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District de Haïfa : la grève des enseignants se poursuit

Les cours ne commenceront pas avant 10 heures dans la région de Haïfa ; la secrétaire générale du Syndicat a déclaré que "ces négociations sont stériles et n'avancent pas"

Illustration d'une classe vide à l'école Cramim de Beit Hakerem, Jérusalem, le 21 octobre 2020. (Crédit: Olivier Fitoussi/Flash90)
Illustration d'une classe vide à l'école Cramim de Beit Hakerem, Jérusalem, le 21 octobre 2020. (Crédit: Olivier Fitoussi/Flash90)

Les écoles du district de Haïfa, dans le nord d’Israël, ouvriront tard lundi matin, les cours devant commencer à 10 heures dans le cadre d’une grève en cours des enseignants.

Seuls les jardins d’enfants, les écoles élémentaires et les collèges étaient concernés par l’action – les lycées et les établissements d’éducation spécialisée ont fonctionné comme d’habitude.

Les zones concernées sont les suivantes : Or Akiva, Umm al-Fahm, Alona, Baqa al-Gharbiya, Binyamina-Givat Ada, Basma, Jisr az-Zarka, Jit, Daliyat al-Karmel, Zichron Yaakov, Zevulun, Hadera, Haifa, Tirat Carmel, Hof Hacarmel, Kfar Qara, Menashe, Maale Iron, Nesher, Katzir-Harish, Rekhasim, Kiryat Motzkin, Kiryat Yam, Kiryat Tivon, Kiryat Ata, Kiryat Bialik, Fureidis, Pardes Hanna-Karkur, Arara et Isfiya.

Les enseignants sont en grève dans tout le pays depuis la semaine dernière, le Syndicat des enseignants israéliens faisant pression pour obtenir des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail.

Les écoles et les jardins d’enfants de la région de Jérusalem et de certaines parties du centre d’Israël et de la Cisjordanie sont restés fermés dimanche matin, les portes ne devant s’ouvrir qu’à 10 heures, dans le cadre de la dernière action menée par les enseignants en grève.

Le Syndicat des enseignants prévoit d’appeler à la grève chaque jour dans une région différente du pays jusqu’à ce que ses revendications soient satisfaites – l’année scolaire se termine à la fin du mois, ce qui signifie que les dirigeants syndicaux disposent d’une période limitée pour atteindre leurs objectifs.

Les représentants du gouvernement et du syndicat négocient actuellement un nouvel accord salarial dans le cadre du prochain budget de l’État.

Le ministre des Finances Avigdor Liberman, au centre, pendant une conférence de presse, aux côtés de Ron Tomer, président de l’Association des fabricants israéliens, à gauche, et de Merom Schiff, du Conseil national des Parents, au ministère des Finances de Jérusalem, le 29 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Au cœur de ce bras de fer se trouvent les réformes prévues par le ministère des Finances pour réduire le pouvoir du Syndicat des enseignants, notamment en permettant aux directeurs d’école de licencier du personnel sans intervention du syndicat et en réduisant l’écart de rémunération entre les anciens et les nouveaux enseignants en fixant les salaires en fonction des compétences, et non des années d’expérience.

Le ministre des Finances, Avigdor Liberman, a également proposé que le nombre de jours de vacances dans le système scolaire soit ajusté pour se rapprocher du nombre de jours de vacances offerts aux travailleurs, afin d’alléger la pression sur les parents qui travaillent.

Après avoir rencontré dimanche des responsables du Trésor, la secrétaire générale du Syndicat des enseignants, Yaffa Ben-David, a déclaré dans un communiqué de presse qu’aucune nouvelle offre n’avait été mise sur la table concernant les salaires ; elle a également critiqué le Premier ministre Naftali Bennett et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid qui, selon elle, étaient absents du débat.

Elle a déclaré à la chaîne publique Kan que les représentants du ministère des Finances ont maintenu leurs positions pendant les négociations et a affirmé que le syndicat « faisait tout pour conclure un accord salarial. »

« Ces négociations sont stériles et n’avancent pas », a-t-elle déclaré.

Yaffa Ben-David, secrétaire générale du Syndicat des enseignants Israéliens, participant à une conférence de la Israeli Television News Company, à Jérusalem, le 7 mars 2021. (Crédit : Sindel/Flash90)

Arik Kaplan, vice-président du National Parent Leadership et président de l’Association des parents de Jérusalem, a déclaré qu’il y avait un large soutien aux enseignants parmi les parents, mais a critiqué les grèves, affirmant qu’elles n’étaient « pas la voie » à suivre.

« Nous exigeons des ministères de l’Éducation et des Finances et du Syndicat des enseignants qu’ils laissent les enfants en dehors », a-t-il déclaré, cité par le site d’information Ynet.

Malgré les efforts de Liberman pour faire avancer les réformes, celles-ci pourraient encore être compromises par la fragile coalition. La ministre de l’Éducation, Yifat Shasha-Biton, a menacé de voter contre le budget si les demandes des enseignants ne sont pas satisfaites sur le fond.

Shasha-Biton a apporté son soutien à la cause des enseignants dans un message en ligne mercredi, déclarant que la lutte pour une augmentation de salaire est une « cause juste et importante ».

La ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 9 mai 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Leur cause est celle de tous. Il s’agit de l’avenir de l’État. Il appartient aux responsables des finances d’éviter les perturbations en ouvrant la voie et en accélérant les négociations instamment », a écrit la ministre.

La directrice du syndicat, Ben David, a fait le tour des médias israéliens en insistant sur le fait que les enseignants israéliens étaient payés deux tiers de moins que la moyenne des pays de l’OCDE, un indice couramment cité des économies riches.

Mais une analyse réalisée par la chaîne publique Kan a révélé que l’écart était beaucoup plus faible si l’on procède à une analyse plus nuancée – en tenant compte des primes et de la rémunération supplémentaire en fonction de l’expérience. La chaîne a conclu que les enseignants israéliens étaient en réalité tout autant payés voire même plus que l’enseignant moyen des pays de l’OCDE.

Pour compliquer encore les choses, les écoles du pays sont confrontées à une importante pénurie d’enseignants.

Dans le cadre des actions menées par le syndicat des enseignants israéliens, au moins 20 000 enseignants et leurs sympathisants ont manifesté à Tel Aviv fin mai pour réclamer une augmentation de salaire et de meilleures conditions de travail.

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