Craignant les frappes d’Israël, la Russie veut éloigner l’Iran de la frontière
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Craignant les frappes d’Israël, la Russie veut éloigner l’Iran de la frontière

Des sources à Jérusalem pensent que Poutine va essayer de maintenir la Force al-Qods et d'autres milices chiites à au moins 60 km d'Israël pour protéger le régime d'Assad

Cette photo publiée par les médias iraniens montre la base aérienne T-4 dans le centre de la Syrie après une attaque de missiles lundi 9 avril 2018. (Médias iraniens)
Cette photo publiée par les médias iraniens montre la base aérienne T-4 dans le centre de la Syrie après une attaque de missiles lundi 9 avril 2018. (Médias iraniens)

La Russie envisage d’essayer de repousser les forces iraniennes et leurs alliés de la frontière nord d’Israël, craignant que les frappes israéliennes répétées ne sapent l’emprise du président syrien Bashar el-Assad sur le pays, a rapporté le quotidien Haaretz lundi, citant des sources israéliennes de sécurité et diplomatiques à Jérusalem.

Selon le rapport, la Russie a décidé de travailler à un accord pour le retrait des troupes iraniennes à la suite d’une lourde attaque israélienne contre des cibles iraniennes en Syrie le 10 mai. Les raids aériens ont eu lieu après que la Force al-Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique iranien a lancé 32 roquettes sur la ligne défensive avancée d’Israël à la frontière du plateau du Golan.

Israël a reconnu avoir mené plusieurs raids aériens sur des cibles iraniennes en Syrie, et il est soupçonné d’en avoir mené plusieurs autres la semaine dernière, lorsqu’une base aérienne militaire dans l’ouest de la Syrie a été frappée lors de raids aériens.

Une grande partie de l’infrastructure iranienne est installée sur des bases syriennes et Israël a aussi fréquemment attaqué les défenses aériennes syriennes lors de frappes sur des cibles iraniennes.

L’effort préventif de l’armée israélienne contre l’Iran et ses alliés en Syrie est connu collectivement sous le nom d’“Opération Chess”.

Une carte illustrant les localisations des frappes israéliennes en Syrie en réponse à une attaque iranienne présumée sur le plateau du Golan, le 10 mai 2018 (Forces de défense israéliennes)

Cependant, la semaine dernière, l’Iran semblait rejeter les remarques du dirigeant russe selon lesquelles la République islamique devrait retirer ses forces de Syrie après qu’un règlement politique a été conclu dans ce pays déchiré par la guerre.

« Personne ne peut forcer l’Iran à faire quoi que ce soit », a déclaré Bahram Qasemi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, selon le site Web d’information Tasnim.

La Russie aurait également tenté récemment d’impliquer les États-Unis dans un accord visant à apporter la stabilité à la Syrie, qui a été ravagée par la guerre civile au cours des sept dernières années.

Jérusalem veut que les troupes iraniennes et les milices chiites alliées se situent à au moins 60 kilomètres des hauteurs du Golan, la frontière nord d’Israël avec la Syrie.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est entretenu à plusieurs reprises avec le président russe Vladimir Poutine et a souligné qu’Israël ne permettra pas à l’Iran et aux milices chiites soutenues par Téhéran de maintenir un pied en Syrie près de la frontière israélienne.

En novembre dernier, la Russie aurait conclu un accord avec les Iraniens selon lequel ils ne se rapprocheraient pas à moins de cinq kilomètres de la frontière israélienne, mais dans la pratique, Téhéran a ignoré cela, et des membres des Gardiens de la révolution ont été vus quelquefois tout près de la frontière.

Israël estime qu’il y a actuellement quelque 2 000 soldats iraniens en Syrie, a rapporté Haaretz, ainsi que près de 9 000 miliciens chiites d’Afghanistan, du Pakistan et d’Irak et 7 000 autres membres du groupe terroriste du Hezbollah.

Le président russe Vladimir Poutine (à droite) avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au Kremlin à Moscou, le 9 mai 2018. (Crédit : SERGEI ILNITSKY/AFP)

Dimanche, Netanyahu a déclaré à son cabinet qu’Israël prenait des mesures contre la fabrication d’armes au Liban et menaçait de poursuivre les combats avec l’Iran.

« Nous nous efforçons d’empêcher l’Iran d’obtenir des armes nucléaires. En même temps, nous travaillons contre l’établissement d’une présence militaire iranienne contre nous ; à cette fin, nous agissons également contre le transfert d’armes meurtrières de la Syrie au Liban ou leur fabrication au Liban », a indiqué M. Netanyahu.

« Toutes ces armes sont destinées à être utilisées contre l’État d’Israël et nous avons le droit – sur la base du droit à la légitime défense – d’empêcher leur fabrication ou leur transfert », a-t-il ajouté. Netanyahu n’a pas précisé quelles mesures étaient prises contre les armes au Liban.

Jeudi soir, une base aérienne militaire dans l’ouest de la Syrie a été frappée par un raid aérien, provoquant de grosses explosions, qui ont été entendues dans toute la région, ont rapporté les médias d’Etat.

La base aérienne de Dabaa, également connue sous le nom de base aérienne d’Al-Qusayr, et les environs sont connus pour être un bastion du Hezbollah et des milices soutenues par l’Iran. Il aurait également été frappé par Israël lors d’escarmouches contre les forces syriennes et iraniennes le 10 mai.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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