume d’activité de plus de 85 millions de shekels. En avril 2019, par exemple, à l’occasion de Pessah, l’association et ses bénévoles ont redistribué plus de 11 000 boîtes de nourriture aux familles israéliennes dans le besoin.

Chaque année, le rapport alternatif de Latet sur la pauvreté fait la une des journaux et offre « une photographie indépendante de la question de la pauvreté en Israël », expliquait son patron, également PDG de banques d’affaires, au Times of Israël en français en 2016.

L’association gère également un mouvement de jeunesse dans plus d’une quinzaine de villes de l’ensemble du pays. « Nous sommes pratiquement la seule organisation en Israël à, à la fois, agir sur le terrain et préparer les futures générations israéliennes à assumer leur rôle de solidarité citoyenne, expliquait Darmon. Il faut former au plus tôt les futurs citoyens israéliens à prendre conscience de la responsabilité qu’ils ont vis-à-vis d’autrui et non pas attendre que quelqu’un d’autre fasse le travail à leur place ».

Latet porte aussi plusieurs combats socio-économiques et veut « alimenter le débat sur des réflexions, comme la TVA à 0 % sur les fruits et légumes, la mise en place d’une commission nationale de lutte contre la pauvreté et la création d’un index indépendant du Bitouah Léoumi pour mesurer le phénomène de pauvreté en Israël ».

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