Des ados de Floride vendent des ‘hamantaschen’ pour lutter contre les armes
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Des ados de Floride vendent des ‘hamantaschen’ pour lutter contre les armes

Gabby, Serena et Cole Deutch, dont le père Ted représente l'état où un tireur a récemment tué 17 personnes, collectent des fonds pour des organisations et les familles de victimes

De gauche à droite: Gabby, Cole et Serena Deutch, qui se sont inspirés de l'histoire de Pourim pour leur initiative de collecte de fonds (Crédit :  Gabby Deutch via JTA)
De gauche à droite: Gabby, Cole et Serena Deutch, qui se sont inspirés de l'histoire de Pourim pour leur initiative de collecte de fonds (Crédit : Gabby Deutch via JTA)

JTA — Les enfants d’un représentant juif de Floride au Congrès recueillent des fonds pour mettre fin à la violence armée en vendant des hamantaschen.

Gabby, Serena et Cole Deutch ont lancé dimanche l’initiative pour lutter contre la violence armée. Leur père est le représentant Ted Deutch, un démocrate de Floride qui représente le quartier où 17 personnes ont été tuées la semaine dernière à Parkland dans une fusillade au lycée Marjory Stoneman Douglas High School par un ancien élève du lycée.

Le projet encourage les Américains de partout dans le pays à faire des hamantaschen, une pâtisserie traditionnellement consommée pendant la fête de Pourim, et à les vendre pour collecter des fonds.

Après avoir entendu parler de la fusillade, Gabby Deutch, 22 ans, a voulu trouver un moyen d’aider. En tant que senior à l’université de Yale, elle se sentait loin de sa ville natale de Boca Raton, qui est près de Parkland. Grâce à son travail en tant que conseillère de camp au Camp Ramah Darom, un camp d’été juif à Clayton, en Géorgie, elle connaissait plusieurs enfants qui étaient à l’intérieur de lycée au moment de la fusillade.

« Je regardais les informations, et j’avais l’impression que les gens ne faisaient pas attention », a-t-elle déclaré jeudi au JTA. « Je me sentais très éloigné d’une grande partie de la communauté ici. Même si mes amis étaient très coopératifs, c’était comme si les gens étaient habitués à ce genre de choses, donc ils étaient blasés ».

Deutch en a parlé à sa soeur Serena, une étudiante de l’université Vanderbilt, et les sœurs ont décidé qu’elles voulaient trouver un moyen de faire la différence en utilisant la nourriture juive. Les soeurs sont toutes les deux actives dans le programme Challah for Hunger, une initiative dans le cadre de laquelle les étudiants préparent et vendent du pain pour récolter des fonds pour combattre la faim.

« Nous pensions à l’idée de la nourriture juive, et nous nous sommes rendues compte toutes les deux vu que les gens sont vraiment enthousiastes [envers la nourriture juive] et sont prêts à payer pour cela », a expliqué Deutch.

Comme la fête de Pourim commence le 28 février, elles ont décidé de rester sur le Hamantaschen [oreilles d’Amman, le conseiller du roi perse qui voulait exterminer les Juifs]. Les soeurs ont convaincu Cole, un étudiant de première année à l’université du Texas à Austin, et ils ont commencé à en parler à leurs amis à travers le pays pour qu’ils se joignent à eux. Les groupes qui s’inscrivent décident de la cuisson, combien les biscuits vont coûter et où donner l’argent collecté. Le site Web recommande de faire des dons à des groupes tels que Everytown for Gun Safety et March for Our Lives, ainsi qu’à des collectes de fonds pour les familles des victimes de Parkland.

Plus de 40 groupes juifs, y compris Hillel, la grande organisation juive des université, ont accepté de cuire les hamantaschen.

Gabby Deutch a expliqué qu’elle et ses frères et sœurs se sont inspirés de l’histoire de Pourim, qui commémore la chute d’Haman, un homme de main despotique d’un roi perse grâce à l’intervention héroïque de la reine juive Esther et son cousin Mordechai.

« Je pense que c’est un jour férié dans le monde juif, au moins dans les cercles juifs plus libéraux, les gens en tirent beaucoup de messages pour justice sociale, alors je pense que cela a du sens de l’utiliser », a-t-elle expliqué.

Deutch a précisé que son père participait à l’initiative et qu’il y « était très favorable », bien qu’elle ne pense pas que cela ne soit probablement pas lui qui fera les hamataschen, a-t-elle précisé en plaisantant.

« Il est très enthousiaste à ce sujet. Je vais dire qu’il n’est pas le pâtissier dans notre famille, alors je ne suis pas sûre qu’il participera à la fabrication des hamantaschen, mais ma mère [participera] ce week-end avec certains de ses amis », a-t-elle confié.

Ted Deutch, représentant de Floride, au quatrième jour de la Convention nationale démocrate, à Philadelphie, le 28 juillet 2016. (Crédit : Alex Wong/Getty Images via JTA)

Depuis la fusillade, Ted Deutch s’est prononcé en faveur du contrôle des armes à feu. Mercredi, le membre du Congrès a participé à un événement à la mairie avec des survivants de tir où il a critiqué ceux qui estimaient qu’il était « trop tôt » après la tragédie pour discuter du contrôle des armes à feu. Dans un vif échange avec le sénateur Marco Rubio, R-Florida, Deutch a défendu son appel à présenter une législation pour interdire les armes à feu.

« Vous devriez littéralement interdire tous les fusils semi-automatiques qui sont vendus aux États-Unis », a fait valoir Rubio.

Deutch lui a répondu : « est-ce que je soutiens l’interdiction des armes qui tirent 150 balles en sept ou huit minutes, des armes qui sont des armes de guerre, qui ne servent qu’à tuer le maximum de personnes possible ? Vous pouvez mettre votre main à couper que je le suis. »

Gabby Deutch a expliqué qu’elle est heureuse de faire la différence, et que les autres participants au projet lui ont dit qu’ils ressentaient la même chose.

« Je me sentais déçu par un manque de réponse, tout du moins sur le campus de Yale », a-t-elle ajouté, « et beaucoup de gens depuis que cela est devenu public sont venus me voir et ont vraiment exprimé leur gratitude que quelque chose se passe, cela me donne le sentiment qu’il y a des gens qui se soucient de ce problème. »

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