Des experts affirment qu’Israël n’est pas prêt à faire face à un séisme important
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Des experts affirment qu’Israël n’est pas prêt à faire face à un séisme important

La commission de la Knesset a été informée que le pays devait investir plus pour se préparer au scénario catastrophe

Un sauveteur cherche des victimes parmi les ruines d'une maison après un fort séisme à Amatrice, dans le centre de l'Italie, le 24 août 216. (Crédit : AFP/Filippo Monteforte)
Un sauveteur cherche des victimes parmi les ruines d'une maison après un fort séisme à Amatrice, dans le centre de l'Italie, le 24 août 216. (Crédit : AFP/Filippo Monteforte)

Des experts ont déclaré mercredi à une commission gouvernementale que le pays n’était pas prêt à faire face aux milliers de morts et aux centaines de milliards de shekels de dommages qui pourraient se produire en cas de tremblement de terre majeur dans la région.

La sous-commission de l’état de préparation de la défense passive de la commission des Affaires étrangères et de la Défense s’est réunie pour discuter du niveau de préparation à un éventuel tremblement de terre en Israël, estimant qu’en cas de catastrophe, le pays pourrait faire face à 7 000 victimes et à des dommages pouvant s’élever jusqu’à 200 milliards de shekels.

Bezalel Treiber, le chef de l’autorité nationale de situation d’urgence, a présenté à la commission des plans pour faire face à un puissant tremblement de terre similaire à celui qui a frappé l’Italie en août. Un deuxième tremblement, bien moins dévastateur, a eu lieu plus tôt cette semaine.

En plus des 7 000 décès potentiels dans le cas d’un tremblement de terre, l’autorité se prépare pour 8 600 blessés graves, 9 500 personnes prisonnières dans des décombres et 170 000 sans abri. L’évaluation a montré que 98 % des personnes prises au piège pourraient être sauvées au cours de la première semaine, principalement par leur famille et leurs voisins.

Le Trésor a estimé que les dommages pourraient représenter plus de 90 milliards de shekels, ce qui comprend les réparations des bâtiments et la perte de productivité des entreprises pour l’année suivante. Cela est toutefois bien inférieur à l’évaluation de l’autorité en charge des situations d’urgence qui, en tenant compte des coûts médicaux, des travaux de déblaiement et des dommages structurels et environnementaux, estime que le montant des dommages pourraient atteindre 150-200 milliards de shekels.

Des soldats israéliens lors des tentatives de sauvetage de personnes blessées et piégées dans les ruines d'un bâtiment au Népal, suite au tremblement de terre mortel le 28 avril 2015 (Crédit : Porte-parole de Tsahal)
Des soldats israéliens lors des tentatives de sauvetage de personnes blessées et piégées dans les ruines d’un bâtiment au Népal, suite au tremblement de terre mortel le 28 avril 2015 (Crédit : Porte-parole de Tsahal)

Le gouvernement a également été accusé de ne pas construire assez de bâtiments résistants au séisme. Selon le compte-rendu de l’Autorité en charge des situations d’Urgence, il y a 80 000 bâtiments dans le pays de plus de trois étages et qui ont été construits avant 1980. Seulement 2 700 de ces bâtiments ont reçu l’approbation du gouvernement pour les renforcer et les rénover pour résister aux tremblements de terre dans le cadre de l’incitation Tama 38.

Les projets de Tama 38 n’utilisent pas de fonds publics, en se base plutôt sur les entrepreneurs qui acceptent de faire les travaux en échange du droit de construire et de vendre de nouveaux appartements dans les bâtiments. Einat Ganon, du département du Renouvellement urbain du ministère du Logement, a déclaré que le gouvernement avait affecté 185 millions de shekels pour renforcer certains bâtiments de la périphérie, mais elle a souligné que 5 milliards de shekels seraient encore nécessaire pour renforcer tous les bâtiments à risque.

La majeure partie des projets de renforcement de Tama 38 est concentrée dans la grande ceinture de la région de Tel Aviv, tandis que dans les villes comme Eilat, Jérusalem, Haïfa, Beit Shean et Tiberias – qui se trouvent plus près des lignes de la faille et qui seraient plus durement touchées en cas de tremblement de terre – et qui ont des structures plus anciennes et plus vulnérables ne sont pas renforcées.

Le pays serait également insuffisamment préparé pour identifier les victimes d’un tremblement de terre de cette envergure, ne disposant pas des installations et du personnel formé pour traiter et gérer un nombre important de dépouilles en cas de catastrophe.

Le député Amir Peretz, le président de la sous-commission, a conclu la réunion en reconnaissant qu’il y avait un écart énorme entre ce qui était nécessaire pour préparer un tremblement de terre puissant et les ressources consacrées à la question.

Peretz, du parti de l’opposition Union sioniste, a déclaré que le gouvernement semblait attendre qu’une catastrophe se produise pour aborder le problème. « Le Trésor doit travailler pour changer ces budgets », a-t-il estimé. « Cela doit arriver dans les prochaines années ».

UNe photo prise après le tremblement de terre de 1927 à Jérusalem, avec le Dôme du Rocher en arrière-plan (Crédit : domaine public via la Bibliothèque du Congrès)
UNe photo prise après le tremblement de terre de 1927 à Jérusalem, avec le Dôme du Rocher en arrière-plan (Crédit : domaine public via la Bibliothèque du Congrès)

Les sismologues disent qu’avec Israël et ses voisins assis sur une grande faille, un séisme majeur comme celui qui a frappé l’Italie pourrait se produire à tout moment.

Israël et les territoires palestiniens se trouvent au sommet d’une déchirure de la croûte terrestre qui longe le flanc oriental du pays – à la limite de deux plaques tectoniques – que les sismologues considèrent comme une zone à haut risque.

Tandis que la plaque arabe, sur laquelle Jordanie se trouve, bougent vers le nord à raison de 20 millimètres par an par rapport à la plaque africaine voisine qui se situe à son ouest, des tremblements de terre se produisent par intermittence, semant la mort et la destruction.

Au moins 17 séismes majeurs, historiquement enregistrés, ont secoué le pays au cours des 2 000 dernières années, causant des destructions et des pertes de vie considérables, selon un article publié en 1994 dans The Israel Exploration Journal.

Le dernier grand tremblement de terre a frappé le pays le 11 juillet 1927, tuant plus de 400 personnes et ne laissant « pas une maison à Jérusalem ou à Hébron … sans aucun dommage », avait signalé l’Agence de Télégraphie Juive dans les jours suivants.

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