Des Israéliens d’origine éthiopienne ont bloqué des routes à Tel Aviv
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Des Israéliens d’origine éthiopienne ont bloqué des routes à Tel Aviv

La ville blanche a été bloquée alors que les manifestants se rassemblaient contre le racisme institutionnel présumé contre la communauté qui sévit au sein de la police

Des Éthiopiens israéliens manifestent contre la violence policière, le 30 janvier 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Des Éthiopiens israéliens manifestent contre la violence policière, le 30 janvier 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Tel-Aviv et les principales routes qui y mènent ont presque été bloquées mercredi après-midi alors que plus d’un millier d’Israéliens d’origine éthiopienne et leurs partisans ont bloqué plusieurs artères et carrefours clés en signe de protestation contre le racisme institutionnel présumé et les brutalités policières racistes.

Bien que la manifestation d commencer à 15 heures, des dizaines de manifestants sont arrivés plus tôt et se sont immédiatement répandus dans l’intersection Begin-Kaplan, adjacente à la gare de Hashalom, bloquant la circulation dans toutes les directions.

La manifestation, autorisée par la police – mais pas dans le but de bloquer l’intersection – a débuté au complexe Azrieli de Tel-Aviv et devait se poursuivre en direction de la place Rabin. On s’attendait à ce que le nombre de participants augmente considérablement en fin d’après-midi et en soirée.

La communauté LGBT a lancé un appel à ses membres pour qu’ils soutiennent le rassemblement, a rapporté la Douzième chaîne. La police assurant la sécurité de l’événement a reçu l’ordre de faire preuve de retenue, selon le rapport.

Les organisateurs d’un rassemblement des Israéliens éthiopiens protestant contre la violence policière à leur encontre avaient appelé manifestants et policiers, mardi, à ne pas verser dans la violence.

L’appel à manifester survient après la mort d’un Israélien d’origine éthiopien tué par un policier mi-janvier, laquelle a déclenché la colère de la communauté éthiopienne. Yehuda Biadga, 24 ans, a été abattu le 18 janvier dans sa ville de Bat Yam alors qu’il se serait rué, un couteau à la main, sur l’officier de police, avait expliqué la police.

Les forces de l’ordre ont démenti que la décision d’ouvrir le feu était liée aux origines de Biagda, expliquant que l’officier jugeait sincèrement que sa vie était en danger. L’incident fait l’objet d’une enquête, et le policier a été mis en congés de ses fonctions.

L’organisateur, Shahar Molla, a déclaré lors d’une conférence de presse que la manifestation était « justifiée » et que les promesses de changement formulées après les protestations de masse organisées en 2015 contre la discrimination policière n’avaient pas été tenues.

« Chaque jour, nous sommes confrontés à de nouveau incidents violents contre notre jeunesse, » a-t-il ajouté.

Il indique par ailleurs que les organisateurs appellent à un rassemblement pacifiste.

« C’est la police qui essaye de nous décrire comme violents, » a-t-il accusé.

Yehuda Biadga (Crédit: capture d’écran Twitter)

Les organisateurs demandent au gouvernement la tenue d’une réunion d’urgence au sujet de la mort du jeune Israélien ainsi qu’une enquête spéciale menée par un juge, indépendante de l’enquête interne de la police en cours.

Pour Molla, la police des polices a « perdu la confiance de notre communauté, elle n’est pas efficace, nous comprenons qu’elle ne puisse pas nous donner de réponse. »

Le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, a indiqué qu’il avait ordonné aux forces de police encadrant la manifestation qu’elles soient équipées de caméras individuelles. Cette annonce survient après les demandes de Tebeka, une ONG d’assistance juridique destinée à la communauté israélo-éthiopienne, que le ministre prenne des mesures « afin d’empêcher un nouvel incident de violence inutile », a rapporté la chaîne d’informations Hadashot.

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