Edelstein réclame une indemnisation totale pour les commerces et travailleurs
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Edelstein réclame une indemnisation totale pour les commerces et travailleurs

Edelstein affirme qu'il veillera à ce que les compensations soient significatives ; la commission parlementaire se réunit pour approuver la prolongation du confinement

Le ministre de la Santé Yuli Edelstein s'exprime lors d'une conférence de presse sur le coronavirus, à Airport City le 17 septembre 2020. (Flash90)
Le ministre de la Santé Yuli Edelstein s'exprime lors d'une conférence de presse sur le coronavirus, à Airport City le 17 septembre 2020. (Flash90)

Le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, a demandé dimanche au ministère des Finances d’indemniser totalement les entreprises et les travailleurs ayant perdu des revenus en raison du confinement national en cours visant à freiner la propagation du coronavirus.

Edelstein, en visite dans une nouvelle aile militaire réservée au traitement des patients atteints du virus, installée dans le centre médical Rambam de Haïfa, a mis en garde contre le fait de céder aux pressions visant à ouvrir l’économie au moment même où le confinement montre des signes de succès dans la réduction des infections.

« En tant que gouvernement, nous devons nous assurer que les propriétaires d’entreprises et les personnes qui ont perdu beaucoup d’argent ne recevront pas seulement de l’argent de poche, mais une indemnisation complète, en temps réel, et j’ai l’intention de me battre pour cela », a déclaré Edelstein.

« Il ne peut y avoir de situation où nous exigeons des restrictions et où les indépendants et les entreprises ne reçoivent pas la compensation requise. Je ne laisserai pas cela continuer », a-t-il déclaré.

Edelstein, qui a visité le centre médical militaire avec le ministre de la Défense Benny Gantz, a déclaré qu’il présenterait un plan pour le « début d’une sortie progressive » du confinement lors d’une réunion du cabinet mardi.

« Nous voyons tous les données d’une certaine baisse du taux d’infection », a déclaré Edelstein. « Mais quiconque appelle à une ouverture immédiate générale détruit l’économie et la vie des gens. »

« Nous ne pouvons pas ouvrir et ensuite, dans quelques semaines, déclarer un autre confinement », a-t-il dit.

Les chiffres du ministère de la Santé publiés dimanche ont montré une chute du nombre de tests quotidiens de dépistage du coronavirus de la veille – ce qui correspond à la tendance normale chaque week-end.

Dans le même temps, le taux de positivité est tombé à son plus bas niveau en un mois, ce qui n’est généralement pas le cas avec un faible nombre de tests.

Karine Elharar, députée Yesh Atid, le 3 février 2013. (Flash90)

Selon les médias, la proposition d’Edelstein consistera à étaler l’assouplissement des restrictions sur plusieurs mois.

Edelstein a fait ces déclarations alors qu’une alliance de chaînes de vêtements, de commerces et de restaurants a appelé les détaillants à désobéir aux restrictions gouvernementales sur le coronavirus et exhorté les entreprises des villes à faible taux d’infection à rouvrir le 18 octobre.

L’alliance, qui représente 400 chaînes de vente au détail et plus de 18 000 magasins, principalement dans des centres commerciaux, a déclaré dans un communiqué publié dimanche que son appel à la désobéissance civile était une réponse au « plan de sortie drastique du ministère de la Santé », selon les médias israéliens.

Une coalition de propriétaires de petits commerces a également averti dimanche qu’ils allaient contrevenir au confinement et ouvrir leurs portes, car ils ne pouvaient plus supporter le coût financier des restrictions gouvernementales.

La commission de la Constitution, des lois et de la justice de la Knesset s’est réunie à Jérusalem pour approuver l’extension des pouvoirs d’urgence du gouvernement en imposant des restrictions strictes aux rassemblements pendant la période de confinement, notamment en limitant les protestations hebdomadaires contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, jugé pour corruption, qui fait l’objet de critiques pour sa mauvaise gestion présumée de l’épidémie.

Les députés ont débattu de l’extension des mesures d’urgence, approuvée par le cabinet la semaine dernière, qui, en vertu d’une loi adoptée plus tôt, est entrée en vigueur sans approbation initiale de la Knesset la semaine dernière et qui maintient les restrictions de confinement jusqu’à mardi.

Les législateurs de l’opposition ont rejeté la fermeture des petites entreprises dans le cadre des mesures de confinement.

« Il n’y avait aucune raison de les fermer », a déclaré la députée Yesh Atid Karine Elharar.

Le député Yaakov Asher (JUT) lors de sa prestation de serment au plénum de la Knesset, le 25 mai 2016. (Bureau du porte-parole de la Knesset)

Les propriétaires de petites entreprises et les travailleurs indépendants en Israël ont été parmi les plus touchés par le premier confinement imposé au début de l’année pour lutter contre la pandémie de coronavirus. Ils sont descendus dans la rue pour demander des compensations.

Le président de la commission, le député Yaakov Asher, du parti Yahadut Hatorah, a critiqué le plan dit des « feux de signalisation » de Ronni Gamzu, responsable de la lutte contre le coronavirus, tout en saluant l’efficacité du confinement.

Ce plan, approuvé par le gouvernement mais qui n’a jamais été mis en œuvre, prévoit d’imposer un confinement local dans les zones où le taux d’infection est élevé. Les politiciens ultra-orthodoxes ont été très critiques à son égard, affirmant qu’il était discriminatoire envers leurs communautés, dont beaucoup ont connu des taux d’infection parmi les plus élevés du pays.

Il est censé être utilisé pour gérer la pandémie lorsque les mesures de confinement seront levées.

« Nous devons apporter un plan d’action pratique avec une réponse économique pour les citoyens des villes dans lesquelles des restrictions seront imposées, et s’il n’y a pas de plan [pour l’économie] mais seulement des slogans, [le plan ‘feux de signalisation’] n’existera plus », a déclaré Asher, cité par la Douzième chaîne.

Le député Likud Gideon Sa’ar s’exprime lors de la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines à Jérusalem, le 19 février 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Samedi, le député Likud Gideon Sa’ar a annoncé sa démission de son poste de président de la commission de la Constitution, affirmant que la législation sur le coronavirus avait dépouillé la Knesset de son pouvoir de surveillance du gouvernement et avait fait de la législature un béni-oui-oui du cabinet.

Il a fait remarquer que les lois d’urgence permettaient à la Knesset d’approuver ou d’annuler entièrement les décisions du gouvernement, mais pas de débattre de certains éléments, ce qui empêche les députés de s’opposer à diverses clauses.

Il a cité en exemple la décision de fermer les petites entreprises pendant le confinement, tout en autorisant les rassemblements de 10 personnes dans des espaces intérieurs dans des conditions non professionnelles.

« Je ne vois plus l’intérêt de ma participation à la commission », a déclaré Sa’ar.

Une manifestation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et les mesures de confinement à Tel Aviv, le 10 octobre 2020. (Gili Yaari/Flash90)

Le plan du ministère de la Santé visant à assouplir progressivement le confinement national durera au moins quatre mois et dépendra du nombre de cas quotidiens, qui est en constante diminution depuis peu.

Le ministre des Finances Israel Katz a également sévèrement critiqué la semaine dernière la politique de confinement, déclarant qu’un confinement indiscerné conduirait inutilement des millions d’Israéliens à la faim et au désespoir.

Israël a été soumis à un confinement national au cours des trois dernières semaines afin de contenir une deuxième vague de la pandémie, qui a atteint quelque 9 000 cas par jour. Toutefois, ces derniers jours, le nombre de cas quotidiens et le pourcentage de tests positifs ont diminué, dans le contexte des restrictions draconiennes imposées à la population.

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