Des dirigeants de diaspora exhortent Netanyahu à ne pas expulser les migrants
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Des dirigeants de diaspora exhortent Netanyahu à ne pas expulser les migrants

Contestant la réponse du bureau du Premier ministre à leur lettre, des chefs d'organisations de diaspora affirment que la politique des réfugiés du pays fait défaut

Des migrants africains participent à une manifestation contre la "loi du dépôt", qui exige d'eux de déposer 20% de leur salaire sur un fond accessible uniquement après qu'ils ont quitté le pays, à Tel Aviv, le 10 juin 2017 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Des migrants africains participent à une manifestation contre la "loi du dépôt", qui exige d'eux de déposer 20% de leur salaire sur un fond accessible uniquement après qu'ils ont quitté le pays, à Tel Aviv, le 10 juin 2017 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Un groupe de dirigeants juifs nord-américains a envoyé une lettre au Premier ministre Benjamin Netanyahu lundi pour lui demander de repenser les plans d’expulsion de dizaines de milliers de réfugiés africains, en leur offrant de les aider.

« Nous demandons à Israël d’avoir la bonne attitude, l’attitude juive, afin être une lumière pour les nations dans la façon dont nous traitons les étrangers parmi nous », indiquait la lettre envoyée par les chefs de groupes dont HIAS, le principal groupe juif d’immigration ; le Centre d’action religieuse du judaïsme réformé ; le Conseil national des femmes juives et T’ruah : l’appel rabbinique pour les droits de l’homme.

Le groupe avait initialement envoyé une lettre à Netanyahu en novembre pour lui demander de ne pas expulser les demandeurs d’asile. Le bureau du Premier ministre avait répondu plusieurs semaines plus tard en contestant la qualification de ces migrants africains en réfugiés qui cherchent à fuir la persécution ou la guerre.

La nouvelle lettre envoyée lundi visait à répondre aux remarques du bureau du Premier ministre, notant que de nombreux migrants du Soudan et de l’Érythrée avaient demandé le statut de réfugié, mais n’étaient pas traités équitablement.

« Nous savons que beaucoup de [migrants] sont effectivement des demandeurs d’asile et des réfugiés méritant une protection, et nous sommes profondément préoccupés par leur bien-être », pouvait-on lire dans la nouvelle lettre.

« Nous savons également qu’en dehors d’Israël, environ 56 % des demandeurs d’asile soudanais et 84 % des demandeurs d’asile érythréens ont été accueillis en tant que réfugiés. Le fait que moins de 1 % des demandeurs d’asile soudanais et érythréens en Israël aient obtenu le statut de réfugié jette de sérieux doutes sur la validité du processus d’asile israélien dans sa forme actuelle. »

La semaine dernière, les ministres du gouvernement ont approuvé un plan visant à emprisonner les migrants illégaux qui refusent de quitter le pays « volontairement ». Le Premier ministre chercherait aussi des moyens d’expulser de force les demandeurs d’asile sans papiers, afin de réduire la surcharge du système pénitentiaire.

Le Premier ministre a dit à ses ministres qu’il y avait quelque 60 000 immigrants illégaux, et que 20 000 étaient partis.

Netanyahu a annoncé des accords pour envoyer des migrants dans des pays tiers en Afrique, mais a refusé de dire lesquels.

Cependant, les signataires de la lettre ont indiqué que les rapports indiquaient que les migrants forcés de partir ne trouvaient pas de refuge ailleurs.

« Dans votre lettre vous nous assurez également que vous continuerez à travailler » avec la plus grande sensibilité au bien-être et au bien-être de ces migrants ». Ces assurances sont malheureusement difficiles à croire face à la persistance des témoignages selon lesquels ceux qui ont été expulsés d’Israël ont été confrontés à l’exploitation, à la traite des êtres humains et même à la mort », peut-on lire dans la lettre.

JTA a contribué à cet article.

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