Des grands partis aux Pirates, voici les candidats pour le scrutin de mars
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Des grands partis aux Pirates, voici les candidats pour le scrutin de mars

Comme en septembre, trente partis seront en lice pour la troisième élection nationale consécutive, avec quelques nouveaux venus et certains petits partis de niche qui se retirent

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Les représentants du Parti Pirate enregistrent leur liste pour l'élection du 2 mars 2020 à la commission centrale électorale à la Knesset, le 15 janvier 2020. (Raoul Wootliff/The Times of Israel)
Les représentants du Parti Pirate enregistrent leur liste pour l'élection du 2 mars 2020 à la commission centrale électorale à la Knesset, le 15 janvier 2020. (Raoul Wootliff/The Times of Israel)

Un total de 30 formations politiques se sont inscrites pour se présenter à la Knesset à la date limite de dépôt des candidatures, soit mercredi soir, allant des grands partis comme Kakhol lavan et le Likud à de minuscules factions de niche considérées comme ayant peu ou pas de chance d’entrer au Parlement.

En pleine frénésie de coups de théâtre de dernière minute, les partis religieux de droite Yamina et Otzma Yehudit se sont pressés pour soumettre leur liste électorale avant la date butoir fixée à mercredi minuit, quelques minutes avant que les portes de la Knesset ne se ferment avec fracas.

Trente, c’est également le nombre de listes candidates en septembre. Lors du scrutin d’avril 2019, 39 partis s’étaient présentés, le record de l’histoire électorale d’Israël. En 2015, 25 partis étaient en lice.

Le paysage des partis de premier plan est pratiquement inchangé par rapport à septembre, à l’exception d’une fusion travailliste-Gesher-Meretz et de la disparition du Camp démocratique. Entre-temps, un certain nombre de nouveaux venus se sont présentés pour tenter leur chance auprès des électeurs israéliens, tandis que certains partis n’ayant pas réussi à franchir le seuil d’éligibilité en septembre se sont retirés.

En vertu de la législation électorale israélienne, mercredi était le dernier jour où les partis pouvaient enregistrer leur liste, soit 47 jours avant le scrutin du 2 mars. Les représentants des partis étant entrés à la Knesset, où se trouve la commission centrale électorale, avant 22 heures ont été autorisés à terminer les démarches jusqu’à minuit.

Dès mardi matin, les partis ont présenté leur liste chacune leur tour au président de la commission, le juge de la Cour suprême Neal Hendel, détaillant chaque candidat et demandant une ou plusieurs lettres de l’alphabet hébreu qui les symboliseront sur les bulletins de vote en mars prochain.

Dans un processus archaïque et parfois bizarre, les nouveaux partis se sont disputé les lettres non encore utilisées par les formations existantes, lesquelles sont distribuées selon le principe du premier arrivé, premier servi. Les derniers inscrits sont donc obligés de prendre des paires de lettres obscures qui n’ont pas de sens et aucun rapport avec leur nom.

Des bulletins de vote se trouvent sur une table dans un bureau de vote à Rosh Haayin, lors des élections législatives israéliennes du 17 septembre 2019. (Jack Guez/AFP)

Les négociations à ce sujet sont également importantes, étant donné que chaque bulletin de vote en papier pour chaque parti doit être imprimé autant de fois qu’il y a d’électeurs admissibles, avec des suppléments imprimés pour s’assurer que personne ne soit dans l’incapacité de voter pour son parti préféré. Le porte-parole de la commission centrale électorale a déclaré que quelque huit millions de bulletins seraient imprimés pour chaque parti, 6 300 000 Israéliens environ étant titulaires du droit de vote. Et avec 30 listes, c’est un total impressionnant de 240 millions de bulletins de vote qui seront produits.

Le Likud et Kakhol lavan devraient dominer le vote de mars, les sondages prévoyant au moins 30 sièges à chacun.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est le numéro un de la liste de son parti, le Likud, suivi du président de la Knesset Yuli Edelstein, du ministre des Affaires étrangères Israel Katz, de celui des Affaires stratégiques Gilad Erdan et du député Gideon Saar. La ministre de la Culture Miri Regev, son collègue du Tourisme Yariv Levin, le ministre de l’Agriculture Yoav Gallant, le député Nir Barkat et la ministre de l’Egalité sociale Gila Gamliel complètent les 10 premières places.

En déposant la liste du Likud, le ministre du Tourisme, M. Levin, a déclaré que cette élection, contrairement aux deux précédentes, verra une victoire décisive pour le parti actuellement au pouvoir.

« Au terme de la meilleure décennie de l’histoire du pays, nous recherchons la confiance du public pour continuer sur la voie déjà adoptée, qui a permis à Israël d’obtenir des résultats sans précédent dans tous les domaines », a-t-il déclaré.

 » Nous savons que beaucoup de gens ne sont pas allés voter aux élections précédentes parce qu’ils étaient sûrs que nous allions gagner de toute façon. Beaucoup ne pensaient pas que Kakhol lavan allait travailler en étroite collaboration avec la Liste arabe unie et essayer de former un gouvernement avec elle », a ajouté M. Levin. « Cette fois-ci, nous ne serons pas dupes. Cette fois-ci, nous n’abandonnerons personne et nous nous assurerons que tous les Likoudniks viennent voter. Cette fois-ci, nous gagnerons ! ».

Des membres du Likud s’adressent à la presse dans le hall d’entrée de la commission centrale électorale à la Knesset, le 15 janvier 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Quelques heures avant le dépôt, le Likud a ajouté une nouvelle personnalité surprenante à sa liste électorale : le député Gadi Yevarkan, de Kakhol lavan.

Après que Kakhol lavan a annoncé mercredi retirer ce dernier de ses candidats après que celui-ci a menacé de passer chez le Likud rival, le parti au pouvoir a confirmé que Gadi Yevarkan figurerait en 20e position sur sa liste.

Kakhol lavan a ensuite annoncé qu’il allait combler la place vacante par « un nouveau candidat qui représentera le secteur russe », Andre Kushnov, ancien journaliste de la chaîne de langue russe Neuvième chaîne. De plus, Mme Michal Cotler-Wunsh du parti Telem, que représentait Gadi Yevarkan, est passée de la 46e place à la 36e.

Le député de Kakhol lavan Gadi Yevarkan. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Mis à part le départ de Gadi Yevarkan et l’ajout d’Andre Kushnov, le ticket électoral présenté par Kakhol lavan reste presque identique à celui des élections d’avril, avec des changements concernant uniquement l’ordre des candidats en dessous de la 40e place. Benny Gantz, Yair Lapid, Moshe Yaalon et Gabi Ashkenazi occupent toujours les quatre premières.

Lapid, qui a fusionné son parti Yesh Atid avec Hossen LeYisrael de Gantz pour former Kakhol lavan avant les élections d’avril 2019, a récemment annoncé qu’il renoncerait à un accord de partage du poste de Premier ministre avec Gantz si Kakhol lavan est chargé de former le gouvernement.

Comme pour la date limite de dépôt avant le vote de septembre, le plus grand coup de théâtre est venu de l’extrême droite, avec des négociations tendues qui ont duré presque jusqu’à ce que la commission ferme ses portes à 23H59.

Le président de HaBayit HaYehudi, Rafi Peretz, a accepté de fusionner avec HaYamin HaHadash de Naftali Bennett tard mercredi soir, rompant ainsi son accord avec le parti d’extrême droite Otzma Yehudit dans les toutes dernières minutes.

Otzma Yehudit, un parti de disciples autoproclamés du rabbin extrémiste disparu Meir Kahane, a présenté sa liste seul dans une scène qui rappelait le dépôt des candidatures avant l’élection de septembre. À cette époque également, des accords de dernière minute avaient contraint Otzma Yehudit à se présenter seul. Il s’est retrouvé en dessous du seuil d’éligibilité.

Plus tôt dans la soirée de mercredi, après l’échec des négociations, Netanyahu a invité Bennett et Peretz à son bureau de Jérusalem avec l’éminent rabbin sioniste religieux Chaim Druckman. On pense que c’est cette rencontre qui a amené les parties à se mettre d’accord sur cette fusion finale.

Le président d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, à l’entrée de la commission centrale électorale à la Knesset, le 15 janvier 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Ces derniers jours, Peretz avait juré de ne pas rompre l’accord qu’il avait conclu le mois dernier avec Otzma Yehudit, mais il a subi d’intenses pressions de la part du Likud de Netanyahu ainsi que d’autres responsables de droite qui craignaient que HaBayit HaYehudi/Otzma ne franchisse pas le seuil d’éligibilité.

Bennett avait des doutes similaires concernant les chances de HaYamin HaHadash, ce qui l’a finalement amené à rompre un vœu similaire pour se présenter de façon indépendante en mars. Le ministre de la Défense avait exprimé l’espoir que le camp sioniste religieux était suffisamment grand pour soutenir deux partis – l’un étant son HaYamin HaHadash légèrement plus libéral et l’autre conglomérat de partis d’extrême droite HaBayit HaYehudi, Union nationale et Otzma Yehudit. Mais mardi, il a cédé aux inquiétudes concernant le seuil d’éligibilité et conclu un accord avec l’Union nationale.

Otzma Yehudit s’est finalement inscrit 15 minutes environ avant la date limite, tandis que la nouvelle alliance, qui sera nommée Yamina, s’est inscrite alors qu’il ne restait que 6 minutes pour ce faire, ce qui lui a valu un avertissement du juge Hendel alors que les lumières s’éteignaient littéralement à minuit.

De l’autre côté du spectre politique, l’alliance travailliste-Gesher-Meretz a déposé sa liste à contrecœur sans aucun drame.

Les dirigeants du parti Travailliste-Gesher-Meretz, Nitzan Horowitz (G) Amir Peretz (C) Orly Levy-Abekasis, à l’entrée de la commission centrale électorale à la Knesset, le 15 janvier 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

« La liste que nous soumettons maintenant est la conscience sociale et la boussole politique pour Israël », a déclaré le n°1 de l’union et président du Parti travailliste Amir Peretz après avoir déposé la liste commune. « Cette liste guidera le prochain gouvernement et renforcera le camp de l’espoir et du changement ».

La chef de Gesher, Orly Levy-Abekasis, placée en deuxième position sur la liste, a déclaré : « Nous tendons la main aux enfants, aux personnes âgées, à toute la société israélienne. Nous ferons tout ce que nous pouvons pour promouvoir les choses vraiment importantes. Ensemble, nous mettrons ces questions au premier plan ».

La fusion entre le centre-gauche travailliste-Gesher et la gauche dure Meretz est considérée comme un mariage de convenance entre des partis qui diffèrent sur l’idéologie, mais dont les sondages ont montré qu’ils oscillaient entre quatre et six sièges à la Knesset chacun, au risque de tomber en dessous du seuil et de mettre en danger le bloc de gauche.

Au sujet de l’union, Orly Levy-Akekasis a indiqué : « Nous avons fait ce qu’il fallait et maintenant nous regardons vers l’avenir ». Le président de Meretz et n°3 de la liste, Nitzan Horowitz, a déclaré : « Aujourd’hui, nous apportons un grand espoir à tous ceux qui rêvent d’un gouvernement de centre-gauche. La course commune nous ramènera à la table du gouvernement, et la gauche à la direction de l’État. »

Laissée de côté, la présidente du Parti vert et députée, Stav Shaffir, a annoncé mercredi qu’elle ne se présenterait pas aux prochaines élections de mars après que l’alliance de gauche s’est formée sans elle.

La présidente du Parti vert, Stav Shaffir, tient une conférence de presse sur le boulevard Rothschild à Tel Aviv pour annoncer qu’elle ne se présentera pas avec son parti aux prochaines élections israéliennes, le 15 janvier 2020. (Miriam Alster/Flash90)

« Je ne me présenterai pas à cette élection, mais je resterai dans la course pour notre pays. Aujourd’hui, nous retirons le Parti vert [de la Knesset] et nous l’emmenons dans les rues, dans les villes, dans les quartiers, afin de construire notre avenir et de revenir plus fort », a-t-elle assuré lors d’une conférence de presse sur le boulevard Rothschild à Tel Aviv – le chic boulevard piétonnier où elle s’était fait connaître pour la première fois en tant que dirigeante des manifestations de tentes contre le coût de la vie en 2011.

Elle avait envisagé la possibilité de concourir seule avec son Parti Vert, mais a finalement conclu qu’elle ne franchirait pas le seuil d’éligibilité et risquait de gaspiller des milliers de votes de gauche.

Le membre arabe du Meretz et ancien député, Issawi Frej, qui s’est vu attribuer la 11e place sur la liste unifiée, a également été déçu par la fusion.

« Les Arabes veulent être partenaires. Pas des décorations », a déploré Issawi Frej au Times of Israel cette semaine. « Si l’accord tient, les Arabes ne voteront certainement pas pour nous de façon significative. Que vais-je leur dire ? Voter pour un parti qui ne leur donne pas une place importante sur sa liste ? ».

La Liste arabe unie des partis à prédominance arabo-israélienne, qui a déposé sa propre liste, a déclaré qu’elle s’attendait à obtenir au moins 15 sièges en mars, en partie grâce au basculement du Meretz vers la droite.

L’union entre le Meretz et le Parti travailliste, « nous permettra d’obtenir 15 sièges, ce qui est très possible, presque certain », a commenté le n°3 de la Liste, Ahmed Tibi.

Lors des élections de septembre, la Liste avait remporté 13 sièges.

S’adressant à la presse après avoir déposé sa liste, Tibi a appelé à une forte représentation arabe israélienne, nécessaire « pour prouver que l’incitation de Netanyahu contre nous ne fonctionnera pas ».

« Nous sommes plus unis que jamais. Nous avons réuni quatre partis, une fois de plus, et nous sommes unis dans notre objectif », a assuré le président de la Liste arabe unie, Ayman Odeh.

La Liste arabe unie présente sa liste à la commission centrale électorale à la Knesset, le 15 janvier 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Outre les principaux partis, qui comprenaient également les ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah, la commission centrale électorale a recensé un tas de petites formations de niche, chacun ayant son propre objectif.

Mardi, l’épouse de Yigal Amir, l’homme qui a assassiné le Premier ministre Yitzhak Rabin lors d’un rassemblement pour la paix il y a 24 ans, a officiellement enregistré un nouveau parti politique appelant à la libération de son mari.

Larissa Amir, épouse de l’assassin du Premier ministre Yitzhak Rabin, Yigal Amir, arrive à la commission centrale électorale pour enregistrer un nouveau parti qui se présentera aux prochaines élections israéliennes, le 14 janvier 2020. (Yonathan Sindel/Flash90)

En remplissant les formulaires pour le parti Mishpat Tzedek (procès équitable), Larissa Trimbobler-Amir a demandé un nouveau procès pour son mari condamné et « tous les autres innocents injustement incarcérés ».

Yigal Amir, aujourd’hui âgé de 49 ans, purge une peine de prison à vie pour l’assassinat de Rabin. Il est toujours en isolement, bien qu’il se soit marié en prison en 2004 après une longue bataille juridique.

Le premier à s’inscrire mercredi était Kol HaNashim (Voix des femmes), un nouveau parti entièrement composé de femmes.

« Notre objectif est d’augmenter la représentation des femmes à la Knesset et d’aborder tous les problèmes de la société israélienne du point de vue des femmes », a expliqué sa présidente, la Dr Mazal Shaul, au Times of Israel après avoir inscrit ses 102 candidates.

En remplissant les formulaires du parti auprès de la commission centrale électorale, le président du Parti pirate, Noam Kuzar, portant un chapeau tricorne, a déclaré que son parti représente « toutes les personnes qui pensent que le discours public actuel ne les représente pas ».

Le parti a enregistré son nom complet sous le nom de « Le Parti pirate : cliquez ici » parce que « lors de la prochaine élection, une fois que nous aurons été élus, vous pourrez voter par Internet. En fait, vous pourrez voter par Internet pour chaque loi », a-t-il promis.

Le Parti pirate se présente à toutes les élections israéliennes depuis 15 ans. Il n’a jamais gagné de siège à la Knesset.

Les représentants du Parti Pirate enregistrent leur liste pour l’élection du 2 mars 2020 à la commission centrale électorale à la Knesset, le 15 janvier 2020. (Raoul Wootliff/The Times of Israel)

Voici la liste de tous les partis en lice pour le scrutin de mars, dans l’ordre où ils se sont inscrits :

1. HaHazon (La Vision)
2. Ani Veata (Toi et moi)
3. Otzma Liberalit Kalkalit (Le pouvoir économique libéral)
4. Daam – L’économie verte, un pays
5. HaGush Hatanachi (Le Bloc de la Bible)
6. Zechuyoteinu Bekoleinu (« Nos droits sont dans notre vote/voix »)
7. Halev HaYehudi (Le cœur juif)
8. Mishpat Tzedek (Procès équitable)
9. Manhigut Hevratit (Leadership social)
10. Mitkademet (Avancé)
11. Shas
12. Kol Hanashim (Voix des femmes)
13. Yisrael Beytneu
14. Seder Hadash (Nouvel ordre)
15. Peula LeYisrael (Action pour Israël)
16. Yahadout HaTorah
17. Le Parti Pirate
18. Adom Lavan (Rouge et Blanc)
19. Kama – Faire progresser le statut de l’individu
20. HaBrit HaMeshutefet (Le Pacte uni)
21. Kavod HaAdam (Respect des personnes)
22. Kakhol lavan
23. Shema (Écoute)
24. Tzomet (Carrefour)
25. Liste arabe unie
26. Likud
27. Travailliste-Gesher-Meretz
28. HaKoach LeHashpia (Le pouvoir d’influencer)
29. Otzma Yehudit
30. Yamina

Jacob Magid a contribué à cet article.

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