De nombreux Libanais saluent la solidarité et l’aide d’Israël, selon Jérusalem
Rechercher

De nombreux Libanais saluent la solidarité et l’aide d’Israël, selon Jérusalem

Contrairement à des messages sur les réseaux sociaux et au silence officiel sur les offres d'aides d'Israël, des "milliers" de Libanais se seraient réjouis de ce soutien

L'hôtel de ville de Tel Aviv, sur la place Rabin, est illuminé du drapeau libanais, en solidarité avec les victimes de l'explosion de Beyrouth, le 5 août 2020. (Miriam Alster/Flash90)
L'hôtel de ville de Tel Aviv, sur la place Rabin, est illuminé du drapeau libanais, en solidarité avec les victimes de l'explosion de Beyrouth, le 5 août 2020. (Miriam Alster/Flash90)

Alors que de nombreux Libanais ont rejeté les gestes de solidarité d’Israël et les offres d’aide israélienne après l’explosion meurtrière dans le port de Beyrouth, des milliers de citoyens du pays sinistré auraient accueilli favorablement l’aide d’Israël, a déclaré vendredi le ministère des Affaires étrangères à Jérusalem.

L’explosion, qui a apparemment été causée par la combustion de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium, a fait au moins 150 morts, plus de 5 000 blessés et 300 000 sans-abri.

Jérusalem a reçu des milliers de réponses positives aux offres d’Israël, selon Yonatan Gonen, qui dirige le département des nouveaux médias en langue arabe du ministère.

« Je remercie du fond du cœur le puissant et humaniste peuple israélien. Nous vous aimons depuis le Liban, et tout le Liban est avec vous », a écrit une personne du Liban.

« Merci beaucoup au peuple israélien pour ces initiatives humanitaires et bénies. Que Dieu vous bénisse », a écrit un autre.

Un troisième utilisateur a qualifié Israël « d’État frère », a déclaré M. Gonen.

« C’était très excitant de recevoir les messages de remerciement et d’appréciation des résidents du Liban pour les initiatives de solidarité de la part des résidents d’Israël et de la municipalité de Tel Aviv », a déclaré Gonen au Times of Israël.

« Nous avons reçu de tels messages à la fois sur Facebook et Instagram. En outre, nous avons également reçu de nombreuses réponses positives de résidents d’autres pays arabes, notamment d’Irak, d’Égypte et même de Syrie. L’une des personnes qui a répondu à nos messages a écrit qu’on lui avait appris à détester Israël et qu’elle était maintenant impressionnée par les gestes israéliens. »

Les différents comptes du ministère des Affaires étrangères sur les réseaux sociaux reçoivent des milliers de messages chaque jour, et les responsables qui les gèrent n’ont pas pu tous les lire, a déclaré M. Gonen.

Un hélicoptère de l’armée libanaise largue de l’eau sur la scène de l’explosion qui a frappé la zone du port de Beyrouth, au Liban, le 5 aout 2020. (Hussein Malla/AP)

Mercredi, de nombreux autres Libanais avaient utilisé Internet pour exprimer leur colère contre la municipalité de Tel Aviv qui a projeté un drapeau libanais sur la façade de son bâtiment, et les offres d’aide médicale israélienne ont été ignorées par les autorités libanaises.

« Bien sûr, ils hissent maintenant notre drapeau, mais bientôt, ils détruiront notre pays et violeront sa souveraineté », avait écrit un utilisateur de Twitter.

En utilisant le hashtag « Nous n’en voulons pas », de nombreux Libanais ont exprimé leur rejet à la fois de la solidarité israélienne et des offres d’aide médicale. Certains ont également partagé les remarques de l’homme politique Moshe Feiglin, chef du parti Zehut, qui a déclaré que l’explosion du port de Beyrouth était une « merveilleuse célébration ».

« En tant que citoyen libanais, cela me déshonore que Tel Aviv fasse preuve de solidarité avec le Liban. Quiconque fait circuler ces photos sera considéré comme un collaborateur », a écrit un autre utilisateur à propos du bâtiment municipal éclairé.

Certains utilisateurs – en particulier ceux qui soutiennent le Hezbollah – ont déclaré qu’ils aspiraient à la violence.

« C’est nous qui allons illuminer Tel Aviv – avec nos missiles. Tel Aviv est déjà illuminée par le fantôme d’Imad et de Jihad [Mughniyeh] », a écrit Mohammad Ali Sakr, en référence à deux dirigeants du groupe terroriste – un père et son fils – prétendument tués par Israël.

« Nous ne voulons rien de vous, vous êtes nos ennemis… Vous qui avez tué les enfants de Cana », a écrit Saad Dairi. Environ 106 civils libanais sont morts lors de l’incident survenu en 1996 dans le village de Cana, lorsqu’Israël a bombardé une position des Nations unies pour tenter de riposter aux tirs du Hezbollah. Le Premier ministre de l’époque, Shimon Peres, avait exprimé sa « surprise amère », constatant que des civils se trouvaient dans la région.

D’autres ont publié des photos de Ramallah, où la principale station de radiodiffusion de l’Autorité palestinienne avait également été éclairée par une projection du drapeau libanais.

Israël a mené deux grandes guerres contre les forces libanaises, dont beaucoup dans le pays se souviennent douloureusement. En 1982, Israël a procédé à une invasion après des attaques transfrontalières répétées de l’Organisation de libération de la Palestine, et a fini par occuper une bande du Sud-Liban jusqu’en 2000. En 2006, les forces israéliennes sont à nouveau entrées au Liban suite à l’enlèvement de deux soldats israéliens par le Hezbollah.

« Israël est la plus grande source de martyrs et de blessés dans tout le Liban… C’est le mal absolu. Il est interdit de travailler avec lui », a écrit Jamal Chaiito, en publiant des photos de destruction de la première guerre du Liban et de l’incident de Cana.

Certains semblent ne pas être d’accord, affirmant accueillir favorablement l’aide israélienne.

« Mais nous la voulons, c’est-à-dire la paix. Au diable les idées iraniennes », a écrit Hussein Nasr, qui se décrit lui-même comme un résident du Sud-Liban.

Par le passé, Tel Aviv a illuminé son hôtel de ville aux couleurs d’autres pays en proie à des catastrophes. En mai 2017, pour la première fois, la municipalité avait fait illuminer le drapeau d’un pays arabe, celui de l’Egypte, après une attaque contre les coptes chrétiens. Néanmoins, contrairement au Liban, l’Égypte a un accord de paix et des liens avec Israël.

Israël a annoncé mardi soir qu’il avait tendu la main pour offrir une aide humanitaire au Liban. La catastrophe a poussé au bord du gouffre le Liban, déjà en proie à une crise économique sans précédent, et les hôpitaux ont eu du mal à faire face à l’afflux de blessés.

« Ce soir, nous illuminerons l’hôtel de ville avec le drapeau du Liban. L’humanité passe avant tout conflit, et notre cœur est avec le peuple libanais après la terrible catastrophe qui l’a frappé », avait écrit le maire de Tel Aviv, Ron Huldai, sur Twitter.

Yair Netanyahu, le fils du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a tweeté qu’il était opposé à l’affichage de ces couleurs, prétendant faussement que c’était illégal. Le bureau du Premier ministre a cependant publié une photo du drapeau libanais, accompagnée d’une déclaration affirmant « son soutien au peuple libanais ».

De nombreux autres pays, dont la Jordanie, l’Iran et les Émirats arabes unis, ont également illuminé de grands bâtiments publics pour exprimer leur solidarité avec les victimes des explosions.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...