Des résidents évacués lors de l’incendie de Jérusalem racontent le « cauchemar »
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Des résidents évacués lors de l’incendie de Jérusalem racontent le « cauchemar »

Un fabricant de harpe découvre que son atelier, où il a travaillé 40 ans, a été détruit par les flammes ; le bureau du Premier ministre pourrait indemniser les personnes touchées

  • Un super-Hercules de l'armée aide à éteindre un gigantesque incendie qui a dévasté les montagnes de Jérusalem, le 17 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
    Un super-Hercules de l'armée aide à éteindre un gigantesque incendie qui a dévasté les montagnes de Jérusalem, le 17 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
  • Une vue des dégâts dans une maison du  Moshav Givat Yearim après un gigantesque incendie, le 17 août 2021. (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
    Une vue des dégâts dans une maison du Moshav Givat Yearim après un gigantesque incendie, le 17 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
  • Un membre des équipes de secours regarde les arbres brûlés après  un gigantesque incendie qui a touché les collines de Jérusalem, le 17 août 2021. (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
    Un membre des équipes de secours regarde les arbres brûlés après un gigantesque incendie qui a touché les collines de Jérusalem, le 17 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
  • Un canadair tente d'éteindre un gigantesque incendie qui a dévasté les montagnes de Jérusalem, le 17 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
    Un canadair tente d'éteindre un gigantesque incendie qui a dévasté les montagnes de Jérusalem, le 17 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
  • Une vue des dégâts à la cave viticole Metzuda suite à un feu qui a touché le  Givat Yearim, aux abords de Jérusalem, le 17 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
    Une vue des dégâts à la cave viticole Metzuda suite à un feu qui a touché le Givat Yearim, aux abords de Jérusalem, le 17 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
  • Une vue des dégâts à l'intérieur de la cave viticole Metzuda suite à un feu qui a touché le  Givat Yearim, aux abords de Jérusalem, le 17 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
    Une vue des dégâts à l'intérieur de la cave viticole Metzuda suite à un feu qui a touché le Givat Yearim, aux abords de Jérusalem, le 17 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
  • Une vue des dégâts à l'intérieur d'une maison du  Moshav Givat Yearim après un gigantesque incendie, le 17 août 2021. (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
    Une vue des dégâts à l'intérieur d'une maison du Moshav Givat Yearim après un gigantesque incendie, le 17 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
  • Un canadair tente d'éteindre un gigantesque incendie ravageant les montagnes de Jérusalem, le 17 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
    Un canadair tente d'éteindre un gigantesque incendie ravageant les montagnes de Jérusalem, le 17 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
  • Une vue des dégâts à l'extérieur d'une maison du  Moshav Givat Yearim après un gigantesque incendie, le 17 août 2021. (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
    Une vue des dégâts à l'extérieur d'une maison du Moshav Givat Yearim après un gigantesque incendie, le 17 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les résidents de plusieurs villes et communautés situées aux abords de Jérusalem, dont les habitations et l’environnement ont été ravagés par le plus important feu de forêt survenu dans le pays depuis plus d’une décennie, ont commencé à retourner chez eux, mardi, découvrant l’ampleur des dégâts.

Ce retour a eu lieu alors que les soldats du feu ont annoncé qu’ils avaient enfin pris le contrôle des flammes après une lutte de trois jours contre le brasier. Plus de 2 000 personnes avaient été évacuées depuis dimanche, le jour où le feu s’était déclaré.

Les services des incendies et des secours ont fait savoir que pendant une bataille qui a duré en tout 52 heures, les forces déployées sur le terrain avaient dû affronter sept foyers différents. 1 500 soldats du feu issus de 52 unités ont pris part à ce combat sous forme de course contre la montre.

L’Autorité palestinienne a également envoyé quatre équipes de sapeurs-pompiers pour venir en aide aux Israéliens.

Les forces, au sol, ont été soutenues par 20 avions bombardiers d’eau. Et pour la première fois, mardi soir, un avion de transport Samson de l’armée de l’air (Super Hercules) spécialement équipé a décollé pour larguer du retardateur de flammes.

Au total, les avions ont aspergé le brasier avec environ 190 000 litres de retardant et plus de 500 000 litres d’écume.

Un super-Hercules de l’armée aide à éteindre un gigantesque incendie qui a dévasté les montagnes de Jérusalem, le 17 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les services de lutte contre les incendies ont précisé que le déploiement du Samson – qui peut transporter plusieurs tonnes de retardateur de flamme – avait permis de renforcer de manière déterminante les capacités de lutte contre ce feu ravageur.

« L’utilisation de l’avion Hercules, à l’avenir, nous permettra de mieux prendre en charge les incendies d’envergure à toutes les heures du jour si nécessaire », a commenté un responsable de la lutte anti-incendie devant les caméras de la Douzième chaîne.

Ce gigantesque incendie a consumé environ 2 500 hectares de forêt, aux abords de Jérusalem, depuis dimanche. Il se rapproche donc en ampleur de l’incendie criminel du mont Carmel de triste mémoire qui, au mois de décembre 2010, avait détruit 2 400 hectares dans le nord du pays et avait entraîné un lourd bilan humain, avec 44 morts.

Le commandant du district de Jérusalem des services de lutte incendie, Nissim Touito, a refusé de dire si l’incendie était d’origine criminelle ou s’il résultait d’une négligence, disant à la station de radio Kan que les efforts, jusqu’à présent, s’étaient focalisés sur la nécessité de venir à bout du feu et non sur la détermination de l’origine du sinistre.

Quelques maisons ont été détruites par les flammes qui ont dévasté les terres boisées à proximité de Jérusalem. Certains ont perdu leur habitation, d’autre le travail de toute une vie.

Micha Harari, résident de Ramat Raziel, a retrouvé l’atelier où il fabrique et expose des harpes faites à la main, depuis 40 ans, réduit en cendres.

« Tout a brûlé : la galerie, l’atelier. Il ne reste rien », a-t-il confié à la Douzième chaîne.

Harari a raconté avoir fui, craignant pour sa vie, lorsque les flammes se sont dangereusement approchées de la communauté.

« Quand l’incendie a commencé, j’étais dans mon atelier qui se trouve à 150 mètres de la maison », a-t-il dit. « J’ai vu le feu commencer à se rapprocher. Mon épouse et moi-même avons fui immédiatement. Nous n’avons même pas eu le temps de préparer un sac, de prendre quelques affaires ou quelque chose à manger. Nous avons dû fuir aussi rapidement que possible ».

Il a publié des photos sur sa page Facebook montrant les flammes à proximité – et les dégâts consécutifs. Il ne reste rien non plus du cabinet de médecine naturelle de son épouse.

« Quand j’ai vu mon travail, un travail de toute une vie, réduit ainsi au néant, je me suis effondré », continue-t-il. « Tout a été complètement détruit, il ne reste plus rien. »

The fire just before it hit the back of the harp workshop.Edited: Our dear friends have put together a campaign to help…

Posted by Micah Harrari on Tuesday, August 17, 2021

Harari a ajouté que sa compagnie d’assurance avait refusé d’assurer l’atelier en raison de sa proximité avec la forêt et du risque d’incendie.

« Même avant la catastrophe, ils avaient bien compris le danger », a-t-il déclaré.

Certains résidents des communautés et des villes concernées, pour leur part, ont critiqué la réponse initiale à l’incendie qui a été apportée par les autorités, disant que les avions auraient dû être mobilisés dès le début.

« Nous avons vu le feu à Beit Meir et il a commencé à se diriger vers nous. S’il y avait eu des avions bombardiers d’eau à ce moment-là, tout se serait terminé en un clin d’œil, sans dégât », a expliqué Eli Ben Zaken, propriétaire d’une exploitation viticole de Ramat Raziel, à Walla.

« Je suis revenu chez moi et le feu était déjà là, près de nous. Nous avons eu de la chance qu’il passe à côté – nous étions entourés par les flammes des deux côtés – mais qu’il ne soit pas passé ici. Il n’y a pas de dégât direct mais la fumée est dévastatrice pour le vin. Nous avons 60 tonnes de vin qui sont dorénavant inutilisables. Les dommages sont immenses », a-t-il poursuivi.

Le bureau du Premier ministre et le conseil régional de Mateh Yehuda ont convenu d’offrir leur aide aux résidents dont les biens ont été endommagés par le feu, a indiqué le site Walla. Le conseil a garanti qu’un budget serait alloué pour les travaux de reconstruction et que les résidents obtiendraient une indemnisation pour les dégâts subis.

Tandis que d’autres communautés ont été laissées à la merci des flammes, ne comptant que sur les efforts livrés par les soldats du feu, le Kibboutz Tzova a fait personnellement face à la situation critique en activant un système d’arrosage spécialement mis en place qui a aspergé les bois environnants pour empêcher les flammes d’atteindre les habitations des résidents. Une mission réussie.

Suite à un important feu de forêt qui, dans les années 1990, avait menacé le kibboutz, ses administrateurs avaient décidé d’installer sur une piste périphérique au village un système de canalisations qui peut être utilisé pour arroser les broussailles et les bois environnants – un système susceptible de protéger la communauté en cas d’incendie.

Capture d’écran d’une vidéo montrant un système de distribution d’eau contre les feux de forêt au kibboutz Tzova. (Crédit : Walla News)

Les membres de la communauté ont indiqué à Walla que le système avait été utilisé et qu’il avait probablement empêché les flammes de se propager jusqu’aux habitations. Tzova avait été évacué pendant l’incendie.

Selon le secrétaire du Kibboutz Eitan Lavanah, ce système avait déjà été utilisé à titre préventif à plusieurs reprises depuis son installation.

« L’idée, pour nous, c’est d’anticiper un peu plus de notre côté et ainsi de ne pas uniquement compter sur la chance », a-t-il commenté.

Il a ajouté que les flammes étaient arrivées à quelques mètres du kibboutz dans la journée de lundi. Il a toutefois reconnu qu’il était incapable d’affirmer avec certitude que les flammes n’avaient pas atteint les maisons grâce au seul arrosage issu du système.

Il a indiqué que le système continuait à arroser les abords du village mardi. « Et depuis ce matin, nous vérifions le sol pour empêcher les braises de repartir », a-t-il poursuivi.

Lavanah a noté que c’était la toute première fois que la communauté était évacuée à cause d’un incendie.

« Ce qui en dit beaucoup sur l’intensité de l’incendie et il faut dire que les habitants ont été sidérés », a-t-il expliqué. « Le secteur du kibboutz est celui qui a été le moins touché par l’incendie. Nous considérons pour notre part que le feu dans son ensemble a été pris en charge de manière étonnante. »

Avi, un résident du kibboutz qui n’a donné que son seul prénom, a la certitude que c’est le système d’arrosage qui a sauvé la communauté. Il a dit à Walla qu’il avait été mis en marche avant l’arrivée des flammes.

« Et ça a marché formidablement bien », s’est-il exclamé. « En plus de la direction du vent, qui a été une chance pour nous. »

D’autres communautés étudient actuellement la possibilité d’installer un système similaire, a annoncé le site d’information.

Des arbres brûlés suite à un incendie majeur dans les collines de Jérusalem, le 17 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Avi a raconté que la vision du paysage noirci et brûlé par les flammes, après l’incendie, était « un cauchemar ».

« Les montagnes de Jérusalem en seront changées pour l’éternité et il faudra de nombreuses années pour que la végétation se développe à nouveau ici », a-t-il déploré.

« Cette noirceur, nous la ressentons dans nos cœurs, elle ne s’impose pas seulement à nos yeux », a-t-il ajouté.

Les responsables estiment que le processus de régénérescence de la nature anéantie pourrait prendre des décennies.

Les sapeurs-pompiers avaient pensé avoir réussi à contenir le feu, dans la soirée de dimanche, mais les vents forts qui se sont levés lundi matin et un taux faible d’humidité ont entraîné la reprise de l’incendie, qui s’est dirigé vers les villes et les villages des collines de Jérusalem, du côté Ouest de la ville sainte.

Environ 2 000 résidents locaux avaient été évacués en conséquence et le gouvernement avait alors lancé un appel à l’aide internationale dans sa lutte contre le feu.

Des dizaines d’équipes de sapeurs-pompiers et d’avions avaient pris part à ce combat contre les flammes, et des avions supplémentaires étaient venus en renfort mardi.

Des arbres brûlés suite à un gigantesque incendie dans les collines de Jérusalem, le 17 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Israël étouffe actuellement sous l’effet d’une vague de chaleur avec un faible taux d’humidité – des conditions idéales pour la propagation d’un sinistre.

Cet incendie est devenu l’un des plus grands de toute l’histoire du pays, dépassant en ampleur celui qui avait été le plus important jusqu’à présent, à toucher le secteur de Jérusalem, en 1995. Il avait détruit de vastes zones forestières, des sentiers de randonnée prisés et des parcs nationaux appréciés par les Israéliens, notamment le site de Sataf et Har Hatayasim.

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