Des vidéos de l’armée prouvent que le Hezbollah se cache derrière une ONG à la frontière
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Des vidéos de l’armée prouvent que le Hezbollah se cache derrière une ONG à la frontière

Les efforts de surveillance du Hezbollah seraient une violation de la résolution 1701

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

L’armée a diffusé deux vidéos mardi qui prouveraient que le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah qui opère à la frontière du Liban, viole les résolutions des Nations unies.

Dans l’une des vidéos, l’armée montre une apparente coopération entre un groupe de défense de l’environnement, appelé « Green Without Borders », et le groupe terroriste libanais.

Ce n’est pas la première fois que l’armée tient de telles allégations. Le mois dernier, le major de division Herzi Halevi, chef du Renseignement de l’armée, a affirmé que le Hezbollah se servait des tours de surveillance du groupe écolo, initialement destinées à récolter des informations sur l’environnement, pour réunir du renseignement sur Israël.

Les Nations unies ont rejeté les accusations d’Israël, indiquant que bien que Green Without Borders ait planté des arbres dans la région, ils n’ont « pas remarqué de personne armée non autorisées sur les lieux ni de violation de la résolution 1701 ».

La résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a permis de mettre fin à la seconde guerre du Liban, a imposé « le désarmement de tous les groupes armés du Liban, afin… qu’il n’y ait aucune autre arme ni aucune autre autorité au Liban que celles de l’État libanais ».

L'officier du Hezbollah faisant une visite sur le terrain pour les journalistes libanais à la frontière avec Israël le 20 avril 2017. (Crédit : Capture d'écranLBC)
L’officier du Hezbollah faisant une visite sur le terrain pour les journalistes libanais à la frontière avec Israël le 20 avril 2017. (Crédit : Capture d’écranLBC)

Elle appelle également à « l’établissement, entre la Ligne bleue et le Litani, d’une zone d’exclusion de tout personnels armés, biens et armes autres que ceux déployés dans la zone par le Gouvernement libanais et les forces de la FINUL ».

Avec la vidéo diffusée par l’armée mardi, l’armée réaffirme que le Hezbollah se sert des ressources de Green Without Borders.

En plus de l’enregistrement révélé par Halevi, la dernière vidéo montre un camion qui voyage depuis une base du Hezbollah jusqu’à l’une des tours de surveillance où deux agents du Hezbollah sortent et se mettent en position d’attaquer.

Un camion qui voyagerait d'une base du Hezbollah vers une tour de surveillance du groupe écolo 'Green Without Borders" au sud du Liban, dans une vidéo diffusée par l'armée israélienne le 18 juillet 2017. (Crédit : capture d'écran/ unité du porte-parole de l'armée)
Un camion qui voyagerait d’une base du Hezbollah vers une tour de surveillance du groupe écolo ‘Green Without Borders » au sud du Liban, dans une vidéo diffusée par l’armée israélienne le 18 juillet 2017. (Crédit : capture d’écran/ unité du porte-parole de l’armée)

La deuxième vidéo diffusée par l’armée israélienne mardi montrerait le « service de collecte de renseignement » du groupe terroriste à la frontière israélo-libanaise.

La vidéo montre des photos de 32 hommes qui utiliseraient, selon l’armée, des jumelles et des caméras pour surveiller Israël. Deux d’entre eux sont identifiés, il s’agit d’Ali Reda Hasan Chiri et d’Ali Hammoud.

Selon l’armée, au cours de l’année 2016, Chiri et Hammoud ont mené des patrouilles sur la frontière à 32 reprises.

L’armée israélienne a qualifié les efforts de surveillance du Hezbollah sur la frontière de violation de la résolution 1701. Cependant, si les agents n’étaient pas armés, ou s’ils agissaient en accord avec le gouvernement libanais, il ne s’agira techniquement pas d’une violation de la résolution, d’après une lecture stricte.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri, à gauche, se trouve à côté du chef de la mission et commandant de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), le général principal Michael Beary, au centre, de l'Irlande, lors d'une visite au siège de la FINUL dans le village dans le sud du Liban de Naqura le 21 avril 2017 (Crédit : AFP / Mahmoud Zayyat)
Le Premier ministre libanais Saad Hariri, à gauche, se trouve à côté du chef de la mission et commandant de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), le général principal Michael Beary, au centre, de l’Irlande, lors d’une visite au siège de la FINUL dans le village dans le sud du Liban de Naqura le 21 avril 2017 (Crédit : AFP / Mahmoud Zayyat)

La FINUL, Force intérimaire des Nations unies au Liban, est une force internationale qui a été créée par le Conseil de sécurité au mois de mars 1978 pour maintenir la paix à la frontière entre Israël et le Liban.

Depuis la deuxième guerre du Liban, en 2006, la force est chargée de contrôler la cessation des hostilités entre les deux pays, soutenant les troupes libanaises déployées dans le sud du pays tout en garantissant l’accès humanitaire aux civils de la région.

Cette force de l’ONU, constituée de 15 000 personnes, a également pour mission d’assurer « la fin immédiate » des attaques menées par le Hezbollah et « la fin immédiate de toutes les opérations militaires offensives » de la part d’Israël.

Ces derniers mois, Israël a intensifié ses critiques à l’égard de cette organisation (bien qu’il ne se soit jamais montré particulièrement élogieux), l’accusant de faire l’autruche quant aux efforts menés par le Hezbollah pour s’équiper en missiles et s’implanter dans la région située entre le Litani et la frontière israélienne.

Une installation de l'ONG libanaise 'Green Without Borders', qui servirait, selon l'armée israélienne, d'avant-poste pour le Hezbollah sur la frontière israélo-libanaise, rendue publique le 22 juin 2017. (Crédit : Unité du porte-parole de l'armée)
Une installation de l’ONG libanaise ‘Green Without Borders’, qui servirait, selon l’armée israélienne, d’avant-poste pour le Hezbollah sur la frontière israélo-libanaise, rendue publique le 22 juin 2017. (Crédit : Unité du porte-parole de l’armée)

Selon les évaluations israéliennes, le Hezbollah a augmenté de manière significative ses stocks d’armement depuis la guerre de 2006 et a modernisé son arsenal qui compte aujourd’hui environ 100 000 missiles.

Les médias arabes ont indiqué que l’Iran a construit au moins deux usines de missiles au Liban, capables de produire des roquettes de portée moyenne et d’autres armes. L’Etat juif craint également que certaines armes technologiquement avancées, comme des missiles sol-mer ou anti-aériens, puissent être tombées dans les mains du Hezbollah depuis l’Iran.

Le mois dernier, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a intimidé Israël et a prévenu que des « centaines de milliers » de combattants arabes et musulmans venus d’aussi loin que l’Afghanistan étaient prêts à répliquer si Israël attaquait le Liban ou la Syrie.

« L’ennemi israélien doit savoir que s’il lance une attaque contre la Syrie ou le Liban, on ne peut pas savoir si les combats se limiteront entre Israël et le Liban ou la Syrie et Israël », a déclaré Nasrallah pendant un discours télévisé à l’occasion de la Journée de Jérusalem, un événement annuel de démonstration de solidarité avec les Palestiniens et marqué par des manifestations et des discours contre Israël et l’Occident.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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