Haley à l’AIPAC : Il faut mettre fin aux préjugés anti-israéliens de l’ONU
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Haley à l’AIPAC : Il faut mettre fin aux préjugés anti-israéliens de l’ONU

Ce n'est que quand l'illusion qu'Israël va disparaître sera brisée que le compromis l'emportera sur l'absolutisme, a déclaré l'envoyée des Etats-Unis à l'ONU

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

L'ambassadrice des États-Unis auprès des Nations Unies, Nikki Haley, prend la parole à la conférence politique de l'American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) à Washington, DC, le 5 mars 2018. (Capture d'écran AIPAC)
L'ambassadrice des États-Unis auprès des Nations Unies, Nikki Haley, prend la parole à la conférence politique de l'American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) à Washington, DC, le 5 mars 2018. (Capture d'écran AIPAC)

WASHINGTON – L’insistance de l’administration Trump sur un traitement équitable pour Israël à l’ONU est « en fait une exigence de paix », a déclaré l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU Nikki Haley à la Conférence de l’AIPAC lundi soir, dans un discours acclamé par des applaudissements tonitruants et de fréquentes standing ovations.

Les préjugés de l’ONU contre Israël, a-t-elle dit, « ont longtemps sapé la paix en encourageant l’illusion qu’Israël disparaîtra tout simplement. Mais Israël, a-t-elle souligné, « ne disparaîtra pas. Lorsque le monde admettra cela, alors la paix deviendra possible « parce que toutes les parties auront affaire à des réalités et non à des fantasmes » et « des compromis négociés raisonnables peuvent l’emporter sur des exigences absolutistes ».

Saluant la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président américain Donald Trump, elle a prédit que le jour viendra où le monde entier emboîtera le pas. Et elle a indiqué qu’elle avait l’intention de venir à Jérusalem pour la cérémonie d’ouverture de l’ambassade américaine en mai.

L’allocution de Haley a été de loin celle qui a reçu le plus chaleureux accueil de tous les discours à la conférence depuis son ouverture dimanche matin. « Vous êtes formidables », a-t-elle dit au début, alors que les applaudissements ne cessaient pas.

A deux reprises, elle fut interrompue par des personnes du public qui lui déclaraient leur amour. A deux reprises, elle répondit : « Je vous aime aussi ».

Sous un tonnerre d’applaudissements, Haley a promis dès le début de son intervention qu’elle ne laisserait plus l’ONU malmener Israël.

« À l’ONU et dans toutes les agences des Nations unies, Israël est victime de harcèlement », a déclaré la native de Caroline du Sud aux 18 000 personnes rassemblées dans la capitale du pays. « Je ne supporte absolument pas le harcèlement. »

Elle a indiqué qu’elle n’avait pas encore résolu le problème, mais que les choses commençaient à changer.

Elle a décrit plusieurs atteintes à l’État juif aux Nations unies, y compris une résolution de l’UNESCO qui qualifiait le site biblique du Tombeau des Patriarches à Hébron de « site du patrimoine palestinien à protéger d’Israël ».

L’UNESCO est une institution des Nations unies ayant « l’un des pires bilans en ce qui concerne les préjugés contre Israël ».

Mais cette résolution – une « tentative » outrageuse de « changer l’histoire ancienne » – a été, pour l’administration de Trump, au-delà du supportable. « C’était assez, » a-t-elle dit. « Dix mois après le début de cette administration, les Etats-Unis se sont retirés de l’UNESCO. »

Haley a chaleureusement salué la décision de Trump, en décembre dernier, de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël et de faire démarrer les préparatifs pour y installer l’ambassade américaine.

« Comme la plupart des Américains, je savais quelle était la capitale d’Israël. « Pour être plus clair, je savais que Jérusalem était, est et sera toujours la capitale d’Israël ».

« Ce n’est pas quelque chose qui résulte du lieu de l’ambassade », a-t-elle poursuivi. Ce n’est pas quelque chose qui a été établi par une décision américaine. Ce n’est pas l’Amérique qui a fait de Jérusalem la capitale d’Israël.

Ce que le président Trump a fait, à son grand mérite, c’est de reconnaître une réalité que les présidents américains avaient niée depuis trop longtemps. Jérusalem est la capitale d’Israël. C’est une réalité. Et le Président Trump a eu le courage de reconnaître cette réalité alors que d’autres ne l’ont pas fait. »

Et d’ajouter : « Un jour viendra où le monde entier reconnaîtra cette réalité. »

Elle a également indiqué qu’elle avait l’intention de retourner en Israël en mai, pour être là lorsque les Etats-Unis ouvriront leur ambassade dans la ville sainte.

« J’espère y assister et me joindre à notre excellent ambassadeur, David Friedman, le jour où nous ouvrirons notre toute nouvelle ambassade américaine à Jérusalem », a-t-elle déclaré.

Haley a félicité le Guatemala pour avoir suivi l’exemple des Etats-Unis concernant Jérusalem. « Dieu bénisse le Guatemala », a-t-elle déclaré. « Ils se sont même joints à nous pour déplacer leur ambassade à Jérusalem. »

Reconnaissant sans ambages que la décision de Trump à Jérusalem a causé « un peu de remue-ménage » aux Nations unies, Haley a déclaré que les États-Unis n’oublieraient pas les pays qui ont voté pour la résolution subséquente de l’Assemblée générale condamnant la reconnaissance par l’administration Trump de la ville sainte comme capitale d’Israël.

« Nous nous souviendrons de ce vote », a-t-elle dit. « Comme je l’ai indiqué à l’époque : lors de ce vote, on a pris des noms. »

Elle a déclaré qu’elle s’était réjouie du recours au veto américain pour bloquer le vote précédent du Conseil de sécurité de l’ONU rejetant la décision de Trump, contrairement à la « journée honteuse pour l’Amérique », où le gouvernement précédent avait refusé d’opposer son veto à la résolution 2334 du Conseil de sécurité de décembre 2016 condamnant les implantations israéliennes.

Elle a souligné que l’administration estimait que les votes de l’ONU devraient être un facteur, mais pas le seul, dans la détermination de l’aide étrangère américaine. « Nous sommes déterminés à commencer à établir ce lien », a-t-elle dit.

Et bien que « certains nous accusent de favoritisme envers Israël », a-t-elle ajouté, »il n’y a rien de mal à faire preuve de favoritisme envers un allié… Mais il ne s’agit pas de favoritisme. »

Dans tout ce que faisaient les États-Unis, à propos de Jérusalem, de l’UNESCO, de l’UNRWA et autres, a-t-elle précisé, l’approche américaine était guidée par le « concept simple selon lequel Israël doit être traité comme n’importe quel autre pays normal ».

Ainsi, les États-Unis, a-t-elle affirmé, continueront à exiger qu’Israël ne soit pas traité comme « une sorte d’entité temporaire et provisoire ». De plus, « il n’est pas possible qu’un seul pays au monde ne puisse pas choisir sa capitale. »

De même, il est inadmissible que la population de réfugiés palestiniens, de façon exclusive, soit comptabilisée d’une manière « qui en augmente le nombre indéfiniment ». Ou qu’à l’ONU, une organisation comptant 193 pays, « la moitié de son temps » est consacrée « à n’attaquer qu’un seul pays. Nous ne l’accepterons plus », a-t-elle promis.

Un thème récurrent du discours de Haley a été que « défendre ses amis est primordial ». Elle a juré de toujours défendre Israël.

Et promit, en se référant au récent conseil du négociateur de l’OLP, Saeb Erekat, selon lequel elle devait se taire : « M. Erekat, je serai toujours respectueuse, mais je ne me tairai jamais ». Pour la énième fois, le public a rugi d’enthousiasme.

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