Israël à l’ONU : Le Hezbollah s’implante à la frontière sous couvert d’activités environnementales
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Israël à l’ONU : Le Hezbollah s’implante à la frontière sous couvert d’activités environnementales

L'envoyé israélien et le responsable des renseignements militaires demandent des actions contre les violations effectuées par le groupe terroriste à la frontière

Israël a indiqué au Conseil de sécurité des Nations unies jeudi que le Hezbollah est en train d’établir des postes d’observation le long de la frontière entre l’Etat juif et le Liban sous la couverture d’une ONG de protection environnementale présumée, une information issue de sources militaires et diplomatiques.

Le chef du renseignement militaire israélien, le général Hertzi Halevi, a diffusé jeudi un film et des photographies des positions adoptées par le Hezbollah sur la frontière, notamment le cliché d’un bâtiment près de la frontière censé être contrôlé par l’organisation « Green Without Borders » (« Vert sans frontières »).

Dans une lettre assortie de photos de ces postes d’observation et de cartes sur leur localisation, l’envoyé israélien à l’ONU, Danny Danon, a souligné un incident survenu au mois d’avril, au cours duquel une patrouille de la force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) s’était vue refuser l’accès à un poste d’observation où flottait le drapeau de l’organisation de protection environnementale présumée par un groupe de locaux.

L’utilisation prétendue du Hezbollah d’une telle structure sous couverture d’une ONG est une violation de la résolution du Conseil de sécurité numéro 1701, adoptée à la fin de la Seconde guerre au Liban au mois d’août 2006.

« Tous ces éléments prouvent que le Hezbollah agit le long de la ligne bleue sous couvert d’activités civiles en violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU », a déclaré l’ambassadeur.

« Le Hezbollah continue à se renforcer dans le sud du Liban et menace la stabilité de toute la région. La communauté internationale ne doit pas fermer les yeux sur ces menaces dangereuses », a ajouté l’ambassadeur.

La ligne bleue est une ligne tracée en 2000 par l’ONU dans le sud du Liban pour permettre de confirmer sur le terrain le retrait israélien de cette région.

Par ailleurs, dans la lettre, Danon a appelé le Conseil à demander au gouvernement libanais de démanteler ces avant-postes du Hezbollah, comme l’exige la résolution.

Un poste d'observation du Hezbollah sur la frontière israélo-libanaise, selon l'armée israélienne. Une photo diffusée le 22 juin 2017 (Crédit : Unité du porte parole de l'armée israélienne)
Un poste d’observation du Hezbollah sur la frontière israélo-libanaise, selon l’armée israélienne. Une photo diffusée le 22 juin 2017 (Crédit : Unité du porte parole de l’armée israélienne)

Cette lettre est survenue le même jour qu’une déclaration du Général de division Hertzl Halevi, chef du renseignement militaire, qui a également rendu publique une vidéo et des photographies qui, selon l’armée, montrent les installations en question.

« Le Hezbollah mène ainsi ses missions d’observation en prétendant qu’il s’agit d’activités de cette organisation environnementale »,a-t-il affirmé.

Selon les médias israéliens, cette organisation est contrôlée par le Hezbollah, allié de l’Iran, ses deux principaux ennemis.

S’adressant à la conférence annuelle sur la sécurité organisée à Herzliya, Halevi a averti que « le Hezbollah viole de façon flagrante la résolution 1701 du Conseil de Sécurité des Nations unies. Nous appelons la FINUL à prendre ses responsabilités – non seulement dans le maintien de la paix mais aussi dans la suppression de la possibilité de la guerre ».

Cela fait longtemps qu’Israël critique ce que le pays considère comme l’échec de la FINUL à désarmer et à défier de Hezbollah de manière significative, comme l’exige le mandat de la force.

Ainsi, lors d’une visite sur la frontière israélo-libanaise au début du mois, l’envoyée américaine aux Nations unies Nikki Haley aurait été témoin d’un échange vif entre le général de division Aviv Kochavi, chef d’Etat-major adjoint de l’armée israélienne, et le commandant des forces de maintien de la paix dans le sud du Liban, Michael Beary.

Après que le général de division Michael Beary, commandant de la FINUL, a dit à Haley que la situation à la frontière était stable et n’exigeait pas davantage d’interventions, il avait été interrompu par Kochavi, qui avait déclaré à l’ambassadrice que la FINUL ne faisait pas son travail correctement et que ses commandants et ses soldats redoutaient d’entrer dans les villages et dans les villes du Liban du sud et affronter le groupe terroriste du Hezbollah.

Kochavi avait appelé Haley à aider à modifier le mandat de la force internationale pour lui donner la capacité de désarmer le Hezbollah, avait indiqué le reportage transmis par des médias israéliens.

Un diplomate avait ensuite présenté des excuses à Haley pour ce coup d’éclat mais elle lui aurait répondu que c’était une bonne chose de pouvoir entrevoir la réalité du côté israélien, et que cela influencerait son travail au sein de l’instance internationale, où elle est un fervent soutien d’Israël.

La FINUL, Force intérimaire des Nations unies au Liban, est une force internationale qui a été créée par le Conseil de sécurité au mois de mars 1978 pour maintenir la paix à la frontière entre Israël et le Liban. Depuis la deuxième guerre du Liban, en 2006, la force est chargée de contrôler la cessation des hostilités entre les deux pays, soutenant les troupes libanaises déployées dans le sud du pays tout en garantissant l’accès humanitaire aux civils de la région.

Cette force de l’ONU, constituée de 15 000 personnes, a également pour mission d’assurer « la fin immédiate » des attaques menées par le Hezbollah et « la fin immédiate de toutes les opérations militaires offensives » de la part d’Israël.

Commentant les récents événements et la menace du Hezbollah, le ministre de la Défense Avigdor Liberman a pour sa part prévenu que son pays « n’hésiterait pas à agir pour empêcher le transfert d’armes au Hezbollah passant par la Syrie » tout en affirmant à la conférence d’Herzliya qu’Israël n’avait pas l’intention de « prendre une initiative militaire » au Liban ou en Syrie.

« L’aéroport international de Damas ne peut être utilisé pour un trafic d’armes en faveur du Hezbollah », a ajouté le ministre.

Le Hezbollah a augmenté de manière significative ses stocks d’armement depuis la guerre de 2006 et a modernisé son arsenal qui compte aujourd’hui environ 150 000 missiles, selon les responsables israéliens. L’Etat juif craint également que certaines armes technologiquement avancées, comme des missiles sol-mer ou anti-aériens, puissent être tombées dans les mains du Hezbollah.

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