De la viande de porc déposée devant des synagogues à Genève et Lausanne
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De la viande de porc déposée devant des synagogues à Genève et Lausanne

Un paquet de lardons et un cochon en peluche ont été déposés devant la synagogue de Lausanne ; du filet de porc a été étalé et lancé sur la synagogue libérale de Genève

À gauche : le cochon en peluche et le paquet de lardons déposés devant la synagogue de Lausanne le 30 janvier. À droite : un des paquets de filet de porc retrouvé devant le centre communautaire du GIL à Genève, le 3 février. (Crédit : CICAD)
À gauche : le cochon en peluche et le paquet de lardons déposés devant la synagogue de Lausanne le 30 janvier. À droite : un des paquets de filet de porc retrouvé devant le centre communautaire du GIL à Genève, le 3 février. (Crédit : CICAD)

La Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (CICAD) a condamné dans un communiqué envoyé ce vendredi des intimidations antisémites survenues ces derniers jours à Genève et Lausanne, en Suisse.

Samedi 30 janvier, un paquet de lardons et un cochon en peluche ont été déposés devant la synagogue de Lausanne. Et mercredi 3 février, à Genève, une individu a voulu souiller les portes de la synagogue de la Communauté juive libérale avec des tranches de porc, avant de les jeter vers l’édifice.

Deux femmes seraient responsables des faits selon la CICAD, chacune agissant individuellement. L’association a annoncé sa volonté de déposer plainte.

La Ville de Lausanne condamne fermement ce geste, a déclaré à l’agence de presse Keystone-ATS le conseiller municipal Pierre-Antoine Hildbrand, en charge notamment de la sécurité, évoquant un « sentiment de répulsion » pour ces faits.

La synagogue de Lausanne. (Archipat / CC BY-SA 3.0)

« Cet incident est loin d’être anodin car il n’est pas sans rappeler la Judensau (littéralement en allemand : ‘Truie des Juifs’), terme utilisé pour désigner des motifs animaliers métaphoriques apparus au Moyen-Âge dans l’art chrétien anti-Juifs et dans les caricatures antisémites presque exclusivement dans les pays de langue germanique », a écrit la CICAD.

« L’utilisation du thème du cochon vise à humilier, car le porc est considéré comme un animal impur et interdit à la consommation selon les lois de la cacheroute. Des actes de cette nature sont une insulte à l’égard de tout Juif et qui prennent une dimension hautement symbolique lorsqu’ils sont commis sur une synagogue. »

À quelques semaines de la publication de son rapport annuel sur la situation de l’antisémitisme en Suisse, la CICAD « ne peut que renouveler son inquiétude face à un climat nauséabond. L’antisémitisme reste très vivace : il s’agit de faits graves qui doivent interpeller nos autorités et plus largement nos concitoyens ».

En 2019, si le nombre d’actes antisémites avait globalement diminué en Suisse romande (114 actes enregistrés), ceux graves et sérieux avaient augmenté (14 actes en 2019 contre 6 en 2018).

En Suisse alémanique, 523 actes antisémites ont été comptabilisés en 2019, dont 485 incidents en ligne, a rapporté la Radio fréquence Jura.

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