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Covid : Un cas d’Omicron en Israël suscite un optimisme prudent

Le nombre de cas confirmés du variant devrait augmenter, mais le médecin qui pourrait être atteint de la souche ne semble avoir infecté qu'une seule autre personne

Un technicien teste un passager pour le COVID-19 à l'aéroport international Ben Gurion, le 30 juin 2021. (Avshalom Sassoni/Flash90)
Un technicien teste un passager pour le COVID-19 à l'aéroport international Ben Gurion, le 30 juin 2021. (Avshalom Sassoni/Flash90)

Le nombre d’Israéliens qui ont officiellement contracté le variant Omicron du coronavirus devrait augmenter considérablement d’ici la fin de la semaine, dans l’attente des résultats définitifs concernant quatre personnes qui auraient déjà été testées positives à la souche hautement mutée une fois, ainsi que plus d’une dizaine d’autres cas suspects.

Mais même en attendant les résultats officiels, qui devraient être confirmés, les autorités pourraient glaner quelques informations auprès d’au moins un des patients, qui pense avoir contracté le variant au Royaume-Uni quelques jours avant qu’elle ne soit signalée en Afrique du Sud, et qui n’a apparemment infecté pratiquement aucune des dizaines de personnes qu’il a côtoyées avant d’être testé positif.

Le ministère de la Santé a précisé mercredi que seules deux personnes en Israël ont été confirmées à ce jour comme ayant contracté Omicron, contredisant ainsi l’hôpital Sheba près de Tel Aviv, qui a annoncé mardi que deux cardiologues y avaient également été testés positifs au virus.

Les deux médecins attendent toujours les résultats du séquençage génétique pour confirmer qu’ils sont porteurs de la nouvelle souche Omicron et non de la variante Delta ou de toute autre version du coronavirus qui cause le COVID-19, selon les informations de la Douzième chaîne.

La chaîne a rapporté que deux autres personnes ont également été testées positives à l’Omicron par des tests PCR, mais aucun détail sur ces deux personnes n’a été communiqué.

La déclaration du ministère de la Santé mercredi, qui ne mentionne pas les médecins ou les deux autres cas possibles, indique qu’il y a 17 cas suspects, ainsi que 17 autres cas classés comme « suspects potentiels ».

Le ministère n’a pas précisé la méthode qu’il avait utilisée pour déterminer si un patient est un porteur suspect d’Omicron, et il n’est pas clair si les médecins de Sheba, dont l’histoire a attiré l’attention du monde entier, présentaient des marqueurs plus répandus que les 15 autres cas suspects.

Dr. Elad Maor (Crédit : hôpital Sheba)

Les autorités sanitaires affirment que le variant Omicron, comme le variant Alpha, est détectable par certains tests PCR via une méthode connue sous le nom de « S-gene drop out » signifie « l’abandon du gène S », dans laquelle un certain gène révélateur est absent. Des études ont montré que l’indicateur « S-gene drop out » est un marqueur fiable des variantes, bien que le séquençage génétique soit encore nécessaire pour confirmer les résultats.

« Si vous devez faire un séquençage pour identifier la variante, vous serez toujours un peu en retard et cela coûtera plus cher. Si vous vous fiez simplement à ce « S-gene drop out » comme identification, c’est plus facile », a déclaré Trevor Bedford, biologiste et expert en génétique au Fred Hutchinson Cancer Research Center.

L’un des médecins de l’établissement Sheba, Elad Maor, a déclaré au Guardian qu’il pensait avoir contracté le virus à Londres, où il a assisté à une conférence du 19 au 23 novembre. Si tel est le cas, cela signifierait que la variante circulait au Royaume-Uni quelques jours avant que l’Afrique du Sud ne tire la sonnette d’alarme au sujet de la nouvelle souche.

« J’ai contracté l’Omicron à Londres, c’est certain », a déclaré Maor au Guardian. « C’est intéressant parce que c’était il y a 10 jours à Londres – vraiment, vraiment tôt ».

Selon le journal britannique, les photos de la conférence montrent que beaucoup des plus de 1 200 participants ne portaient pas de masque.

Maor, qui a été vacciné trois fois, a déclaré que le test était négatif à son retour en Israël le 23 novembre, mais qu’il a ensuite commencé à ressentir de légers symptômes et que quatre jours plus tard, un test a confirmé qu’il était atteint du COVID-19.

 » La seule explication raisonnable est que j’ai été infecté le dernier jour de la réunion – peut-être à l’aéroport, peut-être à la réunion « , a-t-il déclaré.

Dans les jours qui se sont écoulés entre son retour de voyage et son test positif, Maor a pratiqué des interventions sur 10 patients, partagé un trajet de 90 minutes en voiture avec un collègue, mangé dans une cafétéria bondée, assisté à un récital de piano et participé à un grand dîner avec des proches, a-t-il déclaré au New York Times.

Pourtant, sur les 50 personnes en contact avec lui, la seule à avoir un résultat positif au test Omicron était le collègue avec lequel il était en voiture, ce qui rend les chercheurs optimistes quant à la possibilité que le variant ne soit pas aussi contagieux qu’on le craignait, du moins chez les personnes vaccinées.

Des médecins dans le service d’isolement du coronavirus de l’hôpital Sheba à Ramat Gan, le 30 juin 2020. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Sa femme, qui l’accompagnait à Londres, n’a pas non plus été testée positive. « C’est rassurant, je pense », a-t-il déclaré au Guardian. « Je pense que la transmissibilité de ce [variant] n’est pas complètement différente ou extrêmement différente de ce que je connais du Delta ».

Beaucoup d’inconnues subsistent tout de même quant au nouveau variant qui a été identifiée pour la première fois en Afrique du Sud, notamment son degré de contagion. Elle contient un grand nombre de mutations qui, selon les scientifiques, pourraient la rendre plus résistante aux vaccins actuels que la variante Delta, actuellement dominante.

Les deux femmes infectées en Israël étaient une touriste du Malawi et une Israélienne récemment rentrée d’Afrique du Sud. Selon un communiqué du ministère de la Santé, la Malawite a été vaccinée avec le vaccin COVID-19 d’AstraZeneca, tandis que l’Israélienne a reçu trois doses du vaccin de Pfizer-BioNTech. Aucune information n’a été fournie sur leur état de santé.

Thabisle Khlatshwayo reçoit sa deuxième injection dans un centre d’essai de vaccins pour AstraZeneca à l’hôpital Chris Sani Baragwanath de Soweto, près de Johannesburg, en Afrique du Sud, le 30 novembre 2020. (Crédit : AP Photo/Jerome Delay)

Toutefois, les experts affirment que les personnes vaccinées dont on a confirmé qu’elles étaient porteuses de la mutation ne semblent présenter que des symptômes légers. Il a été prouvé que le vaccin réduit le risque de maladie grave et de décès, et les chercheurs affirment qu’il est raisonnable de penser qu’il offre également une protection contre la variante Omicron.

Aux États-Unis, qui ont rejoint 23 autres pays pour signaler les cas d’Omicron jusqu’à présent mercredi avec leur premier cas confirmé, le secrétaire à la Santé de Californie, le Dr Mark Ghaly, a déclaré que la maladie légère du patient « témoigne de l’importance des vaccinations. »

Jenny Harries, qui dirige l’Agence de sécurité sanitaire du Royaume-Uni, a déclaré que, bien que la compréhension de la variante Omicron soit encore incertaine, les responsables espèrent que l’extension du déploiement des rappels permettra « dans une certaine mesure de contrer la baisse potentielle de l’efficacité du vaccin que nous pourrions constater avec cette variante. »

Maor a déclaré au New York Times que son cas « bénin » s’était manifesté par un alitement pendant deux jours avec de la fièvre, un mal de gorge et des membres douloureux, mais il craignait que cela aurait pu être bien pire.

« Malgré tout, malgré les vaccins et le rappel, je suis resté au lit pendant 48 heures », a déclaré Maor depuis son isolement. « Si je n’avais pas eu le vaccin, j’aurais probablement fini à l’hôpital ».

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