Des élus Likud s’opposeraient au projet de loi « haredi » sur le service militaire
Alors que les partis haredim menacent la coalition en l'absence d'exemptions militaires plus importantes, des informations font état d'une opposition croissante

Les membres de la coalition avertissent de plus en plus qu’ils ne soutiendront pas un projet de loi facilitant l’augmentation des exemptions de service militaire pour les haredim, a rapporté jeudi la presse israélienne, ce qui pourrait mettre en péril le gouvernement actuel, alors que les deux camps au sein du bloc au pouvoir indiquent leur volonté de convoquer des élections anticipées sur cette question qui divise profondément le pays.
Au moins six députés du Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont déclaré en privé qu’ils ne voteraient pas en faveur du projet de loi actuellement prévu pour abaisser l’âge auquel les hommes ultra-orthodoxes peuvent obtenir des exemptions permanentes d’incorporation dans l’armée, a rapporté la radio de l’armée.
La députée Tally Gotliv (Likud) l’a ouvertement dit à la chaîne publique israélienne Kan. « Je ne voterai pas pour le projet de loi dans sa forme actuelle. Ce n’est pas le moment de rédiger un projet de loi (…). Cela n’a aucun sens pour moi d’accorder une exemption à une personne qui étudie dans une yeshiva pendant trois ans. »
Kan a également cité des sources anonymes de la coalition selon lesquelles la résistance au projet de loi est plus importante qu’il n’y paraît et s’étend à tous les partis non-haredi de la coalition – le Likud et les partis d’extrême-droite HaTzionout HaDatit et Otzma Yehudit.
Un député de la coalition aurait anonymement averti que le projet de loi, et non la refonte judiciaire, pourrait finir par causer la dissolution du gouvernement.
Un autre législateur anonyme aurait déclaré que la réaction publique contre le projet de loi proviendrait également d’électeurs qui soutiennent par ailleurs le gouvernement, étant donné que « la droite ne soutient pas l’esquive ».
Inversement, les deux partis haredim de la coalition radicale du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Yahadout HaTorah et le Shas, menacent depuis des semaines de renverser le gouvernement si le projet de loi n’est pas adopté dans les plus brefs délais, selon diverses informations citant des fonctionnaires anonymes.