Crise financière inédite au ministère des Affaires étrangères israélien
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Crise financière inédite au ministère des Affaires étrangères israélien

Les diplomates, disant avoir averti "encore et encore" du manque de fonds, qualifient de "sans précédent" l'ordre du ministère des Finances de cesser la majorité de leurs activités

Des gens réunis devant le bâtiment du ministère des Affaires étrangères de Jérusalem, le 15 novembre 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des gens réunis devant le bâtiment du ministère des Affaires étrangères de Jérusalem, le 15 novembre 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministère des Affaires étrangères a annoncé dimanche qu’il se trouvait dans l’obligation de geler la majorité de ses activités diplomatiques dans le monde en raison d’un manque de financement.

Le ministère a dit avoir reçu cette instruction du comptable général du ministère des Finances au regard d’un « déficit budgétaire grave ».

« Le principal effet de cette mesure est qu’au cours de cette période sensible, alors que nous faisons face à des défis diplomatiques et stratégiques – le premier d’entre eux étant la menace représentée par l’Iran et ses groupes mandataires, et à la veille de l’Assemblée générale des Nations unies – le ministère des Affaires étrangères et ses missions à l’étranger seront presque entièrement paralysés », a noté le ministère dans un communiqué.

Parmi les activités qui ont été suspendues, entre autres, les voyages à l’étranger des diplomates, la formulation de nouveaux traités et la mise en œuvre d’initiatives, l’accueil des délégations de diplomates et journalistes étrangers à Jérusalem, les rénovations et la maintenance du siège du ministère.

Le ministère a qualifié l’intervention du ministère des Finances de « sans précédent ».

Tout en reconnaissant être confronté à un grave déficit, le ministère des Affaires étrangères a estimé qu’il résultait d’un sous-financement constant de la part du ministère des Finances, contre lequel il avait mis en garde « encore et encore ».

Le ministre des Affaires étrangères Israel Katz arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 24 juin 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le chef de la diplomatie, Yisrael Katz, s’efforce de résoudre la crise, a assuré le ministère.

« Nous espérons que les opérations vitales de sécurité nationale et de renforcement du statut d’Israël dans le monde reprendront leur cours habituel », peut-on lire dans le communiqué.

Cette décision survient moins de deux mois après la signature d’un accord avec le ministère des Finances, qui établissait, dans le principe, une hausse substantielle de son budget. Cet accord avait amené les employés des Affaires étrangères à annuler une grève au cours de laquelle les missions israéliennes auraient cessé leurs opérations chaque jour sur un continent différent.

Ces derniers avaient annoncé au mois de juin qu’ils allaient renforcer leur mouvement de protestation après la décision du gouvernement de réduire des dépenses de 1,2 milliard de shekels dans le secteur de la diplomatie.

Cette baisse serait venue davantage paralyser le budget déjà réduit du ministère des Affaires étrangères, entraînant une détérioration des services offerts dans les ambassades de l’Etat juif.

Au mois de mai, un rapport du contrôleur de l’Etat d’alors, Yossef Shapira, avait affirmé que certains envoyés israéliens ainsi que leurs personnels vivaient dans des conditions déplorables lorsqu’ils se trouvaient en poste à l’étranger. Le rapport avait également indiqué qu’un grand nombre des 250 biens immobiliers et résidences du personnel placés sous l’autorité du ministère se trouvaient dans un état de grand délabrement.

Il avait par ailleurs détaillé les plaintes soumises par l’ambassadeur au Nigeria qui évoquait les rats et les poux hantant la résidence officielle, notant par ailleurs que l’envoyé, au Brésil, dormait sur un matelas posé à même le sol.

Les diplomates s’étaient mis en grève en raison des salaires et des querelles budgétaires en 2014, puis en 2016, reprochant au ministère des Finances de traîner des pieds dans la mise en œuvre d’un précédent accord d’indemnisation.

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