Début des travaux pour la première implantation en Cisjordanie depuis 25 ans
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Début des travaux pour la première implantation en Cisjordanie depuis 25 ans

Le Premier ministre a annoncé le début des travaux d'Amichai, qui accueillera les expulsés d'Amona ; l'AP dénonce une “tentative de déjouer les efforts de paix de Trump”

Les anciens résidents d'Amona accrochent un panneau où est écrit "Construisez maintenant !" aux abords de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 2 mars 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les anciens résidents d'Amona accrochent un panneau où est écrit "Construisez maintenant !" aux abords de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 2 mars 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Israël a entamé mardi la construction d’une nouvelle implantation en Cisjordanie, la première depuis 25 ans.

La nouvelle implantation, appelée Amichai, permettra de reloger les résidents de l’avant-poste illégal d’Amona, qui avait été évacué au mois de février après un jugement parce qu’il était situé sur des terrains palestiniens privés.

« Aujourd’hui, les travaux ont débuté sur le terrain, comme je l’avais promis, pour créer une nouvelle implantation pour les habitants d’Amona », a écrit Netanyahu sur Twitter, au-dessus d’une photo d’une pelleteuse et d’une foreuse s’activant sur une colline rocailleuse.

« Après des décennies, j’ai le privilège d’être le Premier ministre qui construit une nouvelle implantation en Judée Samarie », a écrit Netanyahu.

La Judée Samarie est le terme biblique désignant la zone également connue sous le nom de Cisjordanie, l’un des territoires conquis par Israël au cours de la guerre des Six Jours de 1967.

La nouvelle implantation – qui sera située à proximité de celles de Shiloh et d’Eli, au nord de Ramallah – sera la première à être construite depuis la signature des accords de paix d’Oslo en 1993 entre Israéliens et Palestiniens.

Les travaux consistent pour le moment à aplanir le terrain afin d’accueillir une dizaine de mobile-homes, a indiqué un porte-parole à l’AFP. Toutefois, les plans de construction doivent encore, à l’heure actuelle, franchir plusieurs étapes d’approbation en termes de planification.

Cette annonce intervient au lendemain de l’arrivée de Jason Greenblatt, l’envoyé du président américain Donald Trump qui doit rencontrer des responsables israéliens et palestiniens pour tenter de relancer des négociations interrompues pour la dernière fois au printemps 2014. Il sera rejoint mercredi par le gendre et conseiller de Trump, Jared Kushner.

Une vue partielle des caravanes démantelées de l'avant-poste d'Amona placées dans l'implantation de Shiloh, en Cisjordanie, le 31 mars 2017. (Crédit : Thomas Coex/AFP)
Une vue partielle des caravanes démantelées de l’avant-poste d’Amona placées dans l’implantation de Shiloh, en Cisjordanie, le 31 mars 2017. (Crédit : Thomas Coex/AFP)

Netanyahu avance en terrain miné, entre la requête de Trump de « faire preuve de retenue » sur les activités d’implantation de manière à ne pas compromettre les initiatives de paix, et les pressions constantes exercées par la droite de son parti et de sa coalition, qui veut étendre la construction d’implantations et même annexer des sections de la Cisjordanie.

L’Autorité palestinienne (AP) a estimé que ces travaux sont une initiative visant à saper les efforts de paix mis en œuvre par les Etats-Unis.

Nabil Abu Rudeineh (à gauche), porte-parole du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, accueille le chef de l'opposition israélienne, Isaac Herzog (au centre), au siège de l'AP à Ramallah, en Cisjordanie, le 19 août 2015. (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Nabil Abu Rudeineh (à gauche), porte-parole du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, accueille le chef de l’opposition israélienne, Isaac Herzog (au centre), au siège de l’AP à Ramallah, en Cisjordanie, le 19 août 2015. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

« C’est une grave escalade et c’est une tentative qui vise à déjouer les efforts de l’administration américaine et à frustrer ceux du président américain Donald Trump », a commenté Nabil Abu Rudeineh dans un communiqué de presse publié sur le site du média officiel de l’AP, Wafa.

Rudeineh a affirmé que la date choisie pour le début des constructions de la nouvelle implantation, qui coïncide « avec l’arrivée des émissaires du président américain [Jared Kushner et Jason Greenblatt] dans la région, montre qu’Israël ne s’intéresse pas aux efforts de paix et veut les déjouer, comme cela a déjà été le cas avec les précédentes administrations américaines. »

Lundi, Netanyahu a déclaré lors de la réunion du groupe parlementaire du Likud qu’il « n’y a pas de meilleur gouvernement pour les implantations que le nôtre« .

Il a répété ces propos mardi sur Twitter.

Naftali Bennett, président de HaBayit HaYehudi, a marqué l’occasion en levant son verre aux côtés des chefs d’implantation.

L’un des membres de son parti, le député Moti Yogev, a écrit : « Nous portons un toast au début des travaux de la communauté d’Amichai pour les évacués d’Amona. Nous espérons que les travaux seront rapides pour mettre fin très bientôt à la souffrance des résidents. »

Les évacués d’Amona ont réagi avec prudence à l’annonce des travaux sur le terrain, disant qu’ils « prient » pour que l’ouvrage progresse « sans interférence et sans interruption. »

« Toute l’opinion publique attend que le Premier ministre n’autorise aucun élément ennemi, qu’il soit de gauche, judiciaire ou bureaucratique, à interrompre les travaux », ont-ils affirmé dans un communiqué.

« Cette réussite, la construction d’une nouvelle communauté en Judée Samarie, ne peut se permettre de se transformer en échec ou en farce. »

Le communiqué a répété que le gouvernement ne pouvait permettre aux « organisations gauchistes ou à n’importe quel élément gauchiste de déterminer une fois encore la réalité. »

L’AFP et Dov Lieber ont contribué à cet article.

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