Début de la « route américaine » reliant les implantations près de Jérusalem
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Début de la « route américaine » reliant les implantations près de Jérusalem

Un agent de la ville a déclaré à Reuters que le projet réduirait les temps de trajet à Jérusalem-Est, mais un ministre de l'AP a déclaré qu'il "isolait les quartiers palestiniens"

Construction d'un nouveau tunnel pour décongestionner la circulation entre Jérusalem et Gush Etzion, 14 février 2020. (Gershon Elinson/Flash90)
Construction d'un nouveau tunnel pour décongestionner la circulation entre Jérusalem et Gush Etzion, 14 février 2020. (Gershon Elinson/Flash90)

Israël a commencé à construire une route de contournement reliant les implantations de Cisjordanie à Jérusalem, dans le cadre d’un projet baptisé « La route américaine » qui devrait coûter plus de 250 millions de dollars, selon un nouveau rapport.

La route reliera les implantations au nord et au sud de la capitale à la ville, tout en réduisant les temps de trajet pour les quartiers de Jérusalem-Est, ont déclaré des responsables de la ville à Reuters lundi. Elle devrait être achevée à l’été 2021, selon le rapport.

Le projet porte le nom d’une route inachevée, vieille de plusieurs décennies, qui traverse le sud-est de Jérusalem et sur laquelle une entreprise américaine a travaillé dans les années 1960. La construction a été abandonnée après la guerre des Six Jours en 1967.

Fadi Al-Hidmi, le ministre palestinien des Affaires de Jérusalem, a déclaré à l’agence de presse que le projet « isole les quartiers palestiniens de la ville les uns des autres ». Les responsables de Jérusalem rétorquent qu’il bénéficiera aux résidents juifs et arabes de Jérusalem.

« Il ne réunit pas les implantations. Il ne s’agit pas d’unifier les frontières ou les limites municipales », a déclaré le maire adjoint Arieh King, membre du conseil municipal d’extrême droite. « Mais cela les relie davantage au niveau quotidien, que ce soit dans le domaine des études, du tourisme ou du commerce. Et puis en pratique, cela fait de Jérusalem une immense métropole ».

Selon les critiques, cette route compromet la possibilité d’un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale, coupant ces quartiers de la Cisjordanie.

Un avocat israélien représentant les familles touchées par la construction a déclaré que ces projets d’infrastructure équivalaient à une « annexion de facto » de territoires par Israël.

Daniel Seidemann a rejeté les arguments selon lesquels la route profiterait également aux habitants de Jérusalem-Est en tant que « retombées collatérales ».

Une fois terminée, la route reliera les implantations au sud de Jérusalem à celles au nord et à l’est de la ville, telles que Maale Adumim.

En mars, le ministre de la Défense de l’époque, Naftali Bennett, a ordonné l’avancement des plans de construction d’une autoroute pour les automobilistes palestiniens qui les éloignera de la zone E1 controversée – une section de la Cisjordanie entre Jérusalem et Maaleh Adumim – où Israël poursuit la construction pour les résidents des implantations.

Ces projets de construction s’inscrivent dans un contexte où l’on parle de plus en plus d’une éventuelle annexion israélienne de certaines parties de la Cisjordanie, qui pourrait commencer en juillet dans le cadre du plan de paix Trump.

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