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Deux tiers des élèves ne soumettent pas les résultats des tests COVID à domicile

Une officielle du ministère de la Santé a évoqué des statistiques "perturbantes" ; de son côté, une responsable du ministère de l'Éducation l'affirme : le plan fonctionne

Photo d'illustration : Un kit de test antigénique à domicile servant à dépister le coronavirus à Jérusalem, le 9 janvier 2022.  (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Photo d'illustration : Un kit de test antigénique à domicile servant à dépister le coronavirus à Jérusalem, le 9 janvier 2022. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Lors d’une audience à la Knesset lundi, une haute-responsable du ministère de la Santé a fait part de sa déception face à des chiffres qui laisseraient penser que seulement 30 % des parents coopéreraient dans le cadre d’un plan mis en œuvre par le ministère de l’Éducation – un plan qui oblige les petits élèves israéliens à se faire dépister de la COVID tous les mercredis et les dimanches, après avoir exempté les enfants de quarantaine s’ils entrent en contact avec un porteur confirmé du virus.

Lors d’une réunion de la commission de la Santé au Parlement, la directrice-générale du ministère de l’Éducation, Dalit Stauber, a estimé que depuis la mise en vigueur du plan – il a été mis en œuvre le 27 janvier – seulement 600 000 enfants avaient été testés, leurs résultats étant téléchargés par leurs parents sur un portail dédié.

Parmi ces 600 000 élèves, a continué Stauber, 60 000 étaient positifs au coronavirus.

La directrice de la Santé publique au sein du ministère de la Santé a déclaré qu’elle trouvait ces statistiques « dérangeantes ».

« Le gouvernement d’Israël a pris une décision qui est qu’un enfant qui a côtoyé un porteur du coronavirus et qui ne s’est pas fait dépister doit être mis en quarantaine », a dit Sharon Alroy-Preis. « Mais nous n’avons aucun moyen de faire appliquer cette décision parce qu’il n’y a pas de suivi réel ».

Alroy-Preis a ajouté que « non seulement il n’y a qu’un tiers des enfants qui se font dépister, mais nous ne savons pas non plus qui est malade. Le ministère de l’Éducation ne le signale pas et le ministère de la Santé ne peut pas placer en quarantaine des individus qui n’ont pas été dépistés », a-t-elle poursuivi.

La directrice de la Santé publique au sein du ministère de la Santé, Sharon Alroy-Preis, pendant une réunion de la Commission de la santé à Jérusalem, le 7 février 2022. (Crédit : Noam Moskowitz/Knesset)

Le plan prévoit que tous les élèves, vaccinés ou non vaccinés, doivent se faire dépister à domicile à l’aide de deux tests antigéniques hebdomadaires, le dimanche et le mercredi, et signaler leurs résultats sur le portail mis en place à cet effet par le ministère.

Les enfants dont les résultats sont positifs doivent alors se soumettre à un test de dépistage antigénique dans une structure officielle et se placer à l’isolement pendant cinq jours si le résultat du nouveau dépistage est positif. Selon les dispositions du plan, même les élèves non-vaccinés n’ont pas besoin de se mettre en quarantaine après avoir été exposés à un porteur du coronavirus en classe tant qu’ils se font dépister à domicile.

Mais Alroy-Preis a laissé entendre qu’un grand nombre des élèves dont les parents avaient fait part de la contamination par le biais des tests à domicile au ministère de l’Éducation n’avaient pas nécessairement procédé au deuxième dépistage officiel obligatoire.

Stauber, de son côté, a défendu le plan, disant qu’il permettait de tenir les cas positifs de COVID à l’extérieur des classes, entravant ainsi la propagation du virus.

« Sans ces tests, ces élèves continueraient à aller en classe sans que personne ne sache qu’ils sont malades », a dit Stauber, qui a ajouté que le plan était « une couche de protection supplémentaire ».

Alroy-Preis a affirmé que le ministère de la Santé avait demandé au ministère de l’Éducation des informations sur les élèves qui sont testés positifs tandis que Stauber a indiqué que c’était le ministère de la Santé qui était chargé de cette transmission de renseignements, « pas le contraire ».

La directrice-générale du ministère de l’Éducation Dalit Stauber pendant une réunion de la Commission de la santé à Jérusalem, le 7 février 2022. (Crédit : Noam Moskowitz/Knesset)

Selon les dernières statistiques du ministère de la Santé, lundi matin, 122 000 élèves environ étaient positifs à la COVID-19 en Israël, et 12 772 se trouvent en quarantaine suite à un contact avec un porteur de la maladie.

Si les enfants de zéro à 18 ans ne représentent que 40 % de tous les tests de dépistage officiels qui ont été réalisés dimanche, cette catégorie de la population représente plus de 51 % des résultats positifs. Aucun de ces chiffres ne comprend les dépistages faits à domicile.

En tout, dimanche, 52 600 personnes ont été testées positives à la COVID et il y a actuellement 323 911 cas actifs dans le pays. Parmi eux, 2 812 se trouvent actuellement à l’hôpital. 1 235 sont dans un état grave et 293 ont été placés sous respirateur.

Plus d’un million d’Israéliens ont été dépistés au cours de la semaine passée et le taux de positivé, dimanche, était de 28,16. Le taux de reproduction de base – R 0 – continue pour sa part à baisser, à 0,84.

En l’espace d’une semaine, 284 personnes ont succombé à une forme grave du coronavirus, avec 40 morts en moyenne par jour – ce qui représente une diminution par rapport au pic atteint il y a quelques jours, avec 51 décès – le bilan quotidien le plus élevé en un an. Depuis le début de la pandémie, 9 180 personnes sont mortes des suites de complications du coronavirus dans le pays.

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