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Analyse

COVID : La situation en Israël expliquée en six graphiques

À la mi-novembre, quand Israël avait senti que le variant Delta avait été vaincu, les cas avaient commencer à augmenter à nouveau. Où en sommes-nous aujourd'hui ?

Une infirmière dans une station de dépistage de Modiin. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)
Une infirmière dans une station de dépistage de Modiin. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Mais où en est donc Israël face à la COVID-19 ?

Alors que le gouvernement et certains de ses conseillers médicaux expriment une préoccupation profonde, et que certains experts suggèrent qu’ils pourraient réagir en cela de manière excessive, il est intéressant de regarder de plus près certains graphiques au centre du débat.

Le premier d’entre eux concerne la statistique dite du « R-0 ».

Ce « R-O », ou nombre de reproduction de base, évalue le nombre de personnes, en moyenne, qui sont contaminées par un seul porteur confirmé du coronavirus.

La raison pour laquelle les décisionnaires politiques accordent une grande importance à cette statistique est qu’elle offre une bonne indication sur la tendance à la hausse – ou à la baisse – du nombre de cas lorsqu’elle est en-dessous ou au-dessus du chiffre 1.

En fait, le nombre de reproduction de base a franchi le seuil de 1 en date du 8 novembre et il n’a cessé d’augmenter depuis, à 1,34 lors du dernier décompte (selon la statistique la plus récente qui a été rendue publique il y a dix jours).

Le « R-O » israélien qui montre combien de personnes en moyenne sont contaminées par un seul porteur confirmé du coronavirus. La date figure sur les abscisses et le « R-O » sur les ordonnées. (Crédit : Ministère israélien de la Santé)

Israël avait le sentiment agréable d’avoir vaincu le variant Delta quand les chiffres sont repartis à la hausse. Fin septembre, il y avait plus de 6 600 cas quotidiens en moyenne. Ce chiffre avait commencé à chuter, atteignant un peu plus de 400 seulement à la mi-novembre, mais avait recommencé ensuite à augmenter – à 1 420 jeudi, ce qui fait une moyenne de 1 014 nouveaux cas par jour pour la dernière semaine.

Il faut noter que cette hausse s’était amorcée environ deux semaines avant le tout premier cas de variant Omicron au sein de l’État juif. Ce qui souligne le fait que l’augmentation en cours n’est que partiellement entraînée par Omicron et même aujourd’hui, les statistiques gouvernementales laissent penser qu’environ un cas sur 10, sur les 9 960 cas actifs de coronavirus qui sont recensés dans le pays, découle d’Omicron.

Le graphique ci-dessous montre à quoi a ressemblé la hausse des cas, avec les moyennes quotidiennes en bleu et une moyenne sur sept jours – qui offre une image plus précise des tendances – en rouge.

Le nombre de nouvelles infections par jour et par date (abscisses). Les statistiques quotidiennes sont en bleu et la ligne rouge montre la moyenne sur sept jours. (Crédit : Ministère israélien de la Santé)

La moyenne quotidienne des nouveaux cas, au cours de la semaine dernière, représente le double de celle de la semaine précédente.

Le graphique suivant, qui ressemble à un escalier qui devient de plus en plus raide avec l’augmentation du nombre de cas, montre clairement cette hausse :

Le nombre quotidien de patients COVID vérifiés traduit en moyennes hebdomadaires. (Crédit : Ministère israélien de la Santé)

Jusqu’à présent, au vu des graphiques, la situation semble appeler au pessimisme : Un « R-0 » en hausse et un nombre de nouveaux cas quotidiens qui grimpe également.

Mais le nombre d’hospitalisations, de son côté, n’augmente pas. En fait, le nombre de malades de la COVID-19 qui se trouvent actuellement à l’hôpital, 123, n’a jamais été aussi bas depuis la quatrième vague.

Le nombre de cas graves reste à 81 contre presque 700 à la fin du mois de septembre dernier.

Le graphique suivant – avec le nombre de cas graves tout en bas, les cas modérés au milieu et les formes légères de la maladie en haut – montre la chute des hospitalisations.

Le nombre de malades du coronavirus hospitalisés (ordonnées) en Israël par date (abscisses) jusqu’au 22 décembre. (Crédit : Ministère de la Santé)

Et Israël ne connaît pas de hausse de la mortalité comme le montre le graphique suivant, avec le nombre de décès (ordonnées) et les dates (abscisses).

Le nombre de décès COVID (ordonnées) en Israël par date (abscisses) jusqu’au 22 décembre. (Crédit : Ministère israélien de la Santé)

Nous savons que les vaccins sont moins efficaces contre Omicron que contre les autres variants, mais des détails plus poussés commencent seulement à émerger.

Une récente étude de l’hôpital Sheba a conclu que les personnes vaccinées avec Pfizer il y a six mois ou plus n’avaient « presque plus » de capacité « de neutralisation » face au variant Omicron tandis que celles qui ont reçu une injection de rappel étaient relativement en bonne posture.

La majorité des Israéliens éligibles au vaccin, dans toutes les catégories d’âge – à l’exception des jeunes enfants qui ne sont éligibles que depuis peu – sont immunisés dans le pays.

Le graphique suivant montre le groupe d’âge (ordonnées), le statut vaccinal (abscisses) avec le premier segment pour chaque catégorie d’âge qui regroupe les personnes totalement immunisées, puis, dans le deuxième segment, les personnes qui ont reçu le vaccin il y a plus de six mois (dont la protection serait largement compromise si elles n’ont pas reçu de rappel), et enfin les personnes non-vaccinées.

Pour les enfants, il n’y a que deux catégories – vaccinés ou non-vaccinés – dans la mesure où presque tous ceux qui ont été immunisés ont reçu leurs deux doses au cours des six derniers mois.

Un graphique montre le statut vaccinal des Israéliens par groupe d’âge. Il montre le groupe d’âge (ordonnées), puis le statut vaccinal (abscisses), avec le premier segment pour chaque catégorie d’âge qui regroupe les personnes totalement immunisées, puis les personnes qui ont reçu le vaccin il y a plus de six mois (dont la protection serait largement compromise si elles n’ont pas reçu de rappel) et enfin les personnes non-vaccinées. (Crédit : Ministère de la Santé)

Certains verront le verre à moitié plein, en se focalisant sur le nombre des personnes qui ont été vaccinées, d’autres verront le verre à moitié vide en se concentrant sur les chiffres des personnes non-vaccinées ou dont le statut immunitaire est dorénavant, selon les dires du gouvernement, largement compromis.

Les graphiques ci-dessus montrent majoritairement ce que nous savons déjà jusqu’à présent. La question est de savoir comment tous ces chiffres vont s’emboîter et quelle sera la situation dans les prochaines semaines.

Sauf surprise majeure, le variant Omicron devrait compter de plus en plus dans les nouveaux cas.

Les unités vides dans les hôpitaux et le taux de mortalité bas sont-ils de bon augure, laissant penser qu’Israël pourra traverser Omicron sans connaître de crise sanitaire majeure ? Ou est-ce trop tôt pour l’affirmer, parce qu’il faut du temps pour qu’un malade infecté par le nouveau variant entre à l’hôpital ?

Encourageant l’optimisme, il y a des données qui suggèrent qu’il y a beaucoup moins de probabilité que l’état des patients atteints par Omicron se dégrade en comparaison avec les autres variants. Ces malades Omicron ont 50 % à 70 % moins de chance de vivre une hospitalisation que ceux qui ont été touchés par Delta, a annoncé jeudi l’agence de santé publique britannique.

D’un autre côté, ce n’est que le début et les données restent préliminaires. Et il est impossible de dire pour le moment que les hôpitaux seront effectivement tirés d’affaires si le variant est, en effet, moins dangereux. Si cette contagiosité accrue d’Omicron devait amener le nombre de cas à se multiplier massivement, et même si une petite proportion seulement des cas devait terminer à l’hôpital, les médecins pourraient être encore une fois débordés et le taux de mortalité pourrait grimper.

En définitive, même les données les plus détaillées et les connaissances les plus sages des experts ne peuvent nous dire avec certitude à quoi ressemblera demain.

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