Décès de Claude Goasguen, figure de la droite française et ami d’Israël
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Décès de Claude Goasguen, figure de la droite française et ami d’Israël

Partisan d'une droite "décomplexée", le responsable politique parisien, qui s'est éteint à l'âge de 75 ans des suites du coronavirus, a longtemps manifesté son soutien à Israël

Le député Claude Goasguen prononce un discours alors qu'il participe à une réunion organisée à Paris par le CRIF dans le cadre des cérémonies de commémoration des sept victimes des attentats de Montauban et Toulouse, deux ans après les faits, le 19 mars 2014. (Crédit : Thomas SAMSON / AFP)
Le député Claude Goasguen prononce un discours alors qu'il participe à une réunion organisée à Paris par le CRIF dans le cadre des cérémonies de commémoration des sept victimes des attentats de Montauban et Toulouse, deux ans après les faits, le 19 mars 2014. (Crédit : Thomas SAMSON / AFP)

Claude Goasguen, député Les Républicains et figure de la droite parisienne, est décédé jeudi matin à l’âge de 75 ans d’un « arrêt cardiaque » alors qu’il se remettait tout juste du coronavirus, ont annoncé sa famille et son entourage à l’AFP.

En réanimation pendant « 22 jours » à cause du coronavirus, l’ancien maire du XVIe arrondissement de Paris « allait mieux » et « remarchait », mais il a connu par la suite des complications cardiaques et est décédé à 9H00 à l’hôpital Corentin-Celton d’Issy-Les-Moulineaux.

Partisan d’une droite « décomplexée », le responsable politique a notamment été président du groupe parlementaire d’amitié France-Israël et a longtemps manifesté son soutien aux politiques israéliennes.

En 2017, il avait appelé à transférer l’ambassade de France à Jérusalem, s’alignant sur les Etats-Unis.

En 2016, avec le député Meyer Habib, M. Goasguen avait été filmé portant une kippa dans les couloirs de l’Assemblée nationale, après qu’un dirigeant de la communauté juive de Marseille avait appelé les Juifs à retirer leur kippa par mesure de sécurité, à la suite d’agressions antisémites dans la ville.

M. Goasguen s’était rendu en Israël en 2012 avec une délégation qui a rendu hommage aux victimes de l’attaque de l’école juive Ozar HaTorah de Toulouse.

Il a également exprimé à de nombreuses reprises son rejet de l’antisémitisme et a participé à de nombreux évènements de la communauté juive parisienne.

« Je suis totalement solidaire d’Israël, mon grand regret est de ne pas être Juif moi-même », avait-il exprimé l’année dernière.

Le maire du 16e arrondissement Claude Goasguen salue la foule lors d’une manifestation à Paris contre la conférence de paix au Moyen-Orient qui se déroule dans la capitale française, le 15 janvier 2017. (Crédit : Pierre CONSTANT / AFP)

De nombreuses associations juives et responsables communautaires ont salué sa mémoire sur Twitter, et notamment le grand rabbin de France Haïm Korsia, le président du CRIF Francis Kalifat et l’UEJF (hommages à retrouver en fin d’article).

« C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris le décès de Claude Goasguen, un ami personnel et un fidèle des combats pour la justice, la paix et la vérité sur Israël », a écrit M. Korsia. « Son engagement sans commune mesure et sa détermination à être toujours présent dans les moments difficiles et douloureux sont le signe d’un homme vrai, qui va beaucoup nous manquer‬. »

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui salué un « merveilleux ami d’Israël, qui a courageusement combattu l’antisionisme ».

« Je voudrais adresser mes sincères condoléances ainsi qu’au nom des citoyens d’Israël, à la famille du député français et ancien ministre Claude Goasguen décédé après être tombé malade du Coronavirus », a écrit le dirigeant israélien.

« Claude était un merveilleux ami de l’État d’Israël qui s’est battu courageusement contre l’humeur antisioniste. Il nous a soutenus même dans les moments les plus difficiles. Je pleure le décès d’un grand ami de notre peuple et de mon ami personnel. Nous nous souviendrons toujours de lui », a-t-il ajouté.

« Israël et moi avons perdu aujourd’hui un grand ami », a quant à elle écrit Aliza Bin Noun, ancienne ambassadrice d’Israël en France.

Outre les réactions de dirigeants israéliens et de représentants de la communauté juive de France, de nombreux responsables de tout le spectre politique français lui ont également rendu hommage, et parmi eux Nicolas Sarkozy, Richard Ferrand, Christian Estrosi, François Bayrou, Agnes Buzyn, Thierry Mariani, Rachida Dati, François Pupponi, Christian Jacob, Nicolas Dupont-Aignan, Anne Hidalgo, Laetitia Avia, Jean Leonetti, Eric Ciotti, Gérard Larcher, Valérie Pécresse, Franck Riester, Stanislas Guerini, Isabelle Balkany, Bruno Retailleau, Marine Le Pen, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Hugues Renson ou encore Jean-Luc Mélenchon.

L’Elysée a également réagi par un communiqué, le président de la République Emmanuel Macron saluant « une grande voix politique qui manquera au débat républicain ».

Claude Goasguen était devenu en novembre le conseiller politique de Rachida Dati dans la campagne des municipales à Paris, après avoir entretenu des relations tendues avec la candidate LR.

Il avait auparavant prôné une alliance entre son parti et LREM dans l’objectif de « battre Anne Hidalgo », la maire socialiste.

Orateur pugnace, le député de Paris fut aussi un éphémère ministre de la Réforme de l’Etat dans le premier gouvernement d’Alain Juppé en 1995.

Outre ce passage au gouvernement, il siégeait à l’Assemblée quasiment sans discontinuité depuis 1993. Il avait été maire du XVIe arrondissement de Paris de 2008 à 2017, avant de choisir son mandat de député, en raison de l’interdiction du cumul des mandats.

Il s’était notamment illustré en 2016 en se faisant le fer de lance de l’opposition virulente de certains habitants du très chic arrondissement parisien contre un centre pour SDF installé en lisière du Bois de Boulogne. Il avait comparé le projet à « Sangatte », en référence à l’ancien centre pour migrants de Calais, donnant un an plus tard son aval à l’ouverture d’un deuxième centre.

Successivement UDF, puis Démocratie libérale (Alain Madelin), il avait été membre du conseil des fondateurs de l’UMP en 2002.

L’an dernier, pour la présidence de LR, il avait soutenu Julien Aubert, l’un des représentants de la branche souverainiste, face notamment à Christian Jacob.

Conseiller de Paris à partir de 1983, Claude Goasguen avait été adjoint de la municipalité sous les mandats de Jacques Chirac et Jean Tiberi, aux Relations internationales, puis à la vie scolaire et universitaire.

Au moment du décès de Jacques Chirac en septembre, il avait salué « un modèle », qui lui avait « tout appris de la politique ».

Claude Goasguen – à Paris – Reconnaissance de l’État palestinien : les associations juives manifestent à Paris – 2 décembre 2014 (Crédit : Glenn Cloarec/Times of Israël)

Né le 12 mars 1945 à Toulon, cet avocat de profession a notamment été doyen de la Faculté de droit et sciences politiques de Paris XIII (de 1982 à 1986) et chargé de conférences à HEC.

Il avait été président de la Corpo d’Assas, syndicat étudiant proche d’Occident, mais avait démenti avoir appartenu au mouvement d’extrême droite, contrairement à Gérard Longuet, Alain Madelin ou Patrick Devedjian.

Fier de ses origines provinciales, il ne manquait pas de rappeler qu’il était venu à Paris pour un parcours universitaire « d’excellence ».

Il a été inspecteur général de l’Education nationale (1987-2003) ainsi que recteur d’académie, directeur du CNED (1987-1991).

Il était membre de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée et membre de plusieurs groupes d’études notamment sur les chrétiens d’Orient, l’antisémitisme ou les Kurdes.

Chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur et de l’ordre national du mérite, M. Goasguen était marié et père de deux enfants.

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