Augmentation des cas graves et sérieux d’antisémitisme en Suisse romande
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Augmentation des cas graves et sérieux d’antisémitisme en Suisse romande

Selon le dernier rapport de la CICAD, si le nombre d’actes a globalement diminué, ceux graves et sérieux ont augmenté

Logo de la Cicad. (Crédit: capture d'écran Cicad.ch)
Logo de la Cicad. (Crédit: capture d'écran Cicad.ch)

L’association suisse la CICAD, la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation, a publié en début de semaine dernière un rapport sur l’antisémitisme en Suisse romande (la Suisse francophone), disponible sur le site de l’organisation.

« Avec 114 actes enregistrés, le rapport de la CICAD pour l’année 2019 s’achève avec une augmentation des actes sérieux et préoccupants (14 actes en 2019 contre 6 en 2018) », a déploré l’organisation.

Parmi ces actes graves, la CICAD note l’agression de jeunes athlètes israéliennes, menacées et insultées dans un bus TPG ; des menaces de mort contre des enfants juifs se rendant à l’école ; la profanation de la stèle en mémoire des victimes de la Shoah ; un cri « Heil Hitler » adressé à un groupe de rabbins ; le dépôt d’excréments aux abords d’une synagogue genevoise ; et une mezouza arrachée à Genève.

Le document a néanmoins noté une baisse du nombre global d’actes antisémites en Suisse romande, passant de 174 à 114 entre 2018 et 2019, notamment grâce à une meilleure modération sur Internet, a expliqué Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de l’association, sur Radio fréquence Jura.

Un tableau de la CICAD sur l’évolution des actes antisémites de 2009 à 2019. (Crédit : CICAD / Rapport sur l’antisémitisme en Suisse romande en 2019)

La CICAD a réparti les actes antisémites en quatre catégories : ceux qui évoquent une théorie du complot juif (51 %) ; ceux liés à la Shoah et au négationnisme (26 %) ; les actes antisémites ciblés (14 %) ; et la nazification d’Israël et l’antisionnisme (9 %).

« Les négationnistes constituent une nébuleuse faible en nombre de personnes mais toujours active en Suisse », explique l’organisation. « De nouveaux acteurs de la sphère négationniste s’ajoutent aux négationnistes connus et actifs depuis des dizaines d’années. »

« Le plus grand groupe d’incidents antisémites en ligne s’appuie sur les théories du complot, toutes basées sur la ‘conspiration juive mondiale’ », a ajouté l’étude. « Un phénomène qui continue à se répandre tant en Suisse qu’à l’échelle mondiale. Comme nous l’avons vu cette année et les années précédentes, les auteurs des derniers grands attentats d’extrême-droite (Pittsburgh, Christchurch, Powary, Halle) ont tous justifié leurs attaques par la soi-disant ‘théorie du grand remplacement’. Ces théories du complot doivent être considérées comme très dangereuses. Les mots tuent et de simples paroles peuvent malheureusement être suivies d’actes meurtriers. »

La CICAD s’alarme également du terrorisme islamique, rappelant que la menace reste élevée dans le pays depuis 2015.

« Face à ces phénomènes discriminatoires, la CICAD se mobilise quotidiennement en faveur des victimes tout en adoptant une approche proactive de sensibilisation, d’éducation », explique l’organisation. « Les autorités doivent, quant à elles, prendre les mesures qui s’imposent et soutenir des programmes dans les domaines de l’éducation, de la formation et de la protection juridique. »

En Suisse alémanique, 523 actes antisémites ont été comptabilisés l’an dernier, dont 485 incidents en ligne, a rapporté la Radio fréquence Jura.

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