Des Juifs américains anti-Trump acclament Trump à l’AIPAC
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Des Juifs américains anti-Trump acclament Trump à l’AIPAC

Certains participants au lobby pro-israélien ont dit qu'applaudir Trump était « difficile » et « troublant » mais qu'il était vraiment pro-Israël

Les participants applaudissent le vice-président des États-Unis, Mike Pence, lors de son discours à la conférence annuelle du Comité américain des affaires publiques d'Israël, le 5 mars 2018. (Chip Somodevilla / Getty Images / AFP)
Les participants applaudissent le vice-président des États-Unis, Mike Pence, lors de son discours à la conférence annuelle du Comité américain des affaires publiques d'Israël, le 5 mars 2018. (Chip Somodevilla / Getty Images / AFP)

WASHINGTON (JTA) – Un sondage réalisé l’année dernière par l’AIPAC a montré que 77 % des Juifs américains désapprouvaient le travail du président Donald Trump. Les juifs américains avaient voté en majorité en faveur de Hillary Clinton plutôt que pour Trump. À l’exception des orthodoxes, les majorités de toutes les principales dénominations juives ont voté pour Clinton.

Alors, quel a été le ressenti pour les Juifs anti-Trump d’entendre le président abondamment applaudi à la conférence annuelle du Comité des affaires publiques d’Israël (AIPAC) ?

« Difficile », ont déclaré plusieurs participants à la conférence.

« Je pense qu’il y a beaucoup de tension », a déclaré Sherie Silverman du Maryland. « Les gens comme moi qui sont des ardents sionistes sont confus parce que nous aimons ce que fait Nikki Haley et le déplacement de l’ambassade … mais nous avons été déçus par Trump et sa politique en général. »

Le président lui-même n’est pas venu à l’événement de l’AIPAC cette semaine, mais son administration était bien représentée et son nom a été acclamé à plusieurs reprises.

Le vice-président Mike Pence l’a appelé le président le plus pro-israélien de tous les temps. La star de lundi, l’ambassadrice des Nations Unies Nikki Haley, a reçu 12 ovations. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dans un discours très apprécié le lendemain, a loué Trump.

WASHINGTON : Le vice-président des États-Unis, Mike Pence, prend la parole lors de la convention de l’AIPAC 2017 le 26 mars 2017 à Washington (Crédit : Photo par Noam Galai / Getty Images)

Les orateurs des deux partis ont à plusieurs reprises loué la reconnaissance de Trump concernant Jérusalem en tant que capitale d’Israël, et ses plans pour y déplacer l’ambassade américaine en mai. Ils l’ont remercié d’avoir tenu tête à l’Iran et promis d’amender – ou de se retirer – de l’accord nucléaire iranien. Ils ont applaudi le soutien de l’administration à Israël aux Nations unies.

« Grâce à la direction du président, l’alliance entre l’Amérique et Israël n’a jamais été aussi forte », a déclaré M. Pence. « L’Amérique se tient avec Israël aujourd’hui, demain et toujours. »

Plusieurs participants à la conférence ont suggéré qu’il était possible de compartimenter – appréciant les actions du président concernant Israël tout en ne l’approuvant pas en général. L’AIPAC est, après tout, un groupe de lobby unique qui ne prétend pas parler pour les Juifs ni pour leurs questions plus générales, notamment les droits civiques, l’immigration, les droits des femmes, la liberté religieuse et la lutte contre l’antisémitisme. Beaucoup de ceux qui assistent à la conférence disent que le simple fait de se manifester est une déclaration de soutien à Israël et que la politique partisane concerne d’autres contextes.

Benjamin Netanyahu à la conférence de politique de l’AIPAC à Washington, DC, le 6 mars 2018. (Capture d’écran: AIPAC)

« Si je ne focalise que sur cela, alors je pense que ce qu’il a fait pour Israël est incroyable », a déclaré Risa Kipnis, une déléguée de la conférence du Maryland. « Je n’en suis pas encore là, il est fou. Je pense juste à la façon dont il se comporte et à certaines choses qu’il tweete et à son passé avec les femmes – je n’ai rien de gentil à dire à son sujet. »

Pendant ce temps, les participants à la conférence républicaine étaient satisfaits de l’accueil réservé au nom du président. Pour certains, c’était une confirmation que leur parti était le meilleur pour les Américains pro-israéliens. Et même si certains avaient des réserves à propos de la conduite de Trump, ils voyaient cela comme le prix à payer pour une administration pro-israélienne.

« C’est un New-Yorkais comme moi », a déclaré Stan Monsowitz, qui vit à New York et passe l’hiver à Boca Raton, en Floride. « Il est fou comme beaucoup de New-Yorkais, mais il est tellement pro-Israël et pro-américain, j’aime ce qu’il fait. S’il se taisait et se tenait à l’écart de Twitter, ce serait beaucoup mieux. »

Les participants ont également dit qu’ils croyaient que les applaudissements s’adressaient à la politique américaine, pas la personne. Jeremy Burton, directeur exécutif du Jewish Community Relations Council du Grand Boston, pense également que les proches de Trump, comme Pence, étaient moins applaudis.

« Une partie s’adressait à des politiques spécifiques », a déclaré Burton. « Il y a des choses spécifiques que cette administration va faire et que nous apprécierons.

« Regardez les différentes intensités d’applaudissements. Nikki Haley a reçu des applaudissements retentissants, et peut-être que d’autres personnes perçues comme plus proches de Trump sur le plan personnel en ont reçu un peu moins.

L’ambassadrice des États-Unis auprès des Nations Unies, Nikki Haley, prend la parole à la conférence politique de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) à Washington, DC, le 5 mars 2018. (Capture d’écran AIPAC)

Tout au long de la conférence, l’AIPAC a souligné l’importance du bipartisme et de l’attraction des progressistes pour le mouvement pro-israélien. Des orateurs de gauche ont parlé des syndicats israéliens et de la société civile diversifiée.

Il y a deux ans, la conférence politique du lobby avait suscité la controverse quand le candidat de l’époque, Trump, avait reçu de nombreux applaudissements pour avoir encouragé la fin du mandat d’Obama. Les fonctionnaires de l’AIPAC s’étaient excusés le lendemain. Cette année, les responsables démocrates se sont presque abstenus de critiquer Trump sur le podium. Et comme d’habitude, les responsables républicains et démocrates ont parlé des limites de la partisanerie lorsqu’il s’agit de soutenir Israël.

Cole Bloomfield, un étudiant d’Oakland, en Californie, a déclaré qu’il avait perçu l’AIPAC à droite. Mais il a estimé que la conférence a fait du bon travail en respectant Trump tout en faisant appel à des gens à travers le spectre politique.

« Je n’aurais pas voté pour Trump, mais je respecte toujours qu’il soit le président », a déclaré Bloomfield. « Je respecte que Mike Pence soit le vice-président. Il est important d’être respectueux et cordial si vous voulez que tout bipartisme fonctionne. « 

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