Rechercher

Des scientifiques israéliens apprennent à des poissons à se déplacer dans une pièce

Les chercheurs de l'université Ben-Gurion disent que les poissons sont parvenus à déplacer leur véhicule spécialement conçu vers des cibles où se trouvait une récompense

Un poisson rouge se déplace dans un véhicule spécialement créé à cet effet. (Capture d'écran : Twitter/Ben-Gurion University of the Negev)
Un poisson rouge se déplace dans un véhicule spécialement créé à cet effet. (Capture d'écran : Twitter/Ben-Gurion University of the Negev)

Des scientifiques de l’université Ben Gurion, à Beer Sheva, ont déclaré avoir démontré la capacité d’un poisson à se déplacer sur terre, en lui permettant de se déplacer dans un « véhicule » qu’il actionnait lui-même autour d’une pièce.

Six poissons rouges, qui ont été formés à l’utilisation de l’appareil, sont ainsi parvenus à trouver leur route vers une récompense qui leur était proposée dans une petite pièce, ont écrit les auteurs d’une étude qui a été publiée ce mois-ci dans le journal Behavioural Brain Research.

Les poissons « ont été en mesure de déplacer le véhicule, d’explorer leur nouvel environnement et d’atteindre leur cible, indépendamment de leur point de départ, tout en évitant les impasses et en corrigeant leurs trajectoires », ont écrit Shachar Givon et Matan Samina, qui ont publié la recherche aux côtés d’Ohad Ben Shahar et de Ronen Segev.

L’étude vient s’ajouter à quelques documents portant sur les capacités des animaux à actionner des véhicules motorisés, avec des expériences qui ont été menées dans le passé qui ont prouvé que les rats et les chiens pouvaient se déplacer dans des véhicules spécialement créés.

Mais avec cette expérimentation sur les poissons, les chercheurs de Beer Sheva déclarent qu’ils ont pu prouver que la capacité d’orientation pouvait être transférée d’un environnement marin à un environnement terrestre, en comparaison avec des études similaires qui avaient suivi les comportements des animaux dans des environnements d’où la gravité était absente, ou peu importante.

« La manière dont l’espace est représenté dans le cerveau du poisson, et les stratégies utilisées peuvent être aussi efficaces dans un environnement terrestre que dans l’environnement aquatique », notent les auteurs. « Cela laisse penser à un caractère d’universalité dans la manière dont l’espace est appréhendé, indépendamment de l’environnement. »

Pour réaliser l’expérience, les poissons ont été installés dans un réservoir attaché à un appareil doté de roues, lui-même accroché à une caméra qui a suivi les mouvements du poisson et d’un système informatique conçu pour répondre aux mouvements du poisson vers les parois du réservoir, le véhicule se déplaçant dans cette direction.

Plusieurs expériences ont été menées, au cours desquelles les poissons ont pu se déplacer vers une zone-cible et recevoir une petite récompense alimentaire en cas de réussite. Même en faisant partir le véhicule de différents points de la pièce ou en déplaçant la cible, les poissons sont parvenus à retrouver leur route.

Les poissons ne se sont pas non plus laissés tromper par de fausses cibles installées dans la pièce et, le temps passant, leurs performances se sont améliorées. Un grand nombre d’entre eux ont d’abord eu besoin de 30 minutes pour trouver la cible – avec un chronomètre qui est ensuite descendu à moins d’une minute.

Si les scientifiques ont indiqué avoir été les premiers à étudier ce qu’ils appellent « la méthodologie du transfert » chez les poissons, ce n’est pas la première fois que les poissons sont en capacité d’explorer l’environnement terrestre.

En 2014, une équipe de scientifiques informatiques des Pays-Bas avait créé un appareil similaire qui permettait à un poisson rouge de se déplacer dans une pièce. Dans ce cas précis, le projet avait été mis en place pour démontrer les possibilité de la vision informatique et, selon les mots de ses inventeurs, « de libérer les poissons du monde entier ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...