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Dernier jour d’audience dans le procès de Ghislaine Maxwell à New York

L'ancienne partenaire de Jeffrey Epstein a refusé de témoigner à son procès, se bornant seulement à déclarer que l'accusation n'avait pas prouvé sa culpabilité

Dans ce croquis de salle d'audience, Ghislaine Maxwell, à gauche, est assise à la table de la défense avec l'avocat de la défense Jeffrey Pagliuca tout en écoutant le témoignage dans son procès pour abus sexuel, le 16 décembre 2021, à New York. (Crédit : Elizabeth Williams via AP)
Dans ce croquis de salle d'audience, Ghislaine Maxwell, à gauche, est assise à la table de la défense avec l'avocat de la défense Jeffrey Pagliuca tout en écoutant le témoignage dans son procès pour abus sexuel, le 16 décembre 2021, à New York. (Crédit : Elizabeth Williams via AP)

Les procureurs et les avocats de la défense ont débuté lundi leurs réquisitoires et plaidoiries au procès à New York pour crimes sexuels de la mondaine britannique Ghislaine Maxwell, ancienne partenaire de Jeffrey Epstein, avant qu’un jury ne se retire pour délibérer.

Ghislaine Maxwell, âgée de 59 ans, fait face à une très longue peine de prison si elle est reconnue coupable d’avoir fourni des jeunes filles mineures à Jeffrey Epstein -un financier multimillionnaire de la jet-set américaine- afin qu’il les exploite sexuellement.

Le jury doit atteindre une décision à l’unanimité pour déclarer Ghislaine Maxwell coupable. Si ce n’est pas le cas, la juge Alison Nathan pourrait alors annuler le procès qui devrait repartir de zéro.

Depuis le début des audiences le 29 novembre, les procureurs ont cherché à dépeindre cette Britannique -qui possède également la nationalité américaine et française – comme la complice entre 1994 et 2004 de Jeffrey Epstein qui s’est suicidé en prison deux ans auparavant dans l’attente de son propre procès.

Ghislaine Maxwell, fondatrice du projet TerraMar, assiste à une conférence de presse sur la question des océans dans les objectifs de développement durable, au siège des Nations unies, le 25 juin 2013. (Crédit
: United Nations Photo/Rick Bajornas via AP, File)

Au fil du procès, quatre femmes ont apporté leurs témoignages à l’encontre de la fille de l’ancien magnat des médias Robert Maxwell.

Deux des témoins ont ainsi affirmé qu’elles n’avaient pas plus de 14 ans quand Ghislaine Maxwell les avait incitées à prodiguer des massages à Jeffrey Epstein, ceux-ci s’achevant par des actes sexuels.

L’une d’elles, connue sous le pseudonyme « Jane », a détaillé comment Ghislaine Maxwell l’avait recrutée à un camp de vacances et l’avait fait se sentir « spéciale ».

« Jane » a également raconté comment les rencontres et les actes sexuels avec Jeffrey Epstein étaient devenus une routine, avec la présence parfois de Ghislaine Maxwell.

Jeffrey Epstein, (au centre), comparaît devant un tribunal de West Palm Beach en Floride, le 30 juillet 2008. (Uma Sanghvi/Palm Beach Post via AP)

Une autre témoin, « Carolyn », a déclaré qu’elle était habituellement payée 300 dollars après chaque rencontre sexuelle avec Jeffrey Epstein, et que souvent Ghislaine Maxwell donnait l’argent elle-même.

Une troisième femme, Annie Farmer, désormais âgée de 42 ans, accuse Mme Maxwell de lui avoir caressé la poitrine dans le ranch détenu par Jeffrey Epstein au Nouveau-Mexique, alors qu’elle était adolescente.

Refus de témoigner

Pour la défense en revanche, Ghislaine Maxwell est un « bouc-émissaire », utilisée pour juger les crimes de Jeffrey Epstein en son absence.

Ses avocats ont également exprimé des doutes sur la capacité des témoins à se souvenir d’événements vieux de plus de 25 ans, affirmant que de « faux souvenirs » s’étaient implantés dans les esprits de ces femmes, notamment en raison d’une pression médiatique intense.

Audrey Strauss, procureur américain par intérim du district sud de New York, montre une photo de Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell lors d’une conférence de presse à New York, le 2 juillet 2020. (Crédit : AP Photo/John Minchillo, File)

Ghislaine Maxwell a refusé de témoigner à son procès, se bornant seulement à déclarer que l’accusation n’avait pas prouvé sa culpabilité.

« Votre honneur, le ministère public n’a pas fourni de preuve au-delà du doute raisonnable, je n’ai donc pas besoin de témoigner », a-t-elle affirmé vendredi.

Il était attendu que le procès aille jusqu’en janvier, mais Ghislaine Maxwell pourrait désormais connaître son sort avant le 25 décembre, jour de son 60e anniversaire.

Si le jury ne parvient pas à un verdict d’ici mercredi soir, ils se sépareront pour le week-end de Noël avant de se réunir à nouveau lundi 27 décembre.

Ghislaine Maxwell plaide non coupable de tous les chefs d’accusation pour lesquels elle encourt jusqu’à 80 ans de prison, dont un maximum de 40 ans pour trafic de mineurs.

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