Des élus américains cherchent à bloquer la vente d’avions F-35 à la Turquie
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Des élus américains cherchent à bloquer la vente d’avions F-35 à la Turquie

L'auteur d'un projet de loi bipartisan dénonce Ankara pour sa répression contre la liberté d'expression et ses liens avec la Russie; Israël aurait également exprimé ses réserves

Un avion de chasse F-35 (Crédit : Liz Kaszynski/Flash90)
Un avion de chasse F-35 (Crédit : Liz Kaszynski/Flash90)

Un groupe bipartisan de législateurs américains a présenté une motion pour arrêter la vente des avions de combat F-35 à la Turquie, arguant qu’Ankara devient « de plus en plus hostile et autoritaire de jour en jour » et exprimant la crainte que le pays se rapproche de la Russie.

Le député David Cicilline, un démocrate de Rhode Island, a déposé le projet de loi avec six collègues des deux partis jeudi dernier, déclarant que les États-Unis « ne peuvent pas fermer les yeux sur le comportement voyou et répréhensible de la Turquie ».

La Turquie, un allié clé des États-Unis au Moyen-Orient, est sur le point d’acheter plus d’une centaine d’avions de très haute technologie.

« Le régime turc, dirigé par le président Recep Tayyip Erdogan, est devenu de plus en plus autoritaire ces dernières années, sévissant contre la dissidence et la liberté d’expression. Ils ont même détenu des citoyens américains en captivité afin de les utiliser comme monnaie d’échange avec le gouvernement américain », a déclaré Cicilline dans un communiqué.

« Il doit y avoir des conséquences pour tout régime qui commet des violations des droits de l’homme aussi horribles et qui s’écarte constamment de nos intérêts », a déclaré Cicilline, qui siège à la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants.

Le projet de loi, officiellement appelé Loi sur l’interdiction des ventes d’avions de combat interarmées F-35 à la Turquie, interdit la vente ou le transfert d’avions F-35 et de toute propriété intellectuelle ou données techniques connexes à la Turquie.

Le projet de loi, qui impose un certain nombre de conditions à la Turquie pour permettre la vente, a peu de chances d’être adopté ou signé par le président américain Donald Trump. Bien qu’ils soient en désaccord sur le soutien aux Kurdes, à la Syrie et à d’autres questions, les États-Unis considèrent la Turquie comme un partenaire important de l’OTAN dans la région et abrite une base aérienne dans le pays.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’entretient avec le Premier ministre britannique Theresa May (hors cadre) lors de leur rencontre au 10 Downing Street dans le centre de Londres le 15 mai 2018. (AFP/Matt Dunham)

Israël, qui entretient également des relations tendues avec la Turquie bien qu’il soit officiellement un allié, aurait également exprimé des inquiétudes au sujet de la vente des avions de combat à Ankara.

Israël craint que la Turquie ne divulgue des détails secrets des avions à Moscou ou qu’ils ne soient vendus à des nations ennemies, a rapporté Hadashot.

Des sources en Israël étaient également préoccupées parce que la vente de 100 avions à la Turquie donnera à Ankara un avantage numérique. Israël ne devrait recevoir que 50 des avions à réaction F-35 avec la possibilité d’en acheter 25 autres, selon le rapport.

Israël a reçu ses deux premiers avions de combat F-35 fin décembre 2016 et les a déclarés opérationnels un an plus tard.

Pour l’armée israélienne, l’avion de combat de cinquième génération « change la donne », non seulement pour ses capacités offensives et furtives, mais aussi pour sa capacité à relier ses systèmes à d’autres avions et à former un réseau d’échange d’informations.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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