Deri regrette de ne pas avoir œuvré pour que Gantz reste dans la coalition
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Deri regrette de ne pas avoir œuvré pour que Gantz reste dans la coalition

David Bitan, député du Likud, rapporte avoir dit à Netanyahu que c'était une "erreur" de ne pas donner à Gideon Saar un poste ministériel dans le dernier gouvernement

Le président du parti Shas et ministre de l'Intérieur Aryeh Deri, (au centre), le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le leader de Kakhol lavan Benny Gantz, à la Knesset, le 4 novembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)
Le président du parti Shas et ministre de l'Intérieur Aryeh Deri, (au centre), le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le leader de Kakhol lavan Benny Gantz, à la Knesset, le 4 novembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Le leader du Shas et ministre de l’Intérieur Aryeh Deri a admis jeudi qu’il aurait dû redoubler d’efforts pour empêcher l’effondrement du gouvernement d’union entre Benjamin Netanyahu et Benny Gantz.

« Je pense que c’est une énorme erreur de la part de [Netanyahu] et de moi-même de ne pas nous être battus davantage pour que le gouvernement ne soit pas dissous, c’était un excellent gouvernement », a déclaré Deri à la radio de l’armée jeudi matin. « Je suis désolé de ne pas m’être battu plus fort, de ne pas en avoir fait davantage… c’était une erreur et c’était une perte pour l’État d’Israël, surtout quand je vois quelle est l’alternative. »

Après trois élections consécutives, le Likud de Netanyahu et les partis Kakhol lavan de Gantz ont convenu de former une coalition d’unité en avril 2020. Mais un peu plus de six mois après sa formation, le gouvernement a été dissous lorsque les parties n’ont pas pu se mettre d’accord sur l’adoption d’un budget pour 2020, et une nouvelle élection a été convoquée pour mars 2021. Cette démarche a été largement perçue comme étant orchestrée par Netanyahu afin d’éviter de céder le poste de Premier ministre à Gantz, comme le stipulait l’accord de coalition qui les lie.

Deri a suggéré que, malgré le fait que Gantz ait été un membre loyal du gouvernement, il porte sa part de responsabilité. « Il n’a pas pris la tête du mouvement contre [le ministre Kakhol lavan de la Justice Avi] Nissenkorn », qui s’est opposé à Gantz pour faire des concessions sur le budget, a déclaré Deri. « Je pense que Netanyahu est coupable, je pense que Gantz est également coupable et moi aussi – je l’admets, je n’en ai pas fait assez… J’aurais dû me battre davantage et taper sur la table pour obtenir l’adhésion des deux parties. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (de dos) se dirige vers son rival Benny Gantz (au centre) alors qu’ils se préparent à poser pour une photo de groupe lors de la prestation de serment de la 22e Knesset à Jérusalem, le 3 octobre 2019, avec d’autres chefs de parti dont Avigdor Liberman (à gauche) et Aryeh Deri (à droite). (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le leader du Shas a également critiqué les propos controversés tenus en début de semaine par les leaders du parti Yahadout HaTorah, Moshe Gafni et Yaakov Litzman – lors d’une conférence de presse à laquelle il a également participé – critiquant le leader de Yamina, Naftali Bennett, le Premier ministre désigné, pour avoir rejoint le gouvernement de changement.

Gafni a qualifié Bennett « d’impie » et Litzman a déclaré qu’il « devrait enlever sa kippa… pour qu’au moins les gens puissent comprendre qu’il est réformé ».

« Nous sommes tous Juifs et personne n’a le droit de dire qui est plus Juif ou moins Juif », a déclaré Deri jeudi. « Nous sommes tous Juifs, cela ne fait pas de différence de savoir quel type de kippa on porte ou si c’est une kippa invisible. »

Le ministre de la Santé Yaakov Litzman s’exprime lors d’une conférence de presse au Bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 12 mars 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Mais Deri a également défendu Litzman comme quelqu’un qui a « consacré sa vie à l’État et au peuple juif », et a déclaré que ses mots de colère « émanaient de la douleur profonde… ne le jugez pas pour ses mots ».

Le ministre de l’Intérieur a déclaré qu’il soutenait pleinement une passation de pouvoir pacifique – mais qu’il continuerait à se battre pour faire tomber le gouvernement entrant.

« Si le gouvernement est investi, je lui remettrai le flambeau de la manière la plus organisée possible », a déclaré Deri. « J’aiderai la personne qui me remplacera, je l’accueillerai et lui apporterai toute l’aide dont elle a besoin. »

Mais « nous ferons tomber ce gouvernement très bientôt, vous verrez », a-t-il ajouté. « Ce gouvernement n’a rien en commun, sauf la haine de Netanyahu, et nous réussirons à le briser. »

Le député du Likud David Bitan a fait écho à ces mots dans sa propre interview, peu après Deri.

« Je lui donne un an, au maximum », a déclaré Bitan à la radio de l’armée au sujet de la nouvelle coalition. « Le premier à partir sera [le leader de Raam Mansour] Abbas », a-t-il prédit, « qui ne sera pas en mesure de gérer les critiques de la communauté arabe, surtout s’il y a [des combats] avec Gaza. »

Le député du Likud David Bitan lors d’une commission à la Knesset, à Jérusalem, le 31 juillet 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Mais Bitan, un fidèle de longue date de Netanyahu, a également émis de légères critiques à l’encontre du Premier ministre.

« Bien sûr, c’était une erreur » de ne pas donner à Gideon Saar un poste ministériel lorsque le gouvernement d’union a été formé l’année dernière, a déclaré Bitan, qui a admis avoir suggéré cela à Netanyahu à l’époque.

Saar, qui a été membre du Likud pendant plus d’une décennie, s’est présenté sans succès contre Netanyahu lors d’une primaire de leadership en décembre 2019. Lorsque le gouvernement a été formé en 2020, Netanyahu a informé Saar – ancien ministre de l’Intérieur et de l’Education – qu’il ne recevrait pas de poste au sein du cabinet, dans un geste largement considéré comme une revanche pour sa contestation du leadership. Fin 2020, Saar a annoncé qu’il quittait le Likud et fondait son propre parti, Tikva Hadasha.

« Personne ne s’attendait à ce qu’un homme qui n’a pas été choisi pour être ministre fasse tomber le Likud simplement parce qu’il n’a pas été nommé ministre », a déclaré Bitan. « Il y a une différence entre se présenter dans son propre parti et ce qu’il a fait maintenant » en se joignant à Yair Lapid pour évincer Netanyahu.

Dimanche, la Knesset doit voter sur l’investiture du 36e gouvernement d’Israël, une coalition de huit partis qui verra Bennett et Lapid se succéder au poste de Premier ministre. Si elle est confirmée, l’alliance improbable des partis de droite, de gauche, du centre et islamiste chassera Netanyahu du pouvoir après 12 ans.

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