Des activistes israéliens traitent des soldats près de Gaza de « terroristes »
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Des activistes israéliens traitent des soldats près de Gaza de « terroristes »

Dans une vidéo, une organisation israélienne s’est opposée à des troupes près de la frontière de Gaza, leur affirmant qu'ils participaient à un "massacre de civils innocents"

Capture d'écran d'une vidéo montrant des militants de gauche affirmant aux soldats israéliens basés à la frontière avec la bande de Gaza qu'ils sont des « terroristes » qui « massacrent des civils innocents » (Facebook)
Capture d'écran d'une vidéo montrant des militants de gauche affirmant aux soldats israéliens basés à la frontière avec la bande de Gaza qu'ils sont des « terroristes » qui « massacrent des civils innocents » (Facebook)

Des militants de la gauche israélienne ont interpellé des soldats à la frontière avec la bande de Gaza. Les activistes les ont insultés de « terroristes » qui participent à un « massacre de civils innocents », selon des images publiées plus tôt cette semaine.

Le clip a été partagé lundi sur la page Facebook de Ronnie Barkan, co-fondateur du mouvement Boycott From Within, un groupe israélien qui soutient le boycott du pays.

Dans la vidéo, on voit plusieurs soldats informer les activistes que la zone est une zone militaire fermée, alors que la caméraman répète aux soldats qu’ils ont été endoctrinés par le système éducatif de sorte à ce qu’ils rejoignent une « armée terroriste ».

Confronting Israeli terrorists outside Gaza

Confronting Israeli terrorists during a solidarity action outside the #Gaza ghetto, April 6th, 2018. 11 Palestinians were executed by ITF soldiers that day, including 2 children. May they rest in peace.עימות עם טרוריסטים במהלך פעולת סולידריות מחוץ לגטו עזה, 6.4.18. אחד עשר פלסטינים הוצאו להורג ע"י חיילי צט"ל באותו יום, ובתוכם גם שני ילדים. יהי זיכרם ברוך.#أنا_راجع #مسيرة_العودة_الكبرى#GreatReturnMarch #MilitaryEmbargoNow==cc Ronnie Barkan Lacser Ady Adi Shosberger Christoph Bugel Vanessa Ahbecede Rachel Beitarie

Posted by Ronnie Barkan on Monday, 9 April 2018

Le clip partagé par Barkan commence par une scène avec une officier de combat. La caméraman, qui n’est pas visible, affirme : « Maintenant nous avons aussi une femme persécuteur. »

« N’avez-vous pas honte de massacrer des civils ? », demande-t-elle à la soldate, qui répond en demandant que la caméra soit éteinte.

« Non, je ne peux pas », répond l’activiste. « Vous êtes une terroriste et je vais vous prendre en photo. Es-tu fier de ce que tu fais ? Une soldate dans l’armée de la terreur ? »

La caméra fait ensuite un panoramique afin de montrer la zone frontalière, où de la fumée peut être vue, puis se concentre sur un autre soldat alors qu’il lit un document des activistes concernant la zone militaire fermée.

« Les soldats de la terreur nous disent que nous devrions rester à l’écart pendant qu’ils massacrent des civils », dit la caméraman. « Trois pions, trois soldats de la terreur. »

« Les coups de feu au loin visent des civils palestiniens au niveau de la clôture à Gaza », poursuit-elle, avant de filmer chaque page des documents concernant la zone militaire fermée.

« Les Juifs ne sont pas autorisés ici, ou seulement les Arabes ? », demande un militant à l’un des soldats, qui lui répond que la zone est fermée à tout le monde.

« Mais nous sommes des Juifs. Nous sommes des citoyens juifs, pas des Palestiniens », poursuit le militant. « D’accord, vraiment, pas du tout de discrimination ? »

La caméraman demande alors à l’un des soldats : « Vos parents sont-ils heureux quand vous revenez à la maison après avoir tué des civils ? L’organisation terroriste dans laquelle vous êtes actif a massacré 21 civils innocents. »

Lorsque l’un des soldats s’interroge sur l’utilisation du mot « terroriste », la caméraman répond : « Oui, terroriste. Le système éducatif vous a appris à rejoindre l’armée à l’âge de 18 ans, sans y penser. A rejoindre une armée terroriste et à massacrer des civils innocents à Gaza. »

En dehors de ce court échange, les soldats israéliens dans le clip n’ont pas débattu davantage avec les activistes, au-delà de les informer qu’ils se trouvaient dans une zone militaire fermée et qu’ils devaient quitter immédiatement la zone.

La vidéo fait suite à la publication d’un autre clip lundi qui montrait ce qui semble être des soldats se réjouissant alors que l’un d’entre eux, un tireur d’élite, tire et abat un Palestinien qui s’est approché de la barrière de sécurité de Gaza.

Après avoir enquêté sur les images des tireurs d’élite, l’armée a déclaré que les images avaient été filmées le 22 décembre lors d’une manifestation violente le long de la frontière de Gaza, à proximité du kibboutz de Kissufim. L’armée a blanchi le tireur de tout acte répréhensible, mais a déclaré qu’elle réprimanderait les soldats qui ont produit et partagé la vidéo.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a critiqué mercredi des activistes israéliens de gauche que l’on voyait dans un clip vidéo en train de s’en prendre verbalement à des soldats israéliens sur la frontière de Gaza.

S’exprimant lors de la rencontre hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, Netanyahu a déclaré que les paroles des manifestants étaient d’une « absurdité insultante », et que les soldats ont un soutien total des ministres du cabinet.

« Ils n’appellent pas le Hamas des ‘terroristes’. Ceux mêmes qui déclarent que leur projet est la destruction de l’Etat d’Israël – y compris de ces mêmes activistes – eux, ils ne les qualifient pas de ‘terroristes’. Au lieu de cela, ils attaquent des soldats israéliens qui travaillent pour éviter cette annihilation », a-t-il déclaré.

« Je pense que chaque jour, mais tout particulière aujourd’hui, nous sommes bien conscients de la grande contribution que les soldats de Tsahal font pour la sécurité et le futur d’Israël, a déclaré Netanyahu, quelques heures avant d’Israël n’entre dans la Jour du Souvenir de l’Holocauste. Je suis fier de nos soldats et ensemble avec les ministres du cabinet nous leur donnons le soutien total dont ils ont besoin pour faire leur travail béni ».

Dimanche, l’état-major de l’armée a annoncé qu’il ouvrirait une enquête concernant la réponse de l’armée à la série de manifestations violentes organisées le long de la frontière de Gaza ces derniers jours, qui ont causé la mort d’une trentaine de Palestiniens.

Ces deux dernières semaines, deux manifestations massives auxquelles ont participé des dizaines de milliers de Palestiniens ont été organisées dans la bande de Gaza.

Les manifestations s’inscrivaient dans le cadre d’une « Marche du retour » de six semaines qui devrait s’achever à la mi-mai avec le « Jour de la Nakba » qui marque le départ des Arabes après la création d’Israël. Le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem devrait avoir lieu le même jour – un plan qui a provoqué la colère des dirigeants palestiniens.

Les militants palestiniens ont insisté sur le fait que les manifestations étaient non-violentes et dirigées par des civils, tandis qu’Israël a déclaré qu’ils avaient servi de couverture à des tentatives de violence contre les troupes israéliennes et à des tentatives de violation de territoire.

Selon les analystes de la défense, ces « marches du retour » sont une nouvelle tactique du Hamas afin de mener des opérations terroristes, profitant de la confusion causée par les manifestations.

L’armée a indiqué qu’elle avait été témoin de plusieurs tentatives d’installation d’engins explosifs le long de la frontière de Gaza par des terroristes. Le Hamas aurait également envoyé deux soldats palestiniens armés jusqu’à la bordure de sécurité et un homme armé d’une ceinture explosive aurait tenté d’entrer en Israël.

Le Hamas, un groupe terroriste qui cherche à détruire Israël, a reconnu que plusieurs de ses membres faisaient partie des morts palestiniens de ces derniers jours. Les dirigeants du Hamas ont déclaré que le but ultime des manifestations était d’annihiler la frontière et de « libérer la Palestine ».

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