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Dix ans après la « barbarie » des attentats, Toulouse se recueille

Les habitants se souviennent des visages de Gabriel et Aryeh Sandler, deux frères de 3 et 6 ans, et de Myriam Monsonego, 8 ans, abattus avant d'entrer en classe

L'ancien maire de Toulouse Pierre Cohen (centre gauche) et le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc (centre droite) assistent à une cérémonie de commémoration des victimes du tireur islamiste Mohamed Merah, à Toulouse, dans le sud-ouest de la France. le 19 mars 2022. (Crédit : Lionel BONAVENTURE / AFP)
L'ancien maire de Toulouse Pierre Cohen (centre gauche) et le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc (centre droite) assistent à une cérémonie de commémoration des victimes du tireur islamiste Mohamed Merah, à Toulouse, dans le sud-ouest de la France. le 19 mars 2022. (Crédit : Lionel BONAVENTURE / AFP)

Citoyens, élus, militaires, représentant de la communauté juive ont commémoré lors d’une cérémonie, samedi à Toulouse (sud-ouest), les attentats terroristes de mars 2012 qui ont tué trois parachutistes, trois écoliers juifs et leur professeur.

Cette série d’attaques perpétrés par le terroriste Mohamed Merah -un délinquant qui avait basculé en prison dans le fondamentalisme- avait généré l’effroi à Toulouse : Imad Ibn Ziaten, un militaire tué le 11 mars, Abel Chennouf et Mohamed Legouad, deux autres militaires le 15, et Gabriel Sandler, Aryeh Sandler et Myriam Monsonégo, trois enfants et Jonathan Sandler, un professeur, à l’école juive Ozar Hatorah le 19. Le terroriste de 23 ans avait été abattu à son domicile de Toulouse lors de l’intervention d’une unité d’élite de la police, le 22 mars.

« Ne pas oublier, surtout ne pas oublier cette barbarie, nous avons un devoir de mémoire », témoigne Anne-Marie Guyot, 58 ans, qui milite pour l’association Iman, fondée par la mère musulmane d’Imad Ibn Ziaten, le premier soldat tué par Mohamed Merah.

Devant une plaque commémorative près de la mairie, elle a déposé 8 roses, une pour chaque mort et une 8e destinée à Loïc Liber, un militaire qui a survécu, tétraplégique, à la tuerie. « Il faut aussi penser à ceux qui sont meurtris dans leur chair », dit-elle d’une voix émue.

L’ancien maire de Toulouse Pierre Cohen et le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc assistent à une cérémonie de commémoration des victimes du tireur islamiste Mohamed Merah, à Toulouse, dans le sud-ouest de la France. le 19 mars 2022. (Crédit : Lionel BONAVENTURE / AFP)

Dimanche, une grande commémoration dans une salle de concert de Toulouse rassemblera 2 000 invités, dont les présidents français Emmanuel Macron et israélien Isaac Herzog, les anciens chefs d’Etat français François Hollande et Nicolas Sarkozy, des représentants du culte musulman et des centaines de personnalités de la société civile.

En ce 19 mars, 10 ans jour pour jour après la fusillade dans l’école juive Ozar Hatorah, les habitants se souviennent des visages de Gabriel et Arié Sandler, deux frères de 3 et 6 ans, et de Myriam Monsonego, 8 ans, abattus avant d’entrer en classe.

Les portraits des sept victimes – Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf, Mohamed Legouad, Gabriel Sandler, Aryeh Sandler, Myriam Monsonégo et Jonathan Sandler – de Mohamed Merah pendant une cérémonie de commémoration organisée par le CRIF à Toulouse, le 19 mars 2014. (Crédit : Rémy Gabalda/AFP)

« C’est une plaie qui ne se referme pas et se rouvre à chaque commémoration », témoigne Salomon Attia, 44 ans, un ancien élève de l’établissement scolaire et aujourd’hui cadre du Conseil représentatif des institutions juives de France.

Pierre Lasry, ex-responsable de l’association des parents d’élèves, se remémore « des choses que j’espère ne plus jamais revoir dans ma vie », « 10 ans après, on en a tous la moindre seconde gravée en nous, on en a des séquelles, pour des jeunes gens de 10, 15, 18 ans, imaginez ce que ça peut laisser comme séquelles…. ».

« C’est particulièrement atroce, autant pour les militaires tués à bout portant que pour la communauté (juive). Cette commémoration, nous permet de ressentir que cette ville, meurtrie, fait son deuil avec nous ».

Dix ans se sont écoulés depuis les sept crimes de Mohamed Merah, de nombreux attentats ont suivi ailleurs en France, et la menace islamiste n’a pas disparu, a prévenu le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc.

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