Des olim hollandais se confient après la roquette qui a détruit leur maison
Rechercher

Des olim hollandais se confient après la roquette qui a détruit leur maison

Les Reijnen se trouvaient à l'intérieur lorsqu'une roquette s'est abattue sur leur habitation située dans un kibboutz. Un match opposant des enfants a été interrompu à Rehovot

Raymond et Mirjam Reijnen et leurs trois jeunes enfants, immigrants des Pays-Bas, dont la maison située dans le conseil régional de  Shaar Hanegev a été frappée par une roquette de Gaza, le 4 mai 2019 (Crédit :  Facebook)
Raymond et Mirjam Reijnen et leurs trois jeunes enfants, immigrants des Pays-Bas, dont la maison située dans le conseil régional de Shaar Hanegev a été frappée par une roquette de Gaza, le 4 mai 2019 (Crédit : Facebook)

La famille Reijnen est arrivée en Israël en provenance des Pays-Bas peu de temps après la guerre de Gaza, en 2014. Elle a alors choisi de vivre dans l’un des villages du conseil régional de Shaar Hanegev, adjacent à la bande de Gaza.

Samedi, la famille – les parents, Raymond et Mirjam, et leurs trois jeunes enfants – sont restés à proximité de leur habitation, dans leur kibboutz, « à cause de toutes ces sirènes ». Ils se trouvaient cloîtrés, en sécurité, dans leur abri antiaérien lorsque ce dernier a été touché par une roquette envoyée depuis Gaza.

« Nous nous trouvions dans l’abri antiaérien. Les enfants étaient en train de jouer, et il y a eu soudain un nouveau ‘Code rouge’ [sirène] et nous avons entendu l’impact de la roquette. Un bruit très fort, plus proche que d’habitude, et tout à coup, il n’y a plus eu d’électricité. Nous nous sommes regardés et nous avons réalisé que la maison avait été touchée, réellement touchée », a raconté Mirjam à la Douzième chaîne.

« Nous avons entendu beaucoup de choses qui se cassaient autour de nous et nous avons attendu dans l’abri les instructions de la part du kibboutz. L’agent de sécurité du kibboutz est venu à la maison pour voir ce qu’il s’était passé », a-t-elle ajouté.

L’intérieur de la maison de la famille Reijnen, dans le conseil régional de Shaar Hanegev, après qu’elle a été touchée par une roquette tirée depuis la bande de Gaza, le 4 mai 2019 (Autorisation : Conseil régional de Shaar Hanegev)

Après avoir quitté l’abri, la famille est allée se rendre compte elle-même des dégâts.

« C’était dur de respirer. Il y avait de la poussière partout et beaucoup de choses étaient cassées. Nous sommes partis de la maison et nous n’y sommes pas retournés. Je ne sais toujours pas ce qui a été réellement détruit. Tout était noir et recouvert de poussière », a dit Mirjam.

Parents et enfants se sont pour le moment réfugiés chez des voisins et commencent tout juste à évaluer les dommages.

Regrettent-ils leur décision de s’installer dans un kibboutz si proche de la frontière de Gaza ?… A cette question, Mirjam répond : « Nous n’avons pas pensé un seul instant quitter notre maison. C’est notre maison… Nous sommes davantage en colère, c’est frustrant. La situation dans son ensemble ne semble pas vouloir se calmer – ça va se calmer, mais ça va recommencer. Les enfants ont eu très peur, mais ils vont bien maintenant ».

Une Israélienne enlève des morceaux de verre d’une glace brisée pendant une frappe à la roquette depuis la bande de Gaza à Ashkelon, dans le sud d »Israël, le 5 mai 2019 (Crédit : Jack Guez/AFP)

Dimanche, Raymond Reijnen a dit à la radio militaire que si le Kibboutz avait été touché par des roquettes à plusieurs occasions depuis que la famille s’était installée, c’était la première fois qu’une maison était directement frappée. Il a noté avec un certain humour noir que « on ne lance pas des roquettes sur les habitants » en Hollande mais que la famille ne renoncerait pas à vivre là où elle le souhaitait. Après tout, a-t-il remarqué, les chances d’être deux fois victime d’un tir de roquettes sont très faibles.

« C’est là la beauté de cet endroit. Tout le monde sympathise avec autrui, tout le monde est là pour celui qui en a besoin », a dit Raymond à un média néerlandais. « Peu après l’attaque, j’ai dit : ‘Je voudrais bien boire une bière’. Cinq minutes plus tard, un voisin s’est montré, m’amenant une bière. C’était dingue ».

La famille Reijnen est l’une des douzaines de familles israéliennes dont les habitations ont été endommagées samedi dans un contexte d’escalade de violences depuis la bande de Gaza. Les centaines de roquettes tirées depuis l’enclave côtière ont fait, du côté israélien, un mort – un résident d’Ashkelon – et une blessée grave, une femme âgée de Kiryat Gat.

Sans abri

De plus, des images filmées dans la matinée de samedi montrant des enfants allongés sur le sol, sans protection, au centre d’un terrain de football, ont circulé, sur fond de sirènes retentissant dans la ville de Rehovot, au centre du pays, avertissant les résidents d’une attaque à la roquette.

Le groupe d’enfants, âgés de 10 et 11 ans, était en train de jouer lorsque les sirènes ont été activées dans toute la ville.

« Soudainement, il y a eu une sirène et les enfants ont dû se coucher sur le sol », a raconté Dmitry Semyonov, un parent.

Les fils de Semyonov ont expliqué ne pas avoir eu peur et avoir simplement voulu continuer le match. « Nous n’avons pas été effrayés par l’alarme, on voulait simplement continuer à jouer », ont dit Mishel et Niki au site Ynet.

De nombreux bâtiments plus anciens ne disposent pas d’abris antiaériens et les résidents doivent donc rejoindre des abris publics ou se coucher sur le sol en tentant au mieux de se protéger.

« Nous avons entendu une sirène. Nous n’étions pas encore parvenus à sortir de la maison quand nous avons entendu un ‘Boum’ fracassant et la fenêtre trembler », a déclaré Osnat Yopin-Shriki qui habite Ashkelon à la Douzième chaîne. « Je vis dans un appartement sans abri antiaérien et il n’y a pas d’abri public à proximité, alors nous nous couchons par terre et nous nous protégeons la tête ».

Une barrière de sécurité établie autour d’un cratère causé par une frappe à la roquette dans la ville d’Ashkelon, dans le sud d’Israël, près de la frontière avec Gaza, le 5 mai 2019 (Crédit : Jack Guez/AFP)

« Il y a des personnes handicapées ici et des petits enfants qui passent des nuits sans dormir », a-t-elle ajouté. « Il faut que quelque chose change ».

Nofar Margalit a raconté à Ynet qu’elle et sa famille avaient quitté leur habitation dans une communauté frontalière avec Gaza faute d’une pièce sécurisée et qu’elle se trouvait à Ashkelon, une ville qui a également été la cible de roquettes dans la journée de samedi.

« Nous sommes partis non pas à un meilleur endroit – à Ashkelon – mais parce qu’avec toutes ces explosions, c’est mieux que d’être dans une maison sans abri antiaérien », a-t-elle expliqué. « C’était une matinée folle, c’est insupportable ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...